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mercredi 21 octobre 2015

Ode aux gorges du Mondony en 1912

Les gorges du Mondony au début du 20ème siècle
Après les poèmes de Marc Anfossi dans Amélie Journal en 1912 concernant le Tech puis les environs d'Amélie-les-Bains, voyons à présent son poème paru dans ce même journal le 28 janvier 1912 et à la gloire, cette fois-ci, des gorges du Mondony.

La rivière du Mondony qui descend au sud d'Amélie-les-Bains, depuis le Roc de Frausa jusqu'au sein même du village où il conflue dans le Tech, est depuis toujours un lieu d'excursion pittoresque, notamment par ses gorges remarquables, que notre curiste poète n'a sans doute pas manqué d'aller visiter avant de leur dédier les quelques vers qui suivent.

Les Gorges

Sombres gorges du Mondoni,
Rochers où vient faire son nid
Le gypaète,
Vous cachez des attraits puissants
Et des murmures caressants
Pour le poète !

Cascades aux reflets d'argent,
Fond sinueux toujours changeant,
Blocs titanesques,
J'aime par le matin si pur
Voir se dessiner d'ans l'azur
Vos arabesques.
Le Mondony en crue à Amélie-les-Bains

Sierras au profil tourmenté
Sommets que le soleil d'été
Echauffe et dore,
Il me semble, le jour fini,
Sombres gorges du Mondoni
Vous voir encore.

Gorges dont Gustave Doré
Plus d'une fois s'est inspiré,
Gorges sublimes,
Je bénis Dieu qui m'a laissé
Chanter en un vers cadencé
Vos âpres cimes.

Sombres gorges du Mondoni
Lorsque le cours sera fini
De mes années,
J'évoquerai sur le grand seuil,
Vos sommets éclatants, orgueil
Des Pyrénées !

Marc Anfossi
Amélie-les-Bains, 25 janvier 1912


Source :
Amélie Journal du 28 janvier 1912 (via Bib. numérique de Perpignan, domaine public)

Illustrations :
Carte postale : Editeur anonyme, début 20ème siècle, domaine public.
Photo : Fabricio Cardenas, CC-BY-SA

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jeudi 1 octobre 2015

Deux légendes pour une cascade à Arles-sur-Tech en 1912

Arles-sur-Tech vu depuis les hauteurs de Fontanils
Un certain Robert de la Pineuse nous raconte son excursion à Arles-sur-Tech, dans le Amélie Journal du 28 janvier 1912. Ce texte semble initier une série de promenades effectuées par l'auteur dans le Vallespir et dont les récits sont regroupés dans une chronique qui dura quelques numéros et logiquement intitulée « Une promenade par semaine ». J'ai choisi de retranscrire ce premier récit (texte en italique) dans son intégralité à la fois pour le style, lyrique quoiqu'un peu vieilli, et pour les nombreuses informations qu'il recèle sur la vie de cette époque. Il soulève aussi quelques questions.

La Cascade du « Saut de la Mère Vaillante ». -- Par une matinée du printemps dernier, matinée radieuse qui promettait une splendide journée, j'avais gagné Arles en suivant les bords du canal d'irrigation, bords fleuris envahis par les herbes folles aux pointes desquelles scintillaient des perles irisées.

Robert de la Pineuse est visiblement parti d'Amélie-les-Bains vers Arles. Première question : le nom de la célèbre cascade d'Arles-sur-Tech, bien connue sous le nom de « Salt de (la) Maria Valenta », soit en français le Saut de la Marie Vaillante. Le nom que l'on a ici est celui de Saut de la Mère Vaillante, et pourtant nous allons voir qu'il s'agit vraisemblablement du même endroit.

