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jeudi 11 décembre 2014

Le Byrrh désaltère sans débiliter en 1931

Une boisson tonique et hygiénique


Inventé en 1866, le Byrrh, apéritif à base de vins, de quinquina et d'épices divers, est indissociable de la ville de Thuir dans les Aspres. Connue pour ses campagnes de publicité dynamiques dans la première moitié du XXème siècle, la marque a depuis perdu de son aura mais reste associée au patrimoine des Pyrénées-Orientales et ses entrepôts sont encore un objet de curiosité des visiteurs de notre région.

J'ai choisi ici de retranscrire une publicité pour le Byrrh datant de 1931 et parue dans la Revue des vins et liqueurs et des produits alimentaires pour l'exportation. Moins colorée que les publicités destinées au grand public, je l'ai néanmoins trouvée intéressante pour le texte d'explication sur sa fabrication et sa consommation, destiné aux professionnels, et qui traduit bien les usages de l'époque.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
L'entrée des entrepôts Byrrh en 1909

Voici donc la retranscription de cette réclame.

BYRRH
Vin tonique et hygiénique
Maison L. Violet, à Thuir (P.-O.)
J. & S. Violet frères, successeurs

Le Byrrh est une boisson savoureuse, éminemment tonique et hygiénique.
Il est fait avec des vins vieux exceptionnellement généreux, mis au contact de quinquina et d'autres substances amères de premier choix.
Il emprunte à ces substances un arôme agréable et de précieuses propriétés cordiales ; et il doit aux vins naturels, qui seuls servent à sa préparation, une haute supériorité hygiénique sur les nombreux produits dont l'alcool est l'élément principal.
Grâce à la légitime réputation que lui ont value de pareilles qualités, le BYRRH a reçu du public l'accueil le plus empressé. Il compte aujourd'hui parmi les boissons classiques. On le trouve dans tous les établissements de consommation, ainsi que dans toutes les maisons de vente de spiritueux et de produits alimentaires.
Comme tonique hygiénique, le BYRRH se prend pur, à la dose d'un verre à Bordeaux.
Etendu d'eau fraîche ou, de préférence, d'eau de seltz, il devient une boisson qui désaltère parfaitement sans débiliter.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales

De nombreux vins et apéritifs de l'époque se targuaient de leur effet tonique et hygiénique sur leurs consommateurs. Mais le Byrrh vous offrait de surcroît l'avantage de vous désaltérer tout en restant maître de toutes vos facultés ! Le Byrrh titre tout de même 17° et il semble pourtant peu probable que l'on reste sobre après une bouteille. Cela n'empêchera pas le succès de la marque qui, en 1950, construit la plus grande cuve en chêne du monde (1 000 200 litres) dans les entrepôts de Thuir.

Sources :
Article : Revue des vins et liqueurs et des produits alimentaires pour l'exportation (vol. 56, 1931) (via Gallica [cf. lien], domaine public).
Photo : Eugène Trutat (1840-1910) en 1909, via Rosalis [bib. numérique de Toulouse], domaine public. 
Photo article : Fabricio Cardenas (CC-BY-SA)

Le site de l'entreprise : www.caves-byrrh.fr


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dimanche 7 septembre 2014

Empoignade au Conseil général en 1931

L'ambiance était quelque peu tendue au Conseil général des Pyrénées-Orientales en ce 29 avril 1931, ainsi que nous le raconte L'Ouest-Éclair (Éd. de Nantes) dans son édition du 30 avril.


Un violent incident au Conseil général des Pyrénées-Orientales
 
Perpignan, 29 avril. - Un violent incident s'est produit au Conseil général des Pyrénées-Orientales, entre M. Victor Dalbiez, sénateur-maire de Perpignan, ancien ministre, et M. Jean Payra, député S.F.I.O.

En séance, MM. Dalbiez et Payra se prirent de querelle et, après s'être injuriés copieusement, allaient se livrer à des voies de fait, quand on les sépara.

Victor Dalbiez en 1914

Jean Payra en 1929

Source : Gallica (cf. lien)
Photos :
* Titre : Fabricio Cardenas (CC-BY-SA)
* Victor Dalbiez et Jean Payra : Agence Meurisse (Domaine public)

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dimanche 23 février 2014

Un doyen des anciens combattants à Ria en 1931

Un rianenc parmi les plus vieux anciens combattants français en 1931

En 1931, le Journal des mutilés et combattants se pose la question de savoir qui est le véritable doyen des anciens combattants en France. Le titre vient d'être attribué par certains journalistes, un  peu rapidement, à un certain M. Victor Brun, âgé de 93 ans. Mais très vite, d'autres candidats se déclarent. Parmi eux, figure un vétéran originaire de Ria (aujourd'hui Ria-Sirach, près de Prades).

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales

Le Journal des mutilés et combattants
31 mai 1931

Nos doyens

Nous avions bien raison d'écrire dans un écho récent l'existence probable d'anciens combattants qui sont les aînés de M. Brun, âgé de 95 ans. C'est ainsi que l'on signale M. Baptiste Taurinya, né en 1833 à Ria (Pyrénées-Orientales), ancien combattant de Crimée, blessé à Inkermann, pensionné de guerre et médaillé militaire.
Un de nos camarades nous indique de son côté son grand-oncle, M. Etienne Meynier, à Jallien (Isère), né en 1835, ancien combattant de la campagne d'Italie, médaillé militaire depuis le 1er janvier 1931 seulement.
Heureusement pour lui, M. Meynier a pu attendre.

