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samedi 27 mai 2017

Corbère le 10 juin 1815

Je poursuis avec la commune de Corbère mes retranscriptions concernant les archives de la période des Cent-Jours en 1815 dans le département des Pyrénées-Orientales. Nous allons voir qu'à l'instar de la plupart des communes déjà traitées, le maire de Corbère a dû, lui aussi, laisser sa place à un sujet sans doute plus fidèle à l'Empereur en ce 10 juin 1815.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
La nouvelle mairie de Corbère


Note : il me manque la fin du document, donc je n'ai pas pu constater si les maires ancien et nouveau savaient signer, les cas d'illettrisme  étant encore fréquents à cette époque, même parmi les élus.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Nous soussignés Membres du Conseil Municipal
de la Commune de Corbere...


Commune de Corbère

L'an Mille huit cens quinze et le dix du Mois de juin
Nous soussignés Membres du Conseil Municipal
de la Commune de Corbere assembles à la Maison
Commune d'après l'invitation de Monsieur Llech
Sébastien Maire pour nous assembler, [ci étant]
Mr le Maire nous a communiqué qu'il est
remplacé par Joseph Pons Tixador nommé Maire
par l'assemblee primaire, M Boniface Roig adjoint
nommé aussi par l'assemblée primaire
qui a eu lieu le vingt cinq mai dernier, [y ont]
obtenu plus que la moitié des votes, et que
d'après l'arrete de M le prefet en datte du
trois juin les dits Pons Tixador et Boniface Roig
doivent etre installes, et par consequent preter
le serment prescrit par l'article 56 du Senatus
Consulte du 28 floreal an douze, et tout de suite
ont aussi comparu les sudits Pons Tixador Joseph
et Roig Boniface qui ont preté le serment
qui suit je jure obeissance aux constitutions
de l'Empire et fidelité à l'Empereur...


Le secrétaire ayant enregistré les événements est inconnu, mais il écrit correctement et sans fautes (par rapport à l'orthographe de l'époque). Seuls les accents sont absents la plupart du temps, mais c'est souvent le cas dans les manuscrits de ce temps-là.

Le maire sortant, Sébastien Llech, était en place depuis 1808, donc durant toute la deuxième moitié du Ier Empire et également sous le début du règne de Louis XVIII. Peut-être a-t-il été trop favorable à la Restauration, ce qui expliquerait alors son évincement au profit de Joseph Pons Tixador. Ce dernier est lui-même révoqué dès le retour de Louis XVIII après la fin des Cent-Jours quelques semaines plus tard et remplacé par un certain Pierre Roig.

Notons que la famille Llech est à l'origine de plusieurs maires de Corbère jusqu'à la fin du 19e siècle, dont Sébastien est le premier représentant. On trouve 2 Sébastien, 2 Valentin et 1 Joseph.

Source : ADPO, 2M37
Liste des maires : MairesGenWeb
Photos : Fabricio Cardenas [cc-by-sa]



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dimanche 25 octobre 2015

Un ministre à Ille-sur-Têt en 1893

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Charles Dupuy
En 1893, nous sommes sous la Troisième République. Le président de la République est Sadi Carnot et le président du Conseil (l'équivalent du Premier ministre de nos jours) Charles Dupuy (1851-1923). Hors, on peut justement lire dans le journal La Lanterne du 7 octobre 1893 que le dit Charles Dupuy est en déplacement à Ille-sur-Têt, à l'époque une petite ville des Pyrénées-Orientales d'une population de 3300 habitants. Que vient-il donc y faire ?

Voyage de M. Dupuy

L'arrivée du Ministre à Ille-sur-Têt
Ille-sur-Têt, 5 octobre .- M. Charles Dupuy, président du Conseil, est arrivé à Ille-sur-Têt cette après-midi à trois heures.
Il a été reçu sur le quai de la gare par M. Baux, maire, M. Sauvy, conseiller général, les conseillers d'arrondissement, le Conseil municipal et les membres de sa famille.
A la mairie, le maire a lu une délibération conférant à M. Dupuy le titre de citoyen d'Ille-sur-Têt.
Le président du Conseil a remercié et a signé sur le registre des délibérations.
M. Sauvy, conseiller général, a engagé M. Dupuy a soutenir les intérêts de la viticulture en ce moment dans le marasme.
M. Dupuy a promis son concours et s'est rendu au domicile de son beau-père, où il restera quelque temps.