La Font dels Boixos
J'avais admiré l'exubérance de cette végétation que ne soupçonnent pas les « hinants » [hivernants ?] envolés dès que notre pays commence à se couvrir de verdure.
J'avais traversé le Tech au pont de la Fontaine des Buis, et je m'étais engagé dans le sentier qui, au milieu de grasses prairies plantées de superbes pommiers, longe de très près la rive droite du torrent.
Je passai bientôt à côté d'une ruine faite de cailloux de rivière, noyés dans un indestructible ciment, ruine informe, certes, mais à coup sûr vénérable. Un vallon, un riant vallon, s'ouvrit peu après sur ma gauche : à l'entrée, de beaux arbres, chênes, châtaigniers, dominaient des taillis plus humbles ; une herbe très fine, très parfumée, émaillée de fleurettes et aussi de fraises déjà rouges tapissait le sol granitique dont les moindres pierres étincelaient au soleil. Un clair ruisseau gazouillait qui, avant de se perdre dans le Tech, s'épandait au milieu d'un fouillis de roseaux aux fins panaches, de prêles géants - derniers vestiges des végétations des âges primitifs - d'iris aux larges pétales d'or, de menthes embaumées.

En passant sur la rive droite du Tech au niveau de la Fontaine des Buis, aujourd'hui signalée par un panneau indiquant Font dels Boixos, notre randonneur ne sait peut-être pas qu'il vient de rentrer sur le territoire de l'ancienne commune de Fontanils, réunie à Arles-sur-Tech en 1823, dont elle coupait le territoire en deux parties et alors qu'il y avait à l'époque encore une centaine d'habitants.

L'église Santa Creu de Quercorb
Je suivis le sentier qui, remontant ce vallon, serpentait à travers d'épaisses touffes de cistes arborescents au feuillage résineux, à l'écorce rouge, aux grandes fleurs blanches mouchetées de brun, et je me trouvai bientôt au pied d'une humble chapelle construite à flanc de coteau, au-dessus de la rive droite du ruisseau : la carte d'Etat-Major consultée, me répondit : Santa-Creu. Un vieux pâtre, qui surveillait de loin les ébats capricieux de trois chèvres fort affairées à mettre à mal d'innocents buissons m'apprit que l'office divin se célébrait encore le 3 mai, jour de la Sainte-Croix (Santa Creu), dans ce modeste ermitage ; les autres jours, la porte en est fermée, la cloche en reste muette.
Tel quel, d'ailleurs, l'humble édifice en parfaite harmonie avec le site, ne manque ni de grâce, ni de poésie.

L'excursion se poursuit depuis la fontaine en remontant vers le sud-ouest, où notre randonneur se trouve face à la petite église Santa Creu de Quercorb, dont la construction remonte au Xème siècle et qui, après avoir survécu au séisme de 1428, fut remaniée aux XVIIème et XVIIIème siècles (reconstruction de la porte et ajout du clocheton). Elle est également fermée de nos jours.

La cascade au nom changeant
Cependant mes yeux s'étant portés sur le fond du ravin, j'aperçus une cascade, une belle cascade qui bondissait au milieu des arbres. Le chevrier, interrogé, m'apprit que cette chûte d'eau était connue sous le nom de Sal de la Mare Balente [sic] (Saut de la Mère Vaillante) : et comme j'insistais, soucieux d'une étymologie, le bonhomme me raconta qu'autrefois, il y a très, très longtemps, un drame s'était déroulé là. A cette époque, le pays était infesté d'ours féroces. Un de ces animaux avait ravi le petit enfant d'une femme qui habitait une cabane très haut dans la montagne. Aux cris du pauvret, la mère accourut, et une course folle s'engagea, qui conduisit la brute et ses deux victimes au bord du rocher d'où tombe la cascade. L'ours bondit sans lâcher sa proie ; la mère, acharnée à sa poursuite, sauta à son tour dans le vide : chûte terrible... ô miracle ! avant de s'élancer, la vaillante femme avait eu le temps d'invoquer le ciel. Elle se retrouva saine et sauve dans le bassin profond qui reçoit le torrent : auprès d'elle souriant, son enfant lui tendait les bras, et, quelques pas plus loin, l'ours gisait, la tête fracassée, sur les pierres où il était venu s'abîmer...
Le vieux pâtre, ayant achevé son récit, se mit en devoir de rassembler ses chèvres qui s'égaillaient, puis il conclut :
Nous n'avons plus d'ours, aujourd'hui, mais les mères sont toujours aussi braves, allez !

