mardi 23 décembre 2014

Bombardement collatéral en Cerdagne, janvier 1938

L'ancien poste de douane entre Puigcerdà et Bourg-Madame
En janvier 1938, l'Espagne est en pleine guerre civile. Le camp nationaliste, sous l'autorité de Franco, n'a pas encore pris la Catalogne (Barcelone ne tombera qu'un an plus tard) et les républicains viennent de reprendre Teruel en Aragon quinze jours plus tôt. Dans l'épisode narré ci-dessous, l'aviation nationaliste vient bombarder pour la première fois, en ce 23 janvier 1938, les positions républicaines situées à Puigcerdà en Cerdagne, près de la frontière française. Seul un pont enjambant le Rahur, un petit affluent du Sègre, sépare Puigcerdà de Bourg-Madame et l'Espagne de la France, il y a alors forcément des dégâts collatéraux sur le sol français, notamment à Bourg-Madame, Osséja et Angoustrine.

L'Ouest-Éclair (Éd. de Caen), 24 janvier 1938


Au cours du bombardement de Puigcerda
des projectiles tombent en territoire français

Perpignan, 23 janvier. - Cet après-midi, deux groupes d'avions nationalistes comprenant quatorze appareils, dont dix de chasse, ont survolé Puigcerda qu'ils ont bombardé pendant vingt minutes.
Les avions ont lâché une trentaine de bombes. L'une d'elles a atteint un hôtel où un certain nombre de personnes ont été tuées.
Divers bâtiments de la gare ont été détruits, ainsi qu'une ferme située à proximité. Les avions ont survolé le territoire français à deux reprises. Des bombes sont tombées à Osseja où deux gardes mobiles français en surveillance à la frontière se sont jetés sur le sol pour ne pas être atteints.
La population de Puigcerda, qui était bombardée pour la première fois, a été prise de panique et s'est enfuie vers la localité française de Bourg-Madame, située à quelques centaines de mètres, où les blessés ont reçu les premiers soins. On ne signale aucun blessé dans les villages français.

Des dégâts sur le sol français

Perpignan, 23 janvier. - Au cours du bombardement de Puigcerda, on confirme qu'un des projectiles a atteint l'hôtel Terminus, tuant plusieurs personnes. On ignore le nombre exact des morts.
Une dizaine de bombes sont tombées sur le sol français, dans des champs, sans faire de victime. Un projectile a démoli la guérite de deux gardes-mobiles français entre Bourg-Madame et Osseja. Plusieurs magasins de Bourg-Madame ont eu leur vitrines défoncées par la proximité des déflagrations.
Plusieurs blessés espagnols ont été soignés par M. Cazals, pharmacien, maire de Bourg-Madame.
Les gouvernementaux ont riposté avec leurs canons antiaériens, sans résultat, mais un de leurs obus est tombé près du village français d'Angoustrine, sans éclater.

Quelques remarques sur ces événements :
Puigcerdà semble avoir été bombardée du fait de la présence de troupes républicaines dans les environs. Toutefois, le maire de Puigcerdà, initialement à gauche, semble ensuite avoir pris parti pour les nationalistes suite au massacre du 9 septembre 1936 de 22 habitants de la commune par les anarchistes de la FAI. De nombreux Puigcerdans avaient alors trouvé refuge chez leurs parents installés du côté français à Bourg-Madame, dont le maire Thomas Casals (et non Cazals), élu en 1930, était lui-même un cousin du maire de Puigerdà, Jacques Cadefau, élu en 1931. On comprend alors mieux le détail de l'article signalant les soins prodigués par le maire de Bourg-Madame auprès des habitants de Puigcerdà. Thomas Casals finira lui aussi par se radicaliser à droite, allant jusqu'à saluer la victoire de Franco et rejoindre la Milice pétainiste, tandis que deux de ses fils participeront même à l'opération punitive du village de Valmanya, à la suite de laquelle plusieurs habitants et le résistant Julien Panchot trouvèrent la mort.

Sources  :
Article de L'Ouest-Éclair : Gallica (cf. lien)
Remarques : André Balent, La mémoire des Première et Deuxième guerres mondiale à Bourg-Madame (Pyrénées-Orientales). Réflexions autour d’un monument aux morts in Le Midi Rouge, n°12, décembre 2008, p19-25
Photo : Occitandu34 (CC-BY-SA via Wikimedia Commons)

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dimanche 14 décembre 2014

Adolphe Thiers en admiration devant le Canigou en 1822

Le jeune Adolphe Thiers
Adolphe Thiers (1797-1877) est surtout resté dans les mémoires comme le chef du Gouvernement qui négocie avec Bismarck puis fait écraser la Commune de Paris en 1871, avant de devenir le premier président de la Troisième République. On en oublie alors l'ensemble de sa carrière de journaliste et d'historien qui le mène tout de même à être élu à l'Académie Française alors qu'il a à peine 36 ans.

En 1822, Thiers n'a que 25 ans et veut voir du pays. Malgré des tracasseries administratives sans fin pour obtenir un visa, il se met en route jusqu'à Genève, visite la Savoie, la Provence puis se dirige vers les Pyrénées. Il publie ses impressions de voyage en 1823 sous le titre de Les Pyrénées et le Midi de la France pendant les mois de novembre et décembre 1822. Il y décrit son arrivée à Perpignan, qualifiée de pittoresque, et ses observations sur les autochtones. Quittant Perpignan tôt le matin, il se dirige ensuite vers Prades, et est alors impressionné par sa vision du massif du Canigou.

L'un des plus beaux spectacles que j'ai rencontré dans les Pyrénées, est celui dont je fus frappé en sortant de Perpignan, pour m'enfoncer dans les montagnes. C'était le matin, vers les six heures à-peu-près. Le froid était rigoureux, un vent impétueux et glacé soufflait des montagnes du Capsir, couvertes de neige ; et un jeune Roussillonnais, à la veste courte, au bonnet flottant, au visage court et vif, conduisait au galop quatre chevaux de Cerdagne, qui nous emportaient tout autour du Canigou. Entraînés par ce mouvement rapide, nous voyions se succéder tour-à-tour les têtes de ce mont superbe qui, placé à l'entrée des Pyrénées, les annonce d'une manière si imposante. La plaine n'avait encore reçu aucun rayon de soleil, lorsque tout-à-coup le Canigou reçut sur son front une teinte rose qui, se mariant à la blancheur des neiges, produisit une nuance d'une inexprimable douceur. Cette bande lumineuse s'agrandissant par l'élévation progressive du soleil, le pic supérieur semblait croître à mesure qu'il s'éclairait. Bientôt le mont tout entier fut inondé de lumière et de pourpre ; alors toutes ses formes, cachées dans l'obscurité se dessinèrent, à-la-fois, toutes ses saillies ressortirent, toutes ses profondeurs semblèrent s'enfoncer encore, et il parut acquérir une réalité qu'il n'avait pas. Le froid, le vent, la rapidité de la course ajoutaient à l'effet de ce grand spectacle ; le mouvement surtout le rendait enivrant. Mais cependant le plaisir n'était que pour les yeux ; le froid extrême ramenait les sens en eux-mêmes, et les empêchait de se répandre au-dehors.