Charles Dupuy, surnommé « le pachyderme » à cause de sa corpulence, est un auvergnat, originaire du Puy-en-Velay, en Haute-Loire. Républicain modéré, au moment des faits en 1893, il a déjà été député de son département d'origine et ministre de l'Instruction publique et des Cultes. Il est président du Conseil depuis le mois d'avril 1893. A priori rien à voir avec les Pyrénées-Orientales.

Mais durant son début de carrière, Charles Dupuy, agrégé de philosophie, a été enseignant puis inspecteur d'académie. C'est alors qu'il est en poste à Ajaccio (Corse), depuis 1883, qu'il rencontre sa future épouse. Antoinette Laborde est une jeune veuve, déjà mère d'une jeune fille, et issue d'une famille de notables d'Ille-sur-Têt. Le couple se marie en 1888 et c'est ainsi que Charles Dupuy est amené à découvrir les Pyrénées-Orientales, et plus particulièrement Ille-sur-Têt, où se trouve sa belle-famille, ainsi que le signale l'article de La Lanterne.

Devenu un des premiers personnages de l'Etat, il est donc logique de lui prévoir un comité d'accueil à la gare d'Ille et d'en profiter pour le déclarer citoyen de la commune ! Tout cela n'a sûrement pas coûté grand chose et a permis au final de faire parler d'Ille-sur-Têt jusque dans les journaux parisiens. Quoi qu'il en soit, Charles Dupuy est en tout cas sensible aux marques d'attention qu'il reçoit ce jour-là, déclarant alors qu'il se considère comme le « cinquième député du Roussillon » !

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
La gare d'Ille au début du 20ème siècle
Par la suite, Charles Dupuy va être président du Conseil sous quatre présidents de la République, dont deux meurent en fonction (Sadi Carnot, assassiné, et Félix Faure, dans les bras de sa maitresse). Il subit un attentat anarchiste au parlement (et sa fameuse phrase « La séance continue ! »), vit les remous de l'affaire Dreyfus, condamné en 1894, et est élu sénateur de la Haute-Loire de 1900 jusqu'à la fin de sa vie. Durant ses dernières années, il s'installe définitivement dans les Pyrénées-Orientales, et c'est donc à Ille-sur-Têt qu'il meurt le 23 juillet 1923.

Note : Le maire cité dans l'article est François Baux, maire d'Ille de 1881 à 1894. Le conseiller général du canton de Vinça est le républicain Alfred Sauvy, élu de 1886 à 1894.

Note 2 : Le nom officiel de la commune à l'époque est simplement Ille. Il faut attendre 1953 pour que celui-ci devienne Ille-sur-Têt. Pourtant, l'article montre bien que cette dénomination est déjà utilisée à l'époque, y compris par la mairie.

Sources
Article : La Lanterne du 7 octobre 1893 [domaine public] via Gallica (cf. lien)
Compléments biographiques : Nouveau dictionnaire de biographies roussillonnaises
Toponymie : Jean-Pierre Pélissier, Paroisses et communes de France : Pyrénées-Orientales, CNRS, 1986
Illustrations
Portrait : auteur inconnu, fin 19ème ou début 20ème siècle [domaine public]
Gare d'Ille-sur-Têt : Carte postale début 20ème siècle [domaine public]

A voir aussi : Biographie sur le site de L'association fraternelle des anciens et anciennes élèves du lycée Charles et Adrien Dupuy.


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jeudi 14 mai 2015

Création de Corbère-les-Cabanes en 1856

Sur la carte de Cassini (XVIIIème s.), on peut voir Corbère et "Les Cabanes".
Le petit hameau des Cabanes naît au XVIème siècle au nord-est de Corbère, en Ribéral, et se développe au siècle suivant, jusqu'à prendre un peu d'importance et finir par demander son indépendance par rapport à sa commune d'origine au cours du XIXème siècle.