Cascade la Marie Balente (1921)
Le vieux berger, à travers la légende qu'il raconte, justifie le nom de Salt de la Mare Valenta (Saut de la Mère Vaillante). Il n'y est nul question de Maria, élément du nom de la cascade aujourd'hui. Mais les deux termes, Mare et Maria, sont proches et le glissement à pu se faire facilement de l'un à l'autre avec le temps (d'autant que Maria est aussi... Mare de Deu). La carte postale ci-contre date au moins de 1921, soit à peine neuf ans après ce récit, et donne le nom de Cascade de la Marie Balente. De nos jours, l'imposant Atlas toponymique de Catalogne nord (Terra Nostra, 2015) de Joan Becat confirme le nom de Salt de la Maria Valenta et je n'ai vu nulle part (pour l'instant) le nom de Mare à la place de celui de Maria. Comment expliquer cette absence ? La légende liée à la Maria, que l'on peut voir partout aujourd'hui, fait allusion à une jeune fille ayant préféré se jeter du haut de la cascade pour échapper à des soldats (ou des brigands, c'est selon) cherchant à la violenter. Il serait intéressant d'enquêter sur les anciennetés respectives de ces deux noms et des deux versions de cette histoire afin de déterminer l'antériorité de l'une ou l'autre. Il n'est pas anodin de trouver ici une histoire liée à l'ours à Arles-sur-Tech, où l'on pratique encore aujourd'hui une des fêtes de l'ours, que l'on trouvait jadis dans tout le Vallespir, et qui n'a survécu de nos jours qu'à Arles, Prats-de-Mollo et Saint-Laurent-de-Cerdans.

Je redescendis de Santa Creu, et traversai le ruisseau un peu avant la ferme de Can Panne, qui occupe le vallon auquel elle donne son nom, puis je remontai le long de la rive gauche, sautant de pierre en pierre, car le torrent mutin coulait abondant et ne se gênait nullement pour faire du sentier son lit. Le soleil était devenu ardent, et je me réjouis que mon chemin pénétrât dans l'ombre fraîche d'une épaisse châtaigneraie. Je m'élevai rapidement par une série de lacets ; alors, guidé par le bruit, je cherchais à me rapprocher de la cascade, devenue depuis longtemps invisible : une piste sur la gauche me conduisit d'abord dans un chaos de grosses pierres, puis au pied d'un rocher suintant d'humidité, recouvert d'une couche de gracieuses fleurettes, enfin, au bord d'une ravissante vasque en forme de coupe - la vasque de la Mère Vaillante ! - dans laquelle se précipitait la cascade, plus qu'à moitié cachée sous les arbres touffus. Et c'est peut-être parce qu'il était impossible de la contempler en son entier que cette cascade prit, aux yeux qui en découvraient une petite partie, un charme si étrange, le charme des choses mystérieuses, des choses secrètes qui perdent tant de leur beauté lorsqu'elles sont dévoilées, se révélant dès lors banales, quelconques...
Oh, l'adorable site ! j'y restai longtemps, très longtemps, car il serait difficile d'imaginer un lieu plus favorable à la rêverie. Quelque peintre saura-t-il faire revivre la touchante légende de la mère et de l'enfant sauvés par la grâce divine dans ce cadre exquis d'eau bruissante, de rocs sauvages, de douces verdures ?
Je revins par un sentier qui, longeant la chapelle de Santa Creu, s'élève au-dessus du mamelon qui limite le vallon de Can Panne du côté d'Arles et redescend à la fontaine des Buis en passant au milieu de fermes entourées d'aimables prairies en pente douce.
Une matinée ou une après-midi suffisent amplement pour cette petite excursion. En profitant des moyens de transport qui relient Arles à Amélie, c'est une promenade à la portée des marcheurs les plus médiocres, et je ne saurai trop la recommander, d'autant mieux qu'elle est intéressante en toute saison, le vallon de Can Panne partageant, avec beaucoup d'autres de notre région bénie, l'heureux privilège de conserver en plein hiver une riante et verdoyante parure.
Une autre fois, nous nous hasarderons ensemble, si vous le voulez bien, au delà et plus haut dans ce joli ravin, en une excursion plus longue qui nous permettra d'admirer de splendides horizons ; et peut être chemin faisant, recueillerons-nous encore de ci, de là, quelqu'une de ces légendes poétiques, si abondantes dans notre Vallespir...