Le massif du Canigou vu depuis les hauteurs de Perpignan


Thiers poursuit sa route et finit par arriver à Prades où il a cette remarque qui montre bien la réalité du pays à l'époque :

Prades est le premier bourg un peu considérable que l'on rencontre après Perpignan, et c'est aussi le dernier. Les voitures ne peuvent aller au-delà, et on ne peut voyager que sur des chevaux.

Il continue ensuite vers Mont-Louis et décrit les routes de montagne qu'il emprunte, sans toutefois retrouver l'impression saisissante que lui a laissé le mont Canigou, véritable maître du Roussillon.

Source :
* Adolphe Thiers, Les Pyrénées et le Midi de la France pendant les mois de novembre et décembre 1822, Paris, Ponthieu, 1823 (via Gallica) [domaine public]
Photos :
* Portrait anonyme, XIXè s. (via Wikimedia Commons) [domaine public]
* Canigou : photo de Poune  (via Wikimedia Commons) [CC-BY-SA]



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jeudi 11 décembre 2014

Le Byrrh désaltère sans débiliter en 1931

Une boisson tonique et hygiénique

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
L'entrée des entrepôts Byrrh en 1909
Inventé en 1866, le Byrrh, apéritif à base de vins, de quinquina et d'épices divers, est indissociable de la ville de Thuir dans les Aspres. Connue pour ses campagnes de publicité dynamiques dans la première moitié du XXème siècle, la marque a depuis perdu de son aura mais reste associée au patrimoine des Pyrénées-Orientales et ses entrepôts sont encore un objet de curiosité des visiteurs de notre région.

J'ai choisi ici de retranscrire une publicité pour le Byrrh datant de 1931 et parue dans la Revue des vins et liqueurs et des produits alimentaires pour l'exportation. Moins colorée que les publicités destinées au grand public, je l'ai néanmoins trouvée intéressante pour le texte d'explication sur sa fabrication et sa consommation, destiné aux professionnels, et qui traduit bien les usages de l'époque.

Voici donc la retranscription de cette réclame.

BYRRH
Vin tonique et hygiénique
Maison L. Violet, à Thuir (P.-O.)
J. & S. Violet frères, successeurs

Le Byrrh est une boisson savoureuse, éminemment tonique et hygiénique.
Il est fait avec des vins vieux exceptionnellement généreux, mis au contact de quinquina et d'autres substances amères de premier choix.
Il emprunte à ces substances un arôme agréable et de précieuses propriétés cordiales ; et il doit aux vins naturels, qui seuls servent à sa préparation, une haute supériorité hygiénique sur les nombreux produits dont l'alcool est l'élément principal.
Grâce à la légitime réputation que lui ont value de pareilles qualités, le BYRRH a reçu du public l'accueil le plus empressé. Il compte aujourd'hui parmi les boissons classiques. On le trouve dans tous les établissements de consommation, ainsi que dans toutes les maisons de vente de spiritueux et de produits alimentaires.
Comme tonique hygiénique, le BYRRH se prend pur, à la dose d'un verre à Bordeaux.
Etendu d'eau fraîche ou, de préférence, d'eau de seltz, il devient une boisson qui désaltère parfaitement sans débiliter.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales

De nombreux vins et apéritifs de l'époque se targuaient de leur effet tonique et hygiénique sur leurs consommateurs. Mais le Byrrh vous offrait de surcroît l'avantage de vous désaltérer tout en restant maître de toutes vos facultés ! Le Byrrh titre tout de même 17° et il semble pourtant peu probable que l'on reste sobre après une bouteille. Cela n'empêchera pas le succès de la marque qui, en 1950, construit la plus grande cuve en chêne du monde (1 000 200 litres) dans les entrepôts de Thuir.

Sources :
Article : Revue des vins et liqueurs et des produits alimentaires pour l'exportation (vol. 56, 1931) (via Gallica [cf. lien], domaine public).
Photo : Eugène Trutat (1840-1910) en 1909, via Rosalis [bib. numérique de Toulouse], domaine public. 
Photo article : Fabricio Cardenas (CC-BY-SA)

Le site de l'entreprise : www.caves-byrrh.fr


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lundi 8 décembre 2014

Création d'un club démocratique à Céret en 1848

L'année 1848 constitue une période agitée de l'histoire de France puisqu'une révolution met fin à la Monarchie de Juillet (1830-1848) et met en place la Deuxième république dès le mois de février.
Louis-Napoléon Bonaparte est élu président de la République en décembre 1848. A Céret, les républicains s'organisent. Le document retranscrit ci-dessous ne précise pas quand en 1848 il a été publié. Toutefois, on se doute que cette année-là, la République est encore fragile et ses partisans cérétans éprouvent donc le besoin de se compter et de s'affirmer. Ils proposent donc la création d'un club républicain.


République française
Liberté, égalité, fraternité

Habitans de Ceret, nos Concitoyens, nos Frères,

Un Club vient de s'organiser. Son principal but est la propagation des principes démocratiques tels que les entendent et les pratiquent les hommes sages et vertueux.
Liberté pour tous, Égalité entre tous, Fraternité la plus cordiale. - Voilà ce que veulent les fondateurs de ce Club, c'est vous dire qu'ils n'excluent aucun de leurs frères et que tous seront reçus à bras ouverts.

Venez donc à nous, vous tous qui voulez la République dans toute sa pureté, qui voulez l'ordre dans la liberté, le respect des personnes et des propriétés, venez à nous, apportez à l'œuvre commun votre concours, associez-vous à vos concitoyens qui vous appellent de leurs vœux et bientôt cette cité donnera l'exemple d'une seule famille marchant droit et ferme à la conservation des droits de l'homme inscrits en caractères ineffaçables en tête de nos constitutions.

VIVE LA RÉPUBLIQUE !

[Perpignan, de l'imprimerie de Mlle A. Tastu .- 1848]

Notons qu'il y aura au moins deux clubs de la sorte à Céret. Tous deux seront interdits par les autorités à partir de 1851, peu avant le coup d'état de Louis-Napoléon Bonaparte du 2 décembre 1851 et qui fera de lui un empereur un an plus tard.

Retrouvez ici toutes les histoires en rapport avec Céret.

Sources :
Document : Gallica (domaine public)
Précisions Céret : Pierre Cantaloube, Céret et les ponts du Tech, Saint-Estève (Pyrénées-Orientales), Les Presses Littéraires, coll. « Le Tech et ses franchissements »,‎ 2004, ISBN 2350730093
Photo : Fabricio Cardenas (CC-BY-SA)


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dimanche 7 décembre 2014

Miss Pyrénées-Orientales élue Miss France en 1938

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Annie Garrigues dans Le Figaro
Annie Garrigues, originaire de Perpignan, est élue Miss Pyrénées-Orientales en 1937 (le concours prend le nom de Miss Roussillon par la suite), puis élue Miss France en 1938. Le quotidien Le Petit Parisien ("Le plus lu des journaux du monde entier") du 15 juillet 1938 nous livre ses premières impressions peu après son élection. Annie Garrigues n'a alors que 19 ans et surprend tout le monde par sa réaction.