C'est chose faite le 14 mai 1856, date à laquelle est promulguée par Napoléon III la loi créant la commune de Corbère-les-Cabanes par détachement de la commune de Corbère. Voyons le détail du texte de loi.

N°3586 - Loi portant que la section des Cabanes est distraite de la commune de Corbère (Pyrénées-Orientales)  et érigée en commune distincte, sous le nom de Corbère-les-Cabanes.


Du 14 mai 1856

NAPOLÉON, par la grâce de Dieu et la volonté nationale, EMPEREUR DES FRANÇAIS, à tous présents et à venir, SALUT.

AVONS SANCTIONNÉ et SANCTIONNONS, PROMULGUÉ et PROMULGUONS ce qui suit :


LOI


Extrait du procès-verbal du Corps législatif

LE CORPS LÉGISLATIF A ADOPTÉ LE PROJET DE LOI dont la teneur suit :

ART. Ier. La section des Cabanes, dont le territoire est indiqué par une teinte brique sur le plan annexé à la présente loi, est distraite de la commune de Corbère, canton de Millas, arrondissement de Perpignan, département des Pyrénées-Orientales, et érigée en commune distinctte, sous le nom de Corbère-les-Cabanes.
Le chef-lieu de cette commune est fixé aux Cabanes.
En conséquence, la limite entre les communes de Corbère-les-Cabanes et Corbère est établie conformément au tracé de la ligne aurore dudit plan.
2. Les dispositions qui précèdent auront lieu sans préjudice des droits d'usage ou autres qui pourraient être respectivement acquis.
(...)
Fait au palais des Tuileries, le 14 mai 1856.

Signé NAPOLÉON
Par l'Empereur :
Le Ministre d' état,
Signé Achille Fould

Vu et scellé du grand sceau :
Le Garde des sceaux, Ministre secrétaire d'état
au département de la justice,
Signé Abbatucci.

Avant la séparation, la commune de Corbère avait une superficie de 1139 hectares. Avec la création de Corbère-les-Cabanes, elle en perd 414, tombant ainsi a une nouvelle superficie de 725 hectares.
Concernant la population, Corbère compte 1481 habitants en 1851. Le recensement suivant, en 1856, ne donne plus que 997 habitants pour Corbère, soit 484 de moins, alors que Corbère-les-Cabanes, dont c'est le premier recensement distinct, compte désormais 496 habitants. De nos jours la situation a bien changé, puisque l'on ne trouve plus en 2012 que 717 habitants à Corbère pour 1125 à Corbère-les-Cabanes.

Sources :
Texte de loi : Bulletin des lois de la République française de mai 1856 (via Gallica) (domaine public)
Autres infos :
Notices Cassini de Corbère et Corbère-les-Cabanes.
Jean-Pierre Pélissier, Paroisses et communes de France : dictionnaire d'histoire administrative et démographique, vol. 66 : Pyrénées-Orientales, Paris, CNRS,‎



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samedi 6 décembre 2014

Un homme heureux à Bouleternère en 1891

L'Indépendant de Mascara (bihebdomadaire d'Algérie) du 21 mai 1891 nous rapporte le cas d'un héritage inespéré ayant bénéficié à un pauvre agriculteur de Bouleternère, en Ribéral.

Un homme heureux . - Un pauvre cultivateur de Bouleternère (canton de Vinça), nommé Adroher, vient d'hériter un million d'un de ses oncles M. Commes, récemment décédé. De plus, il devient propriétaire de plusieurs maisons que M. Commes possédait à Perpignan. Dans un de ces immeubles sis au quartier Saint-Mathieu, Adroher a, dit-on, trouvé plusieurs liasses de billets de banques, pour une valeur de 62,000 fr., que son oncle, un véritable Harpagon, avait cachées sous des briques.
Lorsque le notaire lui a appris cette bonne nouvelle Adroher a été saisi d'étonnement. Pour un homme heureux, voilà un homme heureux.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Le village de Bouleternère.