Robert de la Pineuse

Au-delà de la cascade se trouve également une grotte, la Cova dels Sants, célèbre pour avoir hébergé les reliques des saints Abdon et Sennen, rapportées à Arles depuis Rome au Xème siècle par l'abbé Arnulfe, et dissimulées dans cet endroit à la Révolution française pour empêcher leur destruction. Objet d'un pèlerinage annuel, le chemin d'accès passe par la cascade et le mas de Can Panna (Can Panne), cité dans le récit ci-dessus, dont les propriétaires actuels sont en conflit depuis quelques années avec la mairie et les pèlerins pour avoir condamné (à tort ou à raison) une partie du chemin ancestral et sans doute également emprunté à l'époque par Robert de la Pineuse. Précisons que les accès à la fontaine et à l'église ne posent aucun problème pour l'instant.

Note : N'étant absolument pas un spécialiste de l'histoire d'Arles-sur-Tech moi-même, toutes les explications concernant les questions soulevées ici sont les bienvenues. Sans doute quelqu'historien d'Arles a t-il des réponses.
N'hésitez pas à laisser un commentaire !

Source : Amélie Journal du 28 janvier 1912, via le fonds numérisé de la Bibliothèque de Perpignan [domaine public].
Sur le conflit actuel lié au chemin, voir les articles de L'Indépendant du 30 juillet 2014 et du 24 juillet 2015 (pèlerinage annulé).

Photos :
Vue d'Arles, Font dels Boixox et église Santa Creu de Quercorb : Fabricio Cardenas, CC-BY-SA
Salt de Maria Valienta : Ancalagon, CC-BY-SA (via Wikimedia Commons)
Carte postale de la cascade : Editions Galangau, domaine public.

Pour rappel, cet autre article concernant Arles-sur-Tech, mais en 1815, à relire ici.

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mercredi 24 juin 2015

Ode aux environs d'Amélie-les-Bains en 1912

Des babas à Montalba !
Nous avons pu lire précédemment dans l'Amélie journal du 11 janvier 1912 à propos du Tech les vers de Marc Anfossi , écrivain parisien alors en cure à Amélie-les-Bains. Dix jours plus tard, celui-ci récidive, dans le numéro du 21 janvier 1912, mais cette fois-ci à propos des environs d'Amélie. En effet, le principal souci des curistes est bien entendu de se trouver des distractions et Montbolo, Palalda ou Montalba-d'Amélie sont à l'époque des sujets d'excursions tout trouvés et accessibles. Il en résulte un poème étonnant, sur un mode enfantin, et qui se prêterait assez bien à la chanson (mais peut-être quelqu'un l'a-t-il déjà mis en musique ?).

Confidences d'un moutard parisien

Moi j'aime beaucoup Amélie...
C'est une Montagne jolie
Maman y refait sa santé
L'hiver, et quelquefois l'été.
On s'y promène, on s'y adonne
Et quand j'ai soif, maman mignonne
Souvent me grise de lolo
     A Montbolo.

Que de charmantes promenades !
Que de roches, que de cascades !
Sauge, lavande, serpolet
Parfument chaque ruisselet.
Papa dit : La belle nature !...
Grand'mère paye des montures
Et nous allons tous a dada
     A Palalda.

Quelquefois, légers, très ingambes
A nos cous nous prenons nos jambes
Et sans nous fatiguer jamais
Nous escaladons les sommets.
A ce jeu l'appétit s'aiguise,
Et pour le calmer à ma guise
Maman me bourre de babas
     A Montalba.