Miss France 1938 ne veut pas faire du cinéma

Mardi dernier avait lieu l'élection de « miss France 1938 », qui représentera notre pays à la grande compétition internationale pour le titre de  « miss Europe 1938 » à Copenhague.
Devant un jury présidé par M. Maurice de Waleffe, et dans lequel on remarquait le metteur en scène Abel Gance, les peintres J. Gabriel Domergue et Beltran Masses, le maître photographe G.-L. Manuel, quatre-vingts candidates se présentèrent.
Il en était venu de partout : de l'Est et de l'Ouest, de Lille et de Clermont-Ferrand, et des Parisiennes bien entendu, beaucoup de Parisiennes... Ce fut une brune Perpignanaise aux yeux bleus, Mlle Annie Garrigues, qui se vit enfin, après des éliminatoires sévères, décerner le titre envié de « miss France 1938 ».
Annie Garrigues, qui a dix-neuf ans, déclara naturellement qu'elle était bien contente d'avoir été choisie. Elle n'ajouta pas qu'elle essayerait de faire encore mieux la prochaine fois, puisqu'on ne peut déployer plus de grâce et plus de charme qu'elle n'en montra devant les membres du jury, mais, aux nombreux reporters qui l'interrogeaient immédiatement après son élection, elle fit une déclaration assez surprenante :
- Je ne veux pas faire de cinéma ni de théâtre ! dit-elle en rougissant un peu.
Voilà qui est assez imprévu, n'est-ce-pas ! C'est bien la première fois qu'une reine, qu'une madelon ou une muse de quelque chose fait un semblable aveu...
Annie Garrigues était sans doute fort troublée par le grand honneur qui venait de lui échoir. Elle n'a pas réfléchi. Gageons que dans quelques mois, au retour de Copenhague, par exemple, si elle est élue « miss Europe 1938 », elle aura changé d'avis !

René Manévy

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Annie Garrigues dans Le Journal

Candidate malheureuse au titre de Miss Europe 1938, il semble qu'Annie Garrigues n'ait réellement jamais fait de cinéma, puisque son nom est inconnu de toutes les grandes bases de données cinématographiques. Elle est donc rapidement oubliée dès les années qui suivent.

Certains membres du jury peuvent surprendre. D'autres semblent plus à leur place dans cet événement. Abel Gance (1889-1981) est un célèbre réalisateur qui en 1938 avait déjà tourné une quarantaine de films parmi lesquels J'accuse et Napoléon. Jean-Gabriel Domergue (1889-1962) est un artiste peintre se revendiquant comme l'inventeur du stéréotype de la pin-up et ayant peint beaucoup de femmes très dénudées... Federico Beltrán Masses (1885-1949) est un peintre espagnol ayant gagné sa reconnaissance à l'école des Beaux-Arts de Paris. Il semble avoir eu beaucoup d'amis parmi les membres de la jet-set d'Hollywood de l'époque, à qui ses tableaux ont beaucoup plu. Il a également peint de nombreux portraits de femmes séductrices. Il est étrange que le journaliste mentionne "G.-L. Manuel" puisque ce nom renvoie en fait à deux frères photographes, Gaston et Lucien Manuel, fondateurs d'un studio photographique en 1900 à Paris. Peut-être un seul des deux était-il présent dans le jury. Le président du jury Maurice de Waleffe, quant à lui, est le créateur dès 1920 du concours de « la plus belle femme de France », qui allait devenir « miss France » par la suite.


Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Annie Garrigues dans La Vie parisienne


Source : Le Petit Parisien du 15 juillet 1938 (coll. BnF via Gallica [cf. lien], domaine public)
Photos : 
Le Figaro, 13 juillet 1938 (coll. BnF via Wikimedia Commons, domaine public)
Le Journal, 10 septembre 1938 (coll. BnF, via Gallica, domaine public)
La Vie parisienne, 2 juillet 1938 (coll. BnF, via Gallica, domaine public)



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samedi 6 décembre 2014

Un homme heureux à Bouleternère en 1891

Le village de Bouleternère
L'Indépendant de Mascara (bihebdomadaire d'Algérie) du 21 mai 1891 nous rapporte le cas d'un héritage inespéré ayant bénéficié à un pauvre agriculteur de Bouleternère, en Ribéral.

Un homme heureux . - Un pauvre cultivateur de Bouleternère (canton de Vinça), nommé Adroher, vient d'hériter un million d'un de ses oncles M. Commes, récemment décédé. De plus, il devient propriétaire de plusieurs maisons que M. Commes possédait à Perpignan. Dans un de ces immeubles sis au quartier Saint-Mathieu, Adroher a, dit-on, trouvé plusieurs liasses de billets de banques, pour une valeur de 62,000 fr., que son oncle, un véritable Harpagon, avait cachées sous des briques.
Lorsque le notaire lui a appris cette bonne nouvelle Adroher a été saisi d'étonnement. Pour un homme heureux, voilà un homme heureux.


Pour rappel, concernant d'autres histoires concernant Bouleternère c'est ici en 1815 et là en 1891.

Source : L'Indépendant de Mascara. Radical autonomiste. Paraissant le jeudi et le dimanche (via Gallica, cf. lien) [domaine public]
Photo : Meria z Geoian (via Wikimedia Commons, CC-BY-SA)

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mercredi 3 décembre 2014

Le mauvais temps dans les Pyrénées-Orientales en novembre 1908

Le Roland dans son bassin à Banyuls-sur-Mer en 1895
La Lanterne (Paris) du 19 novembre 1908 nous informe des conséquences du mauvais temps dans les Pyrénées-Orientales.

Le mauvais temps

Perpignan, 17 novembre. - La tempête a redoublé de violence dans la nuit. Sur le littoral méditerranéen, la mer est très grosse.
A Canet, des vagues ont envahi les villas.
A Banyuls-sur-Mer, le bateau à vapeur Roland du laboratoire zoologique Arago, amarré dans le bassin spécial, est perdu.
A Argelès-sur-Mer (arrondissement de Céret), la rivière Massane a débordé, inondant la plaine et causant des dégâts sérieux.

Le navire le Roland, utilisé par le laboratoire Arago, avait été financé à partir de 1890 par le prince philanthrope, géographe et naturaliste Roland Bonaparte, petit-fils de Lucien (second frère de Napoléon).

Sources :
* Article : Gallica (cf. lien) [domaine public]
* Photo : Société de Géographie (1895) [coll. BnF, domaine public]

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mardi 18 novembre 2014

Des guérisseurs à Vivès en 1882

Le centre de Vivès
C'est l'histoire d'un drame d'apparence banale que nous relate le quotidien L'Espérance du 4 janvier 1882. Mais grâce à ce fait divers, c'est également un type d'information rarement écrite qui est parvenu jusqu'à nous. En effet, les familles de guérisseurs sont souvent connues localement mais leur réputation se fait généralement par le bouche à oreille et leur souvenir se perd alors avec l'ensemble du savoir oral au gré des générations. Le journaliste de l'époque a sans doute tenu à leur rendre hommage.

Palalda, 2 janvier.