Pour rappel, concernant d'autres histoires concernant Bouleternère c'est ici en 1815 et là en 1891.

Source : L'Indépendant de Mascara. Radical autonomiste. Paraissant le jeudi et le dimanche  du 21 mai 1891 (via Gallica, cf. lien) [domaine public]
Photo : Meria z Geoian (via Wikimedia Commons, CC-BY-SA)



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mardi 18 novembre 2014

Des guérisseurs à Vivès en 1882

C'est l'histoire d'un drame d'apparence banale que nous relate le quotidien L'Espérance du 4 janvier 1882. Mais grâce à ce fait divers, c'est également un type d'information rarement écrite qui est parvenu jusqu'à nous. En effet, les familles de guérisseurs sont souvent connues localement mais leur réputation se fait généralement par le bouche à oreille et leur souvenir se perd alors avec l'ensemble du savoir oral au gré des générations. Le journaliste de l'époque a sans doute tenu à leur rendre hommage.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Le centre de Vivès
Palalda, 2 janvier.

Dans le courant de la semaine dernière, un homme originaire de Serrallongue, garçon muletier à la métairie Aldaï, territoire de Palalda - suivait sur la grand-route, entre Céret à Amélie-les-Bains, une lourde charrette chargée de farine.
Chemin faisant, tout en causant avec le charretier, il fit un faux pas, tomba sous le véhicule, et une roue lui broya la jambe droite.
On mit le pauvre estropié sur la charrette et on le conduisit à la métairie Aldaï, laquelle appartient à la famille de Lourdoueix.
Lorsqu'il fut reposé, on le porta à Vivès, chez MM. Noé. De père en fils, les Noé reçoivent le don de remettre les fractures.
Il parait cependant que pour ce pauvre malheureux, l'amputation deviendra nécessaire, tellement sont broyés les os de sa jambe.
Les Noé, aussi bien ceux de Vivès que ceux de St-Michel-de-Llotes, rendent d'admirables services dans le département ; non-seulement ils n'acceptent aucune rémunération, mais ils donnent bien souvent des secours aux malheureux qui viennent implorer leur guérison.

On imagine sans mal la souffrance de ce pauvre muletier qu'il a fallu ramener chez lui avant de se décider à le porter de Palalda à Vivès (16 km de nos jours) pour sans doute au final le ramener ailleurs pour une amputation.

La métairie Aldaï est aujourd'hui mentionnée sur la carte IGN  sous le nom de Mas Alday et se trouve en bas de Palalda, près du Tech. Palalda est encore une commune à cette époque, n'étant fusionnée avec Amélie-les-Bains qu'en 1942. Serralongue, village d'origine du muletier, se trouve plus haut en Vallespir.

La famille Noé de Vivès, dans les Aspres, a donné plusieurs maires à la commune, dont le plus connu, Joseph, maire de 1884 à 1902, a également été conseiller général du canton de Céret. Il y a aussi un Dominique Noé vers 1814 et un Jacques Noé de 1919 à 1921.

A Saint-Michel-de-Llotes, en Ribéral, un certain Dominique Noé a aussi été maire de 1830 à 1848 puis de 1852 à 1867.

Ces familles de guérisseurs existent-elles encore de nos jours ? L'annuaire ne montre plus de Noé dans ces deux communes, bien que l'on en trouve encore dans les environs. Cela ne veut pas dire qu"il ne sont plus présent en ces deux endroits ni que leur talent ne ce soit transmis sous un autre nom ou ailleurs. Seuls des habitants de Vivès ou Saint-Michel-de-Llotes pourraient nous en dire plus ?

Sources :
* Article de L'Espérance : Fonds numérisé de la Bibliothèque de Perpignan  [domaine public]
* Maires de Vivès : De Vivers à Vivès : du 2ème au 3ème millénaire, mémoires d'un village, Vivès, Mairie de Vivès,‎ 1999
* Maires de  Saint-Michel-de-Llotes : MairesGenWeb
Photo : Fabricio Cardenas [CC-BY-SA]

Pour rappel, dans ce même numéro du quotidien L'Espérance : les agissements anti-cléricaux du maire de Pollestres en 1881.