Pour gâterie conforme,
Marc Anfossi
Amélie-les-Bains, janvier 1912

Note : En 1912, Palalda et Montalba-d'Amélie sont encore des communes indépendantes. Palalda fusionne en 1942 avec Amélie et Montalba-d'Amélie est rattachée en 1962.

Source : Amélie journal du 21 janvier 1912 (via Bib. numérique de Perpignan, domaine public)
Photo : Fabricio Cardenas, CC-BY-SA


Cliquer sur les liens pour retrouver les articles de ce blog en rapport avec Amélie-les-Bains-Palalda ou avec Montbolo.


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vendredi 29 mai 2015

Ode au Tech en 1912

Le Tech en crue à Céret (2014)
On peut lire dans le n°1182 d'Amélie Journal du 11 janvier 1912, un poème de Marc Anfossi dédié au Tech, principal cours d'eau du Vallespir.

Le Tech

Tantôt c'est un serpent bleuâtre
Glissant sur les galets polis ;
Tantôt c'est un ruisseau folâtre
Dont on entend le gazouillis,

Par instants, il gronde, il moutonne,
Emportant arbres et maisons,
Pareil à l'ouragan qui tonne
Il dévaste les floraisons.

Puis, reprenant son cours tranquille
De bon Tech, placide cours d'eau,
Il laisse à découvert quelque île
Où revient becqueter l'oiseau.

Le Tech ressemble à l'âme humaine
Qui parfois, distillant la haine,
Engloutit l'Amour et l'Espoir,
Et qui, dans les larmes calmée,
Se trouve conquise et charmée
Par les douces chansons du soir.

Marc Anfossi
Amélie-les-Bains, janvier 1912.

Cet écrivain oublié aujourd'hui, et sans doute de passage en cure à Amélie-les-Bains, a beaucoup publié entre 1890 et 1910. On trouve de lui de nombreux poèmes en tous genres et des romans-feuilletons pour la presse nationale ainsi que pour la jeunesse. On peut voir ci-dessous une affiche publicitaire pour un de ses romans-feuilletons à paraître dans Le Matin en 1900, Les Chevaliers du pneu.

Affiche réalisée par Raymond Tournon


Source : Amélie Journal du 11 janvier 1912 (via Bib. numérique de Perpignan, domaine public)
Photo : Fabricio Cardenas (crue du 1er décembre 2014) (CC-BY-SA)
Illustration : Affiche de Raymond Tournon (1879-1919) (via Gallica, domaine public)



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dimanche 3 août 2014

Famille nombreuse à Torreilles en 1912

En 1912, les naissances de triplés sont moins fréquentes qu'à notre époque et c'est donc encore un événement que l'on signale dans la presse. C'est ce que fait, non sans humour, le n°2 du Rappel catalan daté du 21 janvier 1912, concernant une famille de Torreilles.


Vieux papiers des Pyrénées-Orientales


Torreilles

Fécondité .- Mme Pomarède Catherine, née Palmade, âgée de 36 ans, vient de mettre au monde 3 enfants (2 garçons et une fille), qui, ainsi que la maman, se portent bien. Ce cas de fécondité, heureusement assez rare, fait que le papa, Pomarède Jacques, qui n'a pour tous biens que ses bras, se trouve actuellement avec 8 enfants à élever.
Or, si Dieu bénit les nombreuses familles, il ne les nourrit pas ; aussi, nous sommes persuadés que la municipalité, qui, du reste, s'est déjà occupée de ces braves gens, fera le nécessaire dans cette circonstance, pour leur venir en aide dans la plus large mesure possible.


Note : De nos jours les naissances de triplés ne constituent que 0,1% du total des naissances, contre à peu près 3,5% pour les jumeaux. Bien que faible, ce taux a significativement augmenté par rapport au siècle passé avec le développement des techniques de procréation.


Source : Rappel catalan du 21 janvier 1912 [domaine public] via le fonds numérisé de la Médiathèque de Perpignan
Photo : Fabricio Cardenas (CC-BY-SA)



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