Dans le courant de la semaine dernière, un homme originaire de Serrallongue, garçon muletier à la métairie Aldaï, territoire de Palalda - suivait sur la grand-route, entre Céret à Amélie-les-Bains, une lourde charrette chargée de farine.
Chemin faisant, tout en causant avec le charretier, il fit un faux pas, tomba sous le véhicule, et une roue lui broya la jambe droite.
On mit le pauvre estropié sur la charrette et on le conduisit à la métairie Aldaï, laquelle appartient à la famille de Lourdoueix.
Lorsqu'il fut reposé, on le porta à Vivès, chez MM. Noé. De père en fils, les Noé reçoivent le don de remettre les fractures.
Il parait cependant que pour ce pauvre malheureux, l'amputation deviendra nécessaire, tellement sont broyés les os de sa jambe.
Les Noé, aussi bien ceux de Vivès que ceux de St-Michel-de-Llotes, rendent d'admirables services dans le département ; non-seulement ils n'acceptent aucune rémunération, mais ils donnent bien souvent des secours aux malheureux qui viennent implorer leur guérison.

On imagine sans mal la souffrance de ce pauvre muletier qu'il a fallu ramener chez lui avant de se décider à le porter de Palalda à Vivès (16 km de nos jours) pour sans doute au final le ramener ailleurs pour une amputation.

La métairie Aldaï est aujourd'hui mentionnée sur la carte IGN  sous le nom de Mas Alday et se trouve en bas de Palalda, près du Tech. Palalda est encore une commune à cette époque, n'étant fusionnée avec Amélie-les-Bains qu'en 1942. Serralongue, village d'origine du muletier, se trouve plus haut en Vallespir.

La famille Noé de Vivès, dans les Aspres, a donné plusieurs maires à la commune, dont le plus connu, Joseph, maire de 1884 à 1902, a également été conseiller général du canton de Céret. Il y a aussi un Dominique Noé vers 1814 et un Jacques Noé de 1919 à 1921.

A Saint-Michel-de-Llotes, en Ribéral, un certain Dominique Noé a aussi été maire de 1830 à 1848 puis de 1852 à 1867.

Ces familles de guérisseurs existent-elles encore de nos jours ? L'annuaire ne montre plus de Noé dans ces deux communes, bien que l'on en trouve encore dans les environs. Cela ne veut pas dire qu"il ne sont plus présent en ces deux endroits ni que leur talent ne ce soit transmis sous un autre nom ou ailleurs. Seuls des habitants de Vivès ou Saint-Michel-de-Llotes pourraient nous en dire plus ?

Sources :
* Article de L'Espérance : Fonds numérisé de la Bibliothèque de Perpignan  (domaine public)
* Maires de Vivès : De Vivers à Vivès : du 2ème au 3ème millénaire, mémoires d'un village, Vivès, Mairie de Vivès,‎ 1999
* Maires de  Saint-Michel-de-Llotes : MairesGenWeb
Photo : Fabricio Cardenas (CC-BY-SA)

Pour rappel, dans ce même numéro du quotidien L'Espérance : les agissements anti-cléricaux du maire de Pollestres en 1881.

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samedi 15 novembre 2014

Tuée par la foudre à Caixas en 1892

La Lanterne (Paris) du 5 octobre 1892 nous informe d'un drame ayant eu lieu à Caixas, dans les Aspres, en raison d'un violent orage. Caixas comprend 335 habitants en 1892, pour 128 recensés en 2011.

Victime de la foudre

Perpignan, 3 octobre. - Hier matin, vers 6 heures 1/2, un orage violent s'est abattu sur Caixas. La foudre est tombée sur la métairie Liardeu et a tué une journalière de Calmeilles, nommée Rose Panicot, qui se trouvait sur le seuil de la porte. Trois autres personnes qui se trouvaient près de là n'ont eu aucun mal. Les dégâts causés par la foudre sont assez importants.

La métairie mentionnée dans l'article est située au nord-est de Caixas et est indiquée de nos jours sur la carte IGN sous le nom de Mas d'en Llardeu, devenu un hameau.
L'infortunée journalière est originaire de Calmeilles, commune frontalière de Caixas sur sa limite sud.

Source : Gallica (cf. lien)
Carte : Géoportail (IGN)

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samedi 1 novembre 2014

Promotion de Port-Vendres en 1780

Plan du port de Port-Vendres en 1777
Longtemps resté à l'abandon et sous-utilisé le port de Port-Vendres est remis en l'état après de long travaux d'amélioration par le gouverneur du Roussillon Augustin-Joseph de Mailly. Durant 15 années, de 1770 à 1785, celui-ci remanie la ville et le port,  fait creuser un port profond, construire des quais, des entrepôts, améliorer la visibilité et la sureté pour mettre les bateaux à l'abri.

En 1780, le port est déjà opérationnel mais reste méconnu. Il faut donc en faire la promotion pour attirer les navires et le commerce. On fait alors paraître un bel éloge de cet équipement dans le périodique Affiches, annonces, et avis divers, feuille hebdomadaire du 19 juillet 1780.

Cet hebdomadaire de 4 pages comprend déjà à l'époque des annonces de terrains à vendre, les derniers livres parus, les cours de la Bourse et des différentes devises, des avis divers et enfin les spectacles à ne pas manquer. Cette parution est destinée à un lectorat aisé, parmi lesquels se trouvent sûrement des investisseurs. Les termes sont donc bien choisis et les arguments présentés exposent tous les avantages du port de Port-Vendres qui en font, à n'en pas douter, un port idéal !



Avis sur la position de Port-Vendres.

Ce Port, situé en Roussillon, à 20 lieues de Barcelone & à 4 de Roses, sur la côte de la Méditerranée, s'étant comblé depuis longtems & ayant été abandonné, le Roi en a ordonné le rétablissement, & il est aujourd'hui en état de recevoir, non seulement les Bâtimens Marchands, quelques forts qu'ils puissent être, mais même les Frégates, & dans peu les Vaisseaux du Roi. Sa position formant le centre de la Méditerranée, il reçoit par sa droite tout ce qui sort du Détroit, & par sa gauche ce qui vient du Levant & de la côte d'Italie, au passage du golfe de Lyon : il présente à toutes les Nations commerçantes non seulement un point de réunion très-avantageux pour le commerce réciproque, mais en même tems, un entrepôt de rafraîchissement, & un asyle d'autant plus assuré, qu'il est à l'abri de tous les vents, par les montagnes qui l'environnent, & que les Bâtimens y sont aussi tranquilles que dans un Canal. Comme il n'est encore connu que de ceux qui depuis un an s'y sont réfugiés dans de gros tems, & lui ont dû leur salut, plusieurs ayant péri faute de le connoître, on vient de lui donner deux points de reconnoissance, en faisant mettre en blanc le Fort Saint Elme & la Tour de la Massane, placés sur les plus hautes montagnes des Pyrénées, qui sont vues de 15 à 20 lieues en mer ; & l'on a mis à l'entrée du Port, un Fanal qui porte la lumière à plus de 5 lieues dans la nuit. Le Roussillon, d'ailleurs, peut fournir par lui-même des Vins de la première qualité, des Huiles, du Fer, des Soies, des Laines presqu'aussi belles que celles d'Espagne, & plusieurs autres productions.

Vue du port à la fin du XVIIIème siècle


Source : Gallica (cf. lien)
Images :
* Plan de 1777 : Auteur inconnu, Service hydrographique de la marine consacré à la France [domaine public, coll. BnF, via Gallica]
* Bandeau périodique : Fabricio Cardenas (CC-BY-SA, via Gallica cf. lien supra)
* Vue du port : dessin de Nicolas-Marie Ozanne (1728-1811), fin XVIIIème siècle [domaine public, coll. BnF, via Gallica]

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vendredi 31 octobre 2014

Démission du maire de Collioure en 1885

Vue du port de Collioure en juin 1883
Être maire au XIXème siècle ne rapporte rien hormis une surcharge de travail, et c'est donc à juste titre que le journal républicain L'Avenir de Port-Vendres, Collioure, Banyuls et de la région se plaint de cet état de fait dans son édition du 5 février 1885, en réclamant un salaire pour le maire afin de permettre à d'autres que des riches de pouvoir assumer cette charge et également d'éviter la situation décrite dans l'article au sujet de Collioure. Le sujet permet également au journal de lancer une diatribe contre les libéraux.

Le nouveau maire de Collioure

Nous avons chanté sur tous les tons que les fonctions de maire seraient moins coûteuses si messieurs les maires étaient salariés. Attendu que ces fonctions étant purement honorifiques, il n'y a qu'une petite catégorie qui puisse consacrer le temps nécessaire pour bien administrer les affaires communales. - Le riche seul peut affronter cette responsabilité, et bien entendu que les riches, en administrant les intérêts des autres, n'oublient pas les leurs.
A ce sujet, nous voyons, à Collioure, M. Coste, donnant sa démission pour gagner 3,000 francs comme docteur de la Compagnie du Midi (réseau compris entre Palau et Cerbère). M. Camille Bernadi a été appelé à prendre sa place.
On nous dit que M. Camille Bernadi est un peintre distingué, un grand amateur de musique, voire même un écrivain, mais il est riche propriétaire ! Et, les loups ne se mangent pas entre eux, quand il n'y a pas nécessité.
On nous dit aussi que M. Camille Bernadi est très libéral, nous en sommes sûrs ! mais ce ne sont pas les libéraux qui ont fait la République, et nous n'avons pas à compter sur eux pour la faire prospérer.
On nous dit encore que M. Bernadi fait beaucoup de bien, qu'il respecte le gouvernement républicain. Mais, un républicain, à sa place, au lieu de rester l'arme au bras respectueusement, travaillerait pour le principe républicain progressif ; et les libéraux comme lui, artistes, écrivains et très riches utiliseraient mieux leur temps à s'occuper de sciences, sans avoir, comme paralysateur intellectuel, les travaux d'un conseil municipal.
Allons ! messieurs les respectueux de la République, donnez vos sièges à des républicains. - Les Rois ne prennent que des royalistes ; les empereurs ne prennent que des impérialistes ; il faut que nous soyons bien imprudents pour ne pas prendre des républicains.

Cet article vaut au journal de recevoir dès les jours suivants une longue réponse du 1er adjoint au maire, Camille Bernadi. Ce dernier s'y défend d'avoir brigué la mairie (il n'est pas encore nommé), ayant presque été élu contre son gré et dans la seule fin d'accomplir son devoir de citoyen, et affirme ne rien posséder, hormis une brillante éducation. Enfin, il se dit républicain en dehors de tout parti et déclare être contre l'idée d'un salaire pour les maires.

Par la suite, le journal n'aborde plus cette affaire car au final Jean Coste, élu depuis 1878, revient sur sa démission et reste maire jusqu'en 1903.

Note sur la photo : Issue d'un négatif sur papier, l'image semble bien être à l'envers, non ?

Sources : 
L'Avenir de Port-Vendres, Collioure, Banyuls et de la région, n° 47 bis du 5 février 1885, n°48 du 15 février 1885 [via le fonds numérisé de la bibliothèque de Perpignan].
Mandat Jean Coste : MairesGenWeb
Photo : Eugène Trutat (1840-1910) [domaine public] via Rosalis (Bib. num. de Toulouse)


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mardi 21 octobre 2014

Une langue incompréhensible en 1890

Victor Dujardin en 1883
Victor Dujardin est un historien né dans l'Aisne en 1830, il se dit « homme du Nord », et est mort à Céret en 1897. Il a bien connu les Pyrénées-Orientales et publie en 1890 à Céret une monumentale histoire du Roussillon :
Voyage aux Pyrénées : Souvenirs du Midi par un homme du Nord ; Le Roussillon
Ses souvenirs sont souvent riches et truculents et mériteraient d'être reproduits in extenso (mais il y a tout de même 571 pages). J'y reviendrai plus tard mais j'ai voulu commencer par un petit extrait significatif de son incompréhension face à la langue catalane à laquelle il a dû être confronté lors de ses nombreuses excursions à travers le département. Il poursuit ensuite avec un curieux avis sur les Roussillonnais.

A l'exception des classes riches ou aisées, les Roussillonnais ne parlent presque pas le français. Leur langage, aux sons gutturaux,  est tout pétrrri de rrrr et de ssss. C'est l'abondance des consonnes et la suppression d'un grand nombre de voyelles, qui rendent ce dialecte dur et peu harmonieux. Il est issu du latin et du mélange des idiomes de tous les peuples qui ont successivement occupé ce pays.
J'ajouterai, en terminant, que les Catalans, remuants et bruyants, amis du soleil et de la liberté, sont assez serviables, un peu curieux et très doux, sous une apparence rude et hardie. - Enfin, cette population extrêmement patriote est aujourd'hui entièrement française de coeur, d'âme et de sentiments.

Il faut se garder de juger trop sévèrement cet auteur dont la réaction est semblable à celle de tous les autres visiteurs de la région à la même époque. A contrario, il se révèle un fin connaisseur du Roussillon et ses souvenirs sont pour le reste très précieux, notamment en ce qui concerne les aspects de la vie populaire en ce temps-là, et nous y reviendrons.

Source : Gallica [domaine public]
Photo : Prudent René-Patrice Dagron (1819-1900) [domaine public, via Gallica]

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mardi 14 octobre 2014

Mort tragique à la mairie de Banyuls-sur-Mer en 1892

La mairie de Banyuls-sur-Mer
Le journal Le Grelot du 28 février 1892 nous rapporte un tragique fait divers ayant eu lieu dans la mairie même de Banyuls-sur-Mer.

Lu dans la Petite République :
« Un vieux mendiant, recueilli à l'asile de nuit de Banyuls-sur-Mer, dans le sous-sol de la mairie, y a été oublié pendant trois jours. On l'a retrouvé mort de froid et de faim. »

Si l'on soigne ainsi les gens qui sont recueillis dans les asiles, jugez du sort réservé à ceux qu'on ne recueille pas !...


Source : Gallica (cf. lien)
Photo : Fabricio Cardenas (CC-BY-SA)

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jeudi 9 octobre 2014

Un maire anti-clérical à Pollestres en 1881


Le journal L'Espérance, paraissant 26 rue des Augustins à Perpignan, tous les jours, excepté le dimanche,  et ce depuis 1881, avait pour sous-titre Journal catholique & royaliste des Pyrénées-Orientales, ainsi que pour devise Dieu et Patrie. C'est donc sans surprise que ce journal s'indigne, dans son édition du 4 janvier 1882, de la dernière décision du maire de Pollestres.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales

Pollestres. - Pour bien finir l'année, le citoyen Ganer, maire de Pollestres, a renouvelé l'arrêté interdisant les processions, et a ajouté ces mots : et toutes autres manifestations religieuses.
Cette dernière phrase est très élastiques [sic]. M. le maire regarde-t-il par exemple comme une manifestation religieuse, un enterrement catholique, et compte-t-il défendre au curé et à la croix d'accompagner au cimetière les corps de ses administrés ?

R.S.V.P.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
L'actuelle mairie de Pollestres.


Remarque

Le maire cité dans l'article est un certain M. Ganer. Cela semble être une erreur pour deux raisons. Une première source nous donne la liste des maires telle que supposée relevée en mairie et l'on y voit un maire nommé Janer, et non Ganer, élu fort brièvement du 25 janvier au 7 février 1881, soit plus de dix mois avant le dit arrêté de cette fin d'année 1881. Il aurait alors ensuite été remplacé par un M. Duffau, maire jusqu'en 1884. Il semble donc évident que la source en question ait indiqué par erreur  février 1881 comme date du fin de mandat de monsieur Janer, cette affaire ayant lieu entre décembre 1881 et janvier 1882. Cependant, le nom semble bien être Janer au lieu de Ganer, le nom de Janer étant déjà cité en 1841 parmi les noms les plus communs de la localité de Pollestres.

Note du 27 août 2016

J'ai pris le temps depuis la rédaction de cet article en 2014 d'éplucher les archives de l'état civil de Pollestres pour les années concernées. Il en ressort que le sieur Janer semble bien être demeuré en fonction en tant que maire au moins jusqu'au 4 juillet 1884, et non seulement jusqu'en février 1881. En effet, c'est bien ce Janer qui signe, avec Duffau il est vrai, tous les actes d'état civil jusqu'à cette date. Mais c'est lui également qui signe et certifie véritables les récapitulatifs annuels de 1881, 1882 et 1883. Ce dernier point ne laisse aucun doute quant à sa fonction de maire à ce moment-là. La liste officielle supposait un changement de maire le 11 juillet 1884, passant de Duffau (sans précision) à Baptiste Duffau. La date est sans doute juste, mais il s'agit en fait du passage de relais de Janer à Baptiste Duffau. Monsieur Janer serait donc resté maire du 25 juin 1881 jusqu'au 11 juillet 1884, ceci justifiant alors l'énervement à son encontre tel que narré dans l'article ci-dessus.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Signatures de Duffau et Janer le 4 juin 1884


Sources :
* Article de L'Espérance : Fonds numérisé de la Bibliothèque de Perpignan  [domaine public]
* Remarques (cf. liens) : MairesGenWeb et Jean Tosti.
* Archives d'état civil de Pollestres 1871-1892, via le site des Archives départementales des Pyrénées-Orientales [domaine public]
Photos archives : Fabricio Cardenas via sources citées [domaine public]. 
Photo mairie : Sylenius [cc-by-sa] via Wikimedia Commons.



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mercredi 8 octobre 2014

Costumes du Roussillon en 1876

Augustin Challamel (1818-1894) est un historien et conservateur de bibliothèque qui publia nombre d'ouvrages de vulgarisation à propos de l'histoire de France et, notamment, une Histoire de la mode en France (1873). Trois ans plus tard, on peut lire dans la revue La Mosaïque : revue pittoresque illustrée de tous les temps et de tous les pays un petit article de cet auteur concernant les costumes du Roussillon. Challamel semble bel et bien avoir arpenté les Pyrénées-Orientales dont il vante à la fois le charme rustique et les traditions préservées, tout en se lamentant sur l'uniformisation des moeurs (déjà !). L'illustration figurant ci-dessous est extraite de l'article.




Costumes du Roussillon

Un des rares coins de France où l'on trouve encore la simplicité poétique des temps passés, c'est le Roussillon. Mais l'esprit prosaïque de notre époque se répand déjà dans les plaines ; il monte de mamelons en mamelons, et arrivera bientôt au sommet des montagnes.
Les coutumes des Roussillonnais eux-mêmes ne tarderont pas à disparaître comme tant d'autres.
Les habitants des campagnes qui environnent Perpignan, Céret, Prades, Collioures [sic] et Port-Vendres ont une physionomie particulière qui se rattache au type espagnol. Leur langage est rapide, sonore et accentué comme celui de nos voisins d'outre-Pyrénées. Leur costume a gardé son originalité primitive, surtout parmi les gens de la montagne, moins visités que ceux des villes. Bonnet de laine, longue veste et pardessus, caleçon court, jambes nues, espadrilles, tel est le costume des gens de toutes les classes, à quelques exceptions près. Pour les femmes, la mode des robes à longues jupes, de couleurs éclatantes, avec des manches courtes laissant voir la moitié du bras, est complétée par un tablier. Sur la tête, une capeline rouge retombant par derrière, jusqu'au reins. Pour bijou presque unique, après l'alliance obligée ou la bague de pèlerinage, les Roussillonnaises ont la croix d'or.
Ne cherchez pas à établir de comparaison entre les Roussillonnais et les habitants des autres provinces de la France. Leurs usages, même les plus anciens, ont résisté au choc des invasions et des révolutions. On est étonné, quand on les visite, du parfum antique existant dans leurs jeux, leurs chants et leurs danses. Leur corpulence robuste, leur taille bien prise, leur agilité sans pareille et leur résolution énergique éclatent, commandent la sympathie. Malgré l'abondance du vin, en Roussillon, les hommes possèdent une sobriété à toute épreuve, et il est bien rare qu'on rencontre parmi eux des hommes ivres. Ils ne boivent guère leur délicieux vin de Rivesaltes, ce muscat si capiteux ! Ils préfèrent s'enrichir en le vendant sur tous les points du globe, avec des laines, du blé, des huiles d'olive en grande quantité.
L"industrie est à peu près nulle dans le Roussillon. La ville de Perpignan, seule, renferme quelques tanneries, quelques fabriques de bouchons, de draps et de couvertures. Autrefois, ce pays était essentiellement militaire, Vauban en construisit les fortifications.

Aug. Challamel


Source : Gallica (cf. lien), texte du domaine public.
Illustration de l'article : sans doute extraite telle quelle de Voyage  de Laborde (1792), domaine public.

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jeudi 2 octobre 2014

Un courageux poilu de La Cabanasse en 1914

Le drapeau du 24e RIC vers 1920
Le journal La Lanterne nous relate dans son édition du 28 novembre 1914 les faits de gloire d'un caporal originaire de La Cabanasse (253 habitants en 1911) et soldat du 24ème régiment d'infanterie coloniale, originaire de Perpignan.

 Le journal ne précise pas les lieux ni la date exacte des événements, mais on sait que le 24e RIC est en 1914 engagé en septembre dans la première bataille de la Marne, où il se distingue et subit de lourdes pertes, puis maintient ses positions jusqu'à la fin de l'année.

« Mon colonel
acceptez cette tranchée... »

Le « Journal Officiel » a publié la citation suivante : « Est inscrit au tableau pour la médaille militaire, le caporal Philip, du 24e d'infanterie coloniale ; se porta sur la ligne de feu, sous une vive fusillade, pour relever un officier blessé ; de plus, étant en patrouille mit en fuite une troupe numériquement supérieure, nous assurant la possession d'une tranchée ; blessé plusieurs fois, ne se fit panser que vingt-quatre heures après, refusant d'être évacué ; fut ensuite grièvement blessé. »

Le courageux caporal François Philip, dont il est question, est originaire de la Cabanasse (arrondissement de Prades); il est arrivé à Perpignan avec le dernier convoi de blessés, et un de nos collaborateurs a pu le voir à l'hôpital auxiliaire de l'Union des femmes de France, où il est en traitement.
Sans parler du courage qu'il déploya en relevant, et en sauvant, sous une fusillade terrible, son lieutenant grièvement blessé et que les Allemands allaient emporter, voici le fait principal qui a valu à Philip la médaille militaire. 


Un jour, le colonel C. ayant besoin d'être renseigné sur les forces ennemies, fait appeler Philip.
- Je te sais brave et courageux, lui dit-il, c'est pourquoi je vais te charger d'une mission extrêmement périlleuse.
- La nuit venue, tu prendras 25 hommes et tu iras sur cette crête où l'on voit des soldats
allemands faire une tranchée. Tu tâcheras de rester là jusqu'au matin, en te dissimulant, toi et tes hommes, puis tu viendras me rendre compte de ce que tu auras vu.
- C'est bien, mon colonel, j'irai, dit Philip sans hésitation. 

- Sais-tu que tu risques ta vie et celle de tes compagnons ? 
- Je le sais, mon colonel, mais je n'ai pas peur de la mort: c'est pour la France !
A ces mots, le colonel, ému, embrasse Philip qui, très ferme, recrute 25 volontaires aussi bien trempés que lui. La petite troupe part. Les autres coloniaux la suivent des yeux ; puis, la nuit s'épaississant, elle disparaît dans l'ombre. Arrivé près de la crête, Philip aperçoit des soldats du génie allemand creusant une tranchée, pendant qu'une sentinelle fait les cent pas et monte la garde près d'eux. Philip fait dissimuler ses hommes dans un petit bois, avec défense de bouger et de crier, quoi qu'ils entendent. Il emmène avec lui un camarade et lui dit :
- Quand nous serons près de la sentinelle allemande, et que celle-ci criera : « Wer da ! (Qui va là ?) », tu te tiendras à l'écart de moi, sur la gauche, et tu feras du bruit avec ta baïonnette de façon à faire retourner la sentinelle vers toi. Quoi que fasse le Boche, quoi que je fasse, ne dis rien, couche-toi sur le sol et attends mes ordres.


Les deux hommes avancent sans bruit ; ils ne sont qu'à deux pas de la sentinelle allemande qui se promène en fredonnant un air du pays. Philip prend à droite, et en marchant fait un petit bruit.

- Wer da ! crie le Boche.
A ce moment, l'autre colonial, exécutant la consigne, remue la baïonnette dans le fourreau. La sentinelle se retourne vers la gauche. C'est ce qu'attendait Philip, qui, posté à droite, bondit sur l'Allemand lui plante par deux fois sa baïonnette dans la poitrine et saisit son fusil. La sentinelle s'écroule sans pousser un cri. Prestement Philip, sans être vu des soldats qui travaillaient à vingt mètres plus loin à faire la tranchée, prend le manteau, le casque et le fusil de la sentinelle et se met à monter la garde à sa place; de temps à autre, il fait rouler le cadavre du Boche pour le dissimuler le
plus possible. Bientôt, la tranchée étant finie, les soldats allemands partent pour rejoindre le gros des troupes, non sans adresser un salut amical à la sentinelle qui à leur grand étonnement, continue sa promenade sans leur répondre. Quand ils ont disparu, Philip jette son casque et son manteau allemand, court dans le bois chercher ses camarades, et les 26 coloniaux s'installent dans la tranchée allemande. Au petit jour, une compagnie bavaroise arrive pour prendre possession de la tranchée préparée par le génie. Elle avance sans méfiance, les soldats devisant et plaisantant entre eux. Quand ils ne sont plus qu'à quelques pas, Philip et ses 25 camarades tirent sur eux sans répit. Un grand nombre d'Allemands tombent ; les autres veulent prendre la tranchée d'assaut : un feu meurtrier décime les téméraires et met les autres en fuite, sauf 18 qui lèvent les bras et se rendent. Pendant ce temps, le 24e colonial, entendant la fusillade s'avance au pas de charge, le colonel en tête. Philip court vers lui et lui dit :
- Mon colonel, j'ai le plaisir de vous offrir cette tranchée : elle est sur la crête ; vous pourrez vous rendre compte d'ici, mieux que moi, de la position des forces allemandes.


Le colonel, les larmes aux yeux, félicite Philip que le régiment tout entier acclame avec frénésie. Devant toutes les troupes la médaille militaire est remise au caporal Philip sur le théâtre de ses exploits.
Quelques jours après, Philip est touché au bras droit et à l'épaule droite. Malgré sa double blessure, il refuse d'aller à l'ambulance. II continue à combattre et descend un officier allemand ; Philip, voyant l'officier blessé, se porte vers lui pour le faire prisonnier et lui porter secours.
Mais au même moment, l'officier allemand braque son revolver sur le vaillant caporal et lui fracasse l'épaule d'une balle. Malgré la douleur, Philip a encore la force de prendre son fusil et de broyer le
crâne de l'officier allemand à coups de crosse, Le caporal Philip, épuisé par sa triple blessure, est emporté à l'ambulance et de là évacué sur l'hôpital de Mâcon, puis sur l'hôpital militaire de Perpignan.


Note 1 : Le caporal Philip n'apparaît pas dans les bases de données recensant les morts pour la France victimes de la Première Guerre mondiale. On peut donc supposer qu'il a survécu à ses blessures. Quelqu'un pourra peut-être nous renseigner sur ce qu'il est advenu de ce valeureux militaire après la guerre ?
Note 2 : Bien qu'ayant consulté le journal de ce régiment pour l'année 1914, je n'ai pas trouvé trace de cet événement, mais j'ai pu le manquer, l'écriture de ce journal étant essentiellement constituée à proprement parler de pattes de mouches souvent peu lisibles.

Ajout du 13/11/2017 : Grâce aux informations fournies par une lectrice de ce blog et généalogiste, je sais désormais que notre valeureux caporal est François Philip, né à La Cabanasse en 1892 et marié à Thuir en 1919, ce qui confirme qu'il a bien survécu à la guerre.

Sources : 
* La Lanterne du 28 novembre 1914 via Gallica (cf. lien article)
* Historique du 24e régiment d'infanterie coloniale : guerre 1914-1918, Perpignan, éd. Barrière, 1920
Photo : op. cité, cliché Ferrier ou Perrier (nom peu lisible), Perpignan [domaine public]

A relire à propos de la commune de La Cabanasse :



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vendredi 26 septembre 2014

Escroquerie à la pension militaire en 1902

Le quotidien La Lanterne du 15 mars 1902 nous signale un fait divers ayant eu lieu à Perpignan, sans doute assez courant, concernant une pension versée pour une personne jusqu'à dix ans après sa mort.


Perpignan, 13 mars. - La trésorerie générale des Pyrénées-Orientales vient d'être victime d'une nouvelle escroquerie.
En jetant les yeux sur les états de pensions, un employé, M. Escaro, constatait que parmi les pensionnés qui avaient émargé au dernier trimestre, se trouvait un nommé Phelip, né à Oreilla le 1er janvier 1811, jouissant d'une pension militaire de 2,750 francs.
Or, M. Escaro est le neveu du capitaine Phelip, lequel est mort depuis 1892.
Les pensions sont délivrées sur un certificat de vie, et M. Escaro constata que le certificat délivré pour le capitaine Phelip portait la signature de Me Cot, notaire à La Cabanasse. Il interrogea l'employé chargé du service de vérification des états permanents de pension, qui déclara qu'il y avait peut-être erreur.
Cet employé, Charles Fajal, âgé de dix-sept ans, à la sortie du bureau se rendit auprès de M. Escaro et lui avoua qu'il avait prêté la main à une escroquerie. En  l'absence du chef du service des dépenses, M. Crabie, Fajal s'emparait du cachet « Vu bon à payer » et l'apposait sur la quittance d'un certificat de vie ; un complice, nommé Giral, se présentait alors à la caisse de la trésorerie avec la quittance et percevait la pension.
Fajal a pris la fuite, ainsi qu'un autre employé, Delseaux, âgé de trente-neuf ans, qui était chargé de la vérification des états permanents des pensions.


Source : Gallica (cf. lien)
Photo : Fabricio Cardenas (CC-BY-SA)

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mardi 16 septembre 2014

Décès de François Jaubert de Passa le 16 septembre 1856

Le 16 septembre 1856 meurt à Perpignan François Jaubert de Passa, né à Céret 71 ans plus tôt et devenu entretemps un célèbre hydrologue demandé dans l'Europe entière, également élu au conseil général des Pyrénées-Orientales de 1830 à sa mort, et dont il assure la présidence de 1848 à 1852.

Voici la transcription de son acte de décès.

401
Jaubert de Passa F.ois

Le seize septembre mil huit cent cinquante six, à midi et demi, 
Devant nous adjoint à la mairie de Perpignan, officier de l'état civil délégué, ont
comparu les sieurs Philippe de Selva, propriétaire, âgé de soixante-huit ans,
et Joseph Bort-Picas, chef de service à la mairie, âgé de cinquante-six ans,
domiciliés en cette ville, lesquels nous ont déclaré que le sieur François
Pierre Fidèle Jaubert de Passa, ancien sous préfet, ancien conseiller de
préfecture, membre de l'institut, chevalier de la Légion d'honneur, âgé
de soixante onze ans, né à Céret, domicilié à Passa, demeurant à Perpignan,
veuf de Dame Françoise Morer, fils de défuns Pierre Jaubert et Catherine
Vilar, et décédé ce matin à trois heures, rue S.e Dominique n°4, comme
nous nous sommes assurés. Et avons signé avec les déclarans le présent acte,
après lecture.
[signatures]

Source : ADPO, Archives de l'état civil de Perpignan, 1852-1857
Photos : Fabricio Cardenas, d'après doc. ADPO (CC-BY-SA)

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vendredi 12 septembre 2014

Neige exceptionnelle en décembre 1906

Le train chasse-neige sur la ligne de Cerdagne
La période de Noël semble avoir été particulièrement difficile pour les habitants du Conflent en 1906, ainsi que nous l'indique La Lanterne dans son édition du 27 décembre 1906.

Les villages de Fontpédrouse et La Cabanasse sont situés respectivement à 1062 et 1511 mètres d'altitude, ce qui explique facilement le rude climat hivernal.


Le froid et la neige
 
Perpignan, 25 décembre. -  La neige est tombée en si grande abondance dans le haut arrondissement de Prades que la couche atteint deux mètres dans plusieurs villages, notamment à Fontpédrouse où habitent de nombreux ouvriers occupés sur les chantiers de la ligne de chemin de fer.
Les habitants manquent de pain, de comestibles et sont privés de nouvelles. Le bétail meurt de faim.
Deux soldats permissionnaires, qui se rendaient à la Cabanasse, surpris probablement par une tourmente de neige, auraient péri. On est sans nouvelles d'eux. On fait des recherches actives.

Les ouvriers mentionnés dans l'article travaillaient sans doute à la construction du fameux pont Séjourné, qui dura de 1906 à 1908, et situé sur la ligne de Cerdagne (celle du Train jaune) entre Villefranche-de-Conflent et Mont-Louis.

Source : Gallica (cf. lien)
Photo : Par darklenoir (libre) [Public domain], via Wikimedia Commons

A relire sur ce blog

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lundi 8 septembre 2014

Une météorite à Prats-de-Mollo en 1859

L'objet de toute l'attention ce matin du 07/09
Suite à la chute de plusieurs météores dans notre région ce lundi 7 septembre entre 5h et 7h, dont j'ai moi-même été le témoin visuel, nous avons pu constater par l'emballement de nos médias régionaux dans quelle mesure ce type de phénomène astronomique fascine encore les foules, bien que tout en étant impressionnant celui-ci n'ait rien d'exceptionnel ni de remarquable. Il le devient toutefois lorsque le dit météore est assez conséquent pour toucher le sol sans être totalement désintégré et produire des météorites, voire même un ou plusieurs cratères. Ce n'est sans doute pas le cas du phénomène observé ce lundi (quoique, sait-on jamais...). Mais cela s'est par contre produit en juin 1859, dans les environs de Prats-de-Mollo, ainsi que nous le signale le célèbre naturaliste cérétan Louis Companyo dans son Histoire naturelle du département des Pyrénées-Orientales (1861).

Notre-Dame-du-Coral
Le cabinet d'histoire naturelle de Perpignan possède un aérolithe, tombé, en juin 1859, à Notre-Dame-du-Coral, ermitage situé dans la banlieue de Prats-de-Molló. 
La forme de cet aérolithe est un sphéroïde aplati pesant 12 kil. 80 gram. ; sa circonférence mesure 0,71 dans le sens du renflement, et 0,62 dans le sens de l'aplatissement ; sa surface est rugueuse, luisante, sa couleur est noirâtre.
(...)
Cette pierre nous fut donnée par M. Triquéra, alors instituteur communal à Prats-de-Molló, qui fut témoin de sa chute.

12 kilos, c'est tout de même un beau caillou qui aurait pu faire des dommages conséquents s'il était tombé sur l'ermitage, mais Companyo ne fait état d'aucun dégât.

Source :
Louis Companyo, Histoire naturelle du département des Pyrénées-Orientales, Perpignan, impr. de J.-B. Alzine,‎ 1861-1864, in-8, XXXI-448, 939, 942 p.
Photo météore : Station météo de Blanes via Twitter (@meteoblanes), 7 septembre 2014
Photo ermitage :Jordiipa (licence CC-BY-SA, via Wikimedia Commons).

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