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mercredi 27 août 2014

Rixes en Ribéral en 1892

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Beaucoup d'appelés et peu d'élus
La politique semble avoir été un sujet sensible lors des élections à Saint-Féliu-d'Amont et à Saint-Féliu-d'Avall, ainsi qu'en témoigne une dépêche publiée dans le quotidien Gil Blas (Paris) du 26 août 1892.

Perpignan, 24 août .- Un orage très violent s'est abattu aujourd'hui sur le département. La pluie tombe à torrent. A Rivesaltes, la foudre a détérioré une maison.

- Des rixes sanglantes ont lieu presque journellement dans diverses communes du canton de Millas. A Saint-Féliu-d'Avail, un homme a été assommé ; à Saint-Féliu-d'Amont, la femme du maire a été violemment frappée.
Des coups ont été échangés entre divers groupes de jeunes gens.
Ces rixes sont provoquées par des haines politiques résultat de la dernière campagne électorale, qui a été très violente.

Source : Gil Blas du 26 août 1892 [domaine public] via Gallica (cf. lien)
Illustration : Caricature anonyme, Gosselin Éditeur (Paris), 1848 [domaine public], via Gallica



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jeudi 31 juillet 2014

Vent violent de Fitou à Millas en février 1892

Un train soufflé par le vent

En février 1892, le vent violent provoque des accidents en série dans le département, allant jusqu'à renverser un train au bord de l'étang de Salses-Leucate et une charrette à Millas. Ces faits sont relayés dans la presse nationale.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
L'étang de Salses-Leucate

Dépêche parue dans le Figaro du 14 février 1892.

- PERPIGNAN, 13 février. - La violence du vent qui souffle depuis quelques jours a redoublé ce matin. Sur plusieurs points des poteaux télégraphiques ont été renversés, des arbres déracinés, des cheminées abattues.

De nombreux accidents se sont certainement produits sur tous les points du département; on n'en signale encore que deux. A dix heures, sur la ligne de Perpignan à Narbonne, un train de marchandises a été culbuté près de Fitou ; la locomotive est restée debout, mais les wagons ont été précipités dans la tranchée qui borde la voie ; quelques-uns ont même roulé jusque dans l'étang de Leucate. Le mécanicien et le chauffeur n'eurent aucun mal, mais le serre-frein placé dans le dernier wagon a été fortement contusionné. La voie reste interceptée et la circulation est interrompue entre Narbonne et Perpignan et l'Espagne. Une machine de secours, emportant le matériel nécessaire au déblaiement, a quitté Perpignan à midi, emmenant une escouade sous la conduite de M. l'ingénieur Dupuy. La Compagnie du Midi espère que la circulation sera rétablie vers sept heures du soir, si la violence de la tempête ne contrarie pas trop les efforts des employés.

A Millas, un autre accident s'est produit. Deux charrettes, appartenant à M. Camille Gouzy, propriétaire, passaient sur le pont de la Têt, avec un chargement de fourrage, lorsqu'elles furent précipitées dans la rivière, d'une hauteur de 10 mètres. Les chevaux furent tués dans la chute. Les conducteurs, qui marchaient à côté de ces charrettes, n'eurent aucun mal.

Les numéros de la semaine suivante du Figaro ne mentionnent pas d'autres incidents.

Source : Gallica (cf. lien)
Photo : Fabricio Cardenas (CC-BY-SA)



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vendredi 27 juin 2014

Menace de guillotine à Ansignan en 1877

Gare à ceux qui voteront contre le candidat choisi par la police !

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales

Les élections législatives de 1877 furent très agitées dans le département et les incidents nombreux, souvent le fait des autorités exerçant diverses pressions pour défendre les candidats conservateurs, ainsi qu'on l'a déjà vu pour Rivesaltes cette même année. La tension est palpable puisque l'on peut voir ci-dessous qu'on envoie l'armée à Pézilla-la-Rivière alors qu'il ne s'y passe rien, tandis que les forces de police d'Ansignan prennent ouvertement position pour les conservateurs.

Le Rappel du 21 octobre 1877
On signale à l'Indépendant des Pyrénées-Orientales les faits les plus graves de pression, d'intimidation et d'irrégularités dans les opérations électorales :
Hier, dit notre confrère, le bruit a couru à Perpignan que des troubles avaient éclaté à Pezilla-la-Rivière. En effet, une compagnie de chasseurs à pied en tenue de campagne et avec fourgons d'ambulances a été envoyée vers quatre heures du soir dans cette commune. Mais quand la force armée est arrivée avec le juge d'instruction, la commune se trouvait dans l'état le plus calme, malgré toutes les provocations dont les électeurs républicains avaient été l'objet. C'était une fausse alerte.

Le même journal publie la lettre suivante :
Un fait inqualifiable de pression et d'intimidation administrative a été commis en la commune d'Ansignan, canton de Saint-Paul. Le commissaire de police du canton, ceint de son écharpe en sautoir, a, dans un rassemblement sur la place publique de ladite commune, prononcé les paroles suivantes : «Si vous ne votez pas demain pour le candidat du maréchal, vous aurez après-demain la guillotine sur la place, et gare à ceux qui voteront contre! »
Nous devons à la vérité de dire que certains témoins n'ont pu s'empêcher de manifester leur dégoût et leur indignation. C'est le sous-comité républicain de Saint-Paul qui porte ces faits à la connaissance du comité central.

Note : Le sous-comité cité est celui de la commune de Saint-Paul-de-Fenouillet, située à proximité d'Ansignan.


Source : Gallica (DP)
Photo : Fabricio Cardenas, CC-BY-SA

Tous les articles de ce blog sur le thème des élections sont à relire ici.

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dimanche 9 février 2014

Bouleternère, le 1er juin 1815

Changement de maire à Bouleternère en 1815

Retranscription pour la mairie de Bouleternère (orthographe et accentuation fidèles au document).

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales


Commune de Bouleternere

Extrait du registre  des délibérations de la commune de Bouleternere.

Cejourd'huÿ Premier juin de l'an mil huit cent quinze nous soussigné maire de la commune de Bouleternere, 3e arrondissement du département des Pÿrennées Orientales d'après l'arrêté de Mr le Prefet de ce departement en date du 27 dernier et les ordres de Mr le sous-prefet dans sa lettre du 29 du même mois qui nomme Mrs Jean Marmer Pere et Joseph Coste maire et adjoint de la commune de Bouleternere élus par l'assemblée primaire de la dite commune le 21 mai dernier, se sont presentés devant nous les dits sieurs Marmer Pere et Joseph Coste afin d'être installés dans leur dite place ; lesquels pour satisfaire a l'article 56 du Senatus Consulte du 28 floreal an 12 ont porté le serment suivant "Je jure obeissance aux constitutions de l'empire et fidelité a l'empereur" après le dit serment Mr le maire leur leur a remis l'écharpe et autres objets relatifs a leur place et les a installés dans leur fonctions de tout quoi a été dressé le présent que nous avons signé avec les dits sieurs Jean Marmer maire et Joseph Coste adjoint. Signé Marmer, Jh Coste, Guirÿ maire.

Pour copie conforme

[Signature]
Marmer maire

[Texte barré]
Vü la délibération ci dessus
Le sous-prefet de l'arrondt de Prades
Estime qu'il y a lieu d'approuver la nomination

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales


Commentaires

En 1806, Bouleternère compte 730 habitants (859 en 2011).