Durant quelques jours, Baptiste Taurinya devient le nouveau doyen des anciens combattants. Né en 1833, il a donc approximativement 98 ans en 1931. La bataille d'Inkerman a lieu durant la guerre de Crimée le 5 novembre 1854 et oppose une coalition franco-britannique aux armées russes, qui  seront vaincues. Les pertes ce jour-là furent relativement limitées du côté Français, en comparaison avec celles des Russes.  Taurinya n'a alors que 21 ans lors de cette bataille. Venant d'un petit bourg rural (1000 habitants en 1851), il n'est pas garanti qu'il ait su s'exprimer correctement en français avant d'être enrôlé, le catalan ayant sûrement été sa langue maternelle. Ce fut sans doute également le cas des blessés que j'évoquais ailleurs concernant la campagne d'Italie en 1859.

Mais revenons à nos doyens. L'enquête se poursuit et de nouveaux candidats potentiels pour le titre suprême sont découverts. Un mois après l'article figurant ci-dessus, le palmarès semble établi. Deux centenaires viennent détrôner notre vétéran rianenc, qui se retrouve sur la troisième marche du podium.

Le Journal des mutilés et combattants
28 juin 1931


Qui est le doyen ?

Nous le pensions bien. L'attribution par de nombreux journaux du titre de doyen des anciens combattants à M. Victor Brun a fait surgir de nombreuses candidatures. A vrai dire, elles ne sont jamais personnelles, mais présentées par un proche du candidat. Ainsi y trouve-t-on, à côté d'une exceptionnelle et magnifique longévité, le plus joli témoignage d'affection filiale et familiale.
Tous leurs cadets s'associeront donc d'autant plus volontiers à ces témoignages qu'ils vont uniquement à des anciens combattants aux titres les plus certains. Et ils seront sans doute heureux d'en connaître une première liste, car nous ne doutons qu'il y aura d'autres compétiteurs vigoureux, c'est bien le cas de le dire, puisqu'il s'agit là de nonagénaires dont on se plaît à signaler l'excellente santé.
Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Les deux doyens

M. Victor Brun, d'Avranches — à lui l'honneur — est né le 8 mars 1840. Blessé à Solférino le 24 juin 1859, il est amputé d'un bras. Malgré ses 91 ans, c'est presque un bleu.
Le général de Ferron, un ancien de Marignan et de Solférino voyait récemment célébrer ses 93 ans. M. Mathieu Boniface, de Lalindre, Dordogne, est né le 14 août 1837. Il aura bientôt 94 ans. C'est aussi un ancien de la campagne d'Italie avec le 71e R.L. MM. Romain Thorel, de Longueville-sur-Loire (S.-L.) et Etienne Meynier, de Gallien (Isère), deux anciens encore de la campagne d'Italie, sont nés en 1835. Ils prennent avec leurs 96 ans une sérieuse avance.
Mais voici M. Baptiste Taurinya, né à Ria (P.-O.) en 1833. Ancien combattant de Crimée, blessé à Inkermann, pensionné de guerre, 98 ans. Et encore un combattant de Crimée, M. André Castagnet, de Lagarde, près de Château-Salins. Il a 100 ans depuis le 11 juin dernier. Le 11 août 1914, à 82 ans, il se dévouait encore aux blessés des combats livrés devant et dans le village de Lagarde.
Cent ans ! Et vous pensez peut-être que c'est le doyen. Mais il y a encore — nous pensons bien qu'il vit toujours depuis l'article que nous publions l'an dernier à son sujet, il y a donc M. Antoine Bernardi, né à Ortiforio (Corse), le 22 mai 1831, combattant de Sébastopol, où il fut fait prisonnier. Et sans doute est-il aussi le doyen des A.P.G.

Personne jusqu'alors n'a ravi le titre de doyen à Antoine Bernardi.
Et à tous, nous souhaitons de rester le plus longtemps possible sur leurs positions respectives.
Mais nous faisons le voeu aussi que l'on n'oublie pas plus longtemps certains d'entre eux. Croirait-on que l'on vient tout juste d'accorder la médaille militaire à MM. Thorel et Meynier et que les deux doyens véritables, nos deux centenaires : André Castanet et Antoine Bernardi ne l'ont pas encore.
Et nous ne vous garantissons pas qu'ils ont tous la carte de combattant. En attendant, félicitons-les de donner aux jeunes l'exemple de la durée. Cela fera enrager le ministère des Finances.

Les éditions successives de ce périodique ne nous donnent pas de nouvelles sur ce que sont devenus tous ces valeureux vétérans. Peut-être quelqu'un sait-il à quel âge a disparu Baptiste Taurinya, voire même quelles furent la nature de ses blessures lors de la guerre de Crimée ? Peut-être a-t-il fini par obtenir le titre de doyen si ses deux aînés sont morts avant lui. Je n'ai rien retrouvé sur eux non plus.

Sources : Le Journal des mutilés et combattants [domaine public] (via Gallica, cf. liens)
Photos : Fabricio Cardenas


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