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samedi 15 novembre 2014

Tuée par la foudre à Caixas en 1892

La Lanterne (Paris) du 5 octobre 1892 nous informe d'un drame ayant eu lieu à Caixas, dans les Aspres, en raison d'un violent orage. Caixas comprend 335 habitants en 1892, pour 128 recensés en 2011.

Victime de la foudre

Perpignan, 3 octobre. - Hier matin, vers 6 heures 1/2, un orage violent s'est abattu sur Caixas. La foudre est tombée sur la métairie Liardeu et a tué une journalière de Calmeilles, nommée Rose Panicot, qui se trouvait sur le seuil de la porte. Trois autres personnes qui se trouvaient près de là n'ont eu aucun mal. Les dégâts causés par la foudre sont assez importants.

La métairie mentionnée dans l'article est située au nord-est de Caixas et est indiquée de nos jours sur la carte IGN sous le nom de Mas d'en Llardeu, devenu un hameau.
L'infortunée journalière est originaire de Calmeilles, commune frontalière de Caixas sur sa limite sud.

Source : Gallica (cf. lien)
Carte : Géoportail (IGN)

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mardi 14 octobre 2014

Mort tragique à la mairie de Banyuls-sur-Mer en 1892

Le journal Le Grelot du 28 février 1892 nous rapporte un tragique fait divers ayant eu lieu dans la mairie même de Banyuls-sur-Mer.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
La mairie de Banyuls-sur-Mer.

Lu dans la Petite République :
« Un vieux mendiant, recueilli à l'asile de nuit de Banyuls-sur-Mer, dans le sous-sol de la mairie, y a été oublié pendant trois jours. On l'a retrouvé mort de froid et de faim. »

Si l'on soigne ainsi les gens qui sont recueillis dans les asiles, jugez du sort réservé à ceux qu'on ne recueille pas !...



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mercredi 27 août 2014

Rixes en Ribéral en 1892

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Beaucoup d'appelés et peu d'élus
La politique semble avoir été un sujet sensible lors des élections à Saint-Féliu-d'Amont et à Saint-Féliu-d'Avall, ainsi qu'en témoigne une dépêche publiée dans le quotidien Gil Blas (Paris) du 26 août 1892.

Perpignan, 24 août .- Un orage très violent s'est abattu aujourd'hui sur le département. La pluie tombe à torrent. A Rivesaltes, la foudre a détérioré une maison.

- Des rixes sanglantes ont lieu presque journellement dans diverses communes du canton de Millas. A Saint-Féliu-d'Avail, un homme a été assommé ; à Saint-Féliu-d'Amont, la femme du maire a été violemment frappée.
Des coups ont été échangés entre divers groupes de jeunes gens.
Ces rixes sont provoquées par des haines politiques résultat de la dernière campagne électorale, qui a été très violente.

Source : Gil Blas du 26 août 1892 [domaine public] via Gallica (cf. lien)
Illustration : Caricature anonyme, Gosselin Éditeur (Paris), 1848 [domaine public], via Gallica



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jeudi 31 juillet 2014

Vent violent de Fitou à Millas en février 1892

Un train soufflé par le vent

En février 1892, le vent violent provoque des accidents en série dans le département, allant jusqu'à renverser un train au bord de l'étang de Salses-Leucate et une charrette à Millas. Ces faits sont relayés dans la presse nationale.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
L'étang de Salses-Leucate

Dépêche parue dans le Figaro du 14 février 1892.

- PERPIGNAN, 13 février. - La violence du vent qui souffle depuis quelques jours a redoublé ce matin. Sur plusieurs points des poteaux télégraphiques ont été renversés, des arbres déracinés, des cheminées abattues.

De nombreux accidents se sont certainement produits sur tous les points du département; on n'en signale encore que deux. A dix heures, sur la ligne de Perpignan à Narbonne, un train de marchandises a été culbuté près de Fitou ; la locomotive est restée debout, mais les wagons ont été précipités dans la tranchée qui borde la voie ; quelques-uns ont même roulé jusque dans l'étang de Leucate. Le mécanicien et le chauffeur n'eurent aucun mal, mais le serre-frein placé dans le dernier wagon a été fortement contusionné. La voie reste interceptée et la circulation est interrompue entre Narbonne et Perpignan et l'Espagne. Une machine de secours, emportant le matériel nécessaire au déblaiement, a quitté Perpignan à midi, emmenant une escouade sous la conduite de M. l'ingénieur Dupuy. La Compagnie du Midi espère que la circulation sera rétablie vers sept heures du soir, si la violence de la tempête ne contrarie pas trop les efforts des employés.

A Millas, un autre accident s'est produit. Deux charrettes, appartenant à M. Camille Gouzy, propriétaire, passaient sur le pont de la Têt, avec un chargement de fourrage, lorsqu'elles furent précipitées dans la rivière, d'une hauteur de 10 mètres. Les chevaux furent tués dans la chute. Les conducteurs, qui marchaient à côté de ces charrettes, n'eurent aucun mal.

Les numéros de la semaine suivante du Figaro ne mentionnent pas d'autres incidents.

Source : Gallica