Le maire, Guiry, est remplacé par Jean Marmer en 1815.
L'acte est une copie, donc nous ne disposons que de la belle signature du nouveau maire, ce qui prouve qu'il sait écrire.
Guiry (ou Guyri) et Coste sont cités parmi les noms les plus communs à Bouleternère en 1841.
La liste des maires fournie par le site MaireGenWeb se révèle, au vu de ce document, comme étant incomplete, bien que la source affichée semble être la mairie de Bouleternère elle-même. Cela nous permet tout de même d'avoir le nom complet du maire sortant, Athanase Guiry, maire de 1799 à 1821 d'après cette source. On ne peut savoir pour l'instant si le mandat de Jean Marmer n'a duré que le temps des Cent-jours. En tout cas cela montre une disgrâce momentanée de Guiry qui s'était peut-être montré trop favorable à la restauration de la monarchie en avril 1814. Il est donc possible que Guiry ait retrouvé sa fonction dès la fin des Cent-Jours, en juillet 1815, auquel cas Marmer ne serait resté maire que deux mois, ce qui peut expliquer l'oubli de ce maire éphémère par la mairie de Bouleternère elle-même dans son récapitulatif.


Source : ADPO, 2M37
Photos : Fabricio Cardenas



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mercredi 29 janvier 2014

Incendie de l'église de Bouleternère en 1891

La foudre frappe l'église de Bouleternère en 1891

Un petit article ironique trouvé dans Le Rappel du 2 juin 1891. Ce quotidien compte parmi ses fondateurs en 1869 un certain Victor Hugo.

Un violent orage a éclaté hier dans les Pyrénées-Orientales. La foudre a dévasté l'église de Bouleternère. Le presbytère a été incendié.
Les maisons des pêcheurs de la commune ont toutes été épargnées.
Le Très-Haut a de ces distractions.


Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Les églises de Bouleternère

Commentaires

On aura compris au ton anticlérical de cette brève que les pêcheurs de Bouleternère, village situé au pied des Aspres, ne s'occupent pas de poissons. Le nom de l'église n'est pas donné et Bouleternère en possède deux au sein du village :  la nouvelle église Saint-Sulpice, construite au 17ème siècle, et l'ancienne église romane du même nom connue pour son clocher-donjon. Il s'agit sûrement en fait d'un incendie des deux bâtiments. En effet, non seulement l'ancienne église a été transformée en presbytère mais en plus elles sont contigües.

Source : Le Rappel du 2 juin 1891 via Gallica (cf. lien) 
Photo : Meria z Geoian [cc-by-sa]


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samedi 18 janvier 2014

Baho, le 23 juin 1815

Changement de maire à Baho en 1815

Retranscription pour la mairie de Baho (orthographe et accentuation fidèles au document). Quelques mots ou noms sont peu lisibles, ils sont entre crochets.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Signatures du nouveau maire et du maire sortant devenu adjoint

Baho

Nous soussigné Antoine Morat maire de la commune de Baho assisté de Joseph Doyat [ou Dozat] ainsi que du Conseil municipal [...] réuni aujourd'hui vingt trois du mois de juin de l'an mil huit cents quinze à une heure après midi à la maison commune à l'effet d'installer en qualité de Maire de la commune le sieur François Sauret fils cultivateur d'après l'arreté de monsieur le prefet en datte du dix sept juin de la courante année lequel a preté un serment de fidelité aux Constitutions de l'empire et à sa majesté l'empereur et au même instant séance [suivante] le dit sieur François Sauret maire à procedé à l'installation du sieur Antoine Morat nommé par le même arrêté pour remplir la fonction d'adjoint lequel à prononcé en notre presence qu'il jure  fidélité aux Constitutions de l'empire et à sa majesté l'empereur ainsi fait et clos les jour mois et an que dessus.  ./.

[Signatures]
Sauret fils maire
Morat adjoint
Betlloch
[Bajès]
Troujio
Morat
Sauret

Commentaires

La population de Baho est de 515 habitants en 1806.
Le maire en place quitte sa fonction et devient adjoint tandis qu'un nouveau maire est nommé.
Sauret et Morat sont cités parmi les noms les plus courants à Baho au 19ème siècle. On trouve d'ailleurs  deux autres membres du conseil municipal portant ces noms. Le nom du conseiller municipal Troujio ressemble à une francisation sauvage de l'espagnol Trujillo.


Source : ADPO, 2M37
Photo : Fabricio Cardenas


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