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samedi 19 juillet 2014

De Quillan à Caudiès-de-Fenouillèdes à vélo en 1889

Un trajet pénible mais pittoresque

Le Véloce-sport : organe de la vélocipédie française nous donne dans son édition du 8 août 1889 quelques précieuses indications pour faire du vélo à travers les Fenouillèdes et dans la vallée de l'Agly. Les passages sont jugés en fonction de leur difficulté ou de l'état de la route, on sait où faire réparer son vélo et quels sont les monuments à visiter. Voyons ce qu'il en est.

Commençons, en venant de l'Aude, par faire le chemin de Quillan à Caudiès-de-Fenouillèdes. La commune s'appelle encore à l'époque tout simplement Caudiès, mais on utilise alors couramment Caudiès-de-Saint-Paul ou Caudiès-de-Fenouillèdes pour la distinguer du Caudiès situé en Conflent. Caudiès devient officiellement Caudiès-de-Fenouillèdes à partir de 1898.
Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Vélo de 1886, avec un frein à l'avant

Remarques : 
1. Gardons à l'esprit que le confort du vélo de 1889 n'a rien à voir avec celui d'aujourd'hui et que, notamment, il n'y avait pas encore de changement de vitesses possible, ce qui est un handicap certain lorsque l'on voit la difficulté des trajets décrits ci-dessous.
2. J'ai laissé l'orthographe et les abréviations telles que dans le texte d'origine. Les astérisques indiquent les lieux dignes d'intérêt.

Quillan à Caudiés

Route toute en montées ou descentes très pénibles.
Sol assez bon sauf pendant 2km où il est très mauvais.
Paysage très curieux.

Quillan * **
Trav. l'Aude.
Montée tr. dures.

Bif. du Pont-Charla ** :  tour. à dr.     2
On remonte pendant 13km5 le vallon de St-Bertrand : 3,200 m. doux ou un peu durs, 4,400 m. assez durs avec passages durs, 3,900 m. tr. durs et 2 km à pied.
Paysage monotone, versants boisés.
Immense et superbe forêt des Fanges.
Aucune aub. dans tout le trajet.

Col de St-Louis (687) * : 13,5
Limite de l'Aude et des Pyrénées-Orientales.
Desc. de 5,200 m. à pied.
Dans les 3,500 premiers m., sol passable, très belles gorges pittoresques ; la desc. s'en ferait aisément.
Tr. curieux passage de l'escargot.
Après l'escargot, palier de 150 m., puis la desc. continue pendant 150m. mais le ch. devient étroit et le sol tr. mauvais.
Ces 1,900 m. ne peuvent à peu près pas se desc. en selle.
Gorge tr. pittoresque : rochers presques nus.
Peu ondulé pendant 1,400 m.
Montée de 150 m. tr. dure dans le bourg.

Caudiés-de-Saint-Paul  * (330)  6,5

[Total]     22


La route empruntée n'est bien sûr pas la route principale le long de l'Aude (D117), mais la D109, plus au nord, et qui suit le Rau de Saint-Bertrand puis le Rau de Saint-Louis en passant par le Col de Saint-Louis.

Trajet par la D109 de Quillan à Caudiès-de-Fenouillèdes
Voyons enfin ce que nous dit le guide sur ces deux communes :


QUILLAN * ** (280)  (H. des Pyrénées)
(Ruines de chât.)
Mécanicien : B. Doumergue
Rampe douce.
Bon sol.

Caudiès-de-Saint-Paul * (330)
Bon sol.
Pente continue, moitié douce et moitié un peu dure, sauf 3 desc. tr. raides de 100 m. et 3 montées assez raides de 150 m. à 300 m.
Trav. la Boulzane, puis l'Agly.

On voit qu'il vaut mieux profiter du passage à Quillan pour se reposer à l'hôtel des Pyrénées et faire réviser son vélo, puisqu'en plus il est précisé qu'on ne trouvera aucune auberge sur la route et que certains passages sont tellement difficiles qu'il est nécessaire de les faire à pied !

Nous verrons dans un prochain article ce qu'il en est des communes situées à proximité dans les Fenouillèdes.

Pour rappel, nous avons déjà vu qu'en 1894 sera établi le record du premier Perpignan-Marseille à vélo.

Source : Gallica (article) + Wikipédia (toponymie) [cf. liens]
Carte : OpenStreetMap (CC-BY-SA)
Photo : Par ...some guy (1886 Swift Safety Bicycle)  via WC (CC-BY-SA)


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vendredi 13 juin 2014

Un spectacle électrique à Perpignan en 1889

Le courant passe dans la salle

C'est un curieux fait divers que l'on peut lire dans L'Est Républicain du 30 juillet 1889.

Un accident s'est produit, l'autre soir, à l'Alcazar de Perpignan. Pendant la pantomime, un des fils conducteurs de l'électricité s'est rompu et la salle a été plongée dans une profonde obscurité. Pendant ce temps, des trépidations se produisaient, des décharges électriques se communiquaient aux spectateurs, les assistants poussaient des cris affreux. Tout a été renversé, des tables, chaises, verres ont été réduits en morceaux. Quelques spectateurs tombaient foudroyés par l'électricité. Beaucoup ne sont revenus à eux que longtemps après. Plusieurs ont été assez grièvement contusionnés.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Le mime Séverin en 1896
La salle de l'Alcazar, créée en 1874, se trouvait à Perpignan dans le quartier de la Basse (en dehors des remparts). C'était un endroit où l'on pouvait s'encanailler et qui proposait des animations en tous genres : café-théâtre, salle de jeux, restaurant, salons très particuliers, etc. On construisit même à côté des arènes et un vélodrome. Le bâtiment principal changea plusieurs fois de fonction, après être devenu un cinéma dès 1911, et fut démoli dans les années 70.

Sources : 
Le kiosque lorrain (Bibliothèque médiathèque de Nancy) pour la presse
Histoire de l'Alcazar :
Jean-Louis Roure, Perpignan à la Belle-époque 1880-1914, éds. Trabucaire, 2006.

Photo : Anonyme, vers 1896, via Wikimedia Commons (domaine public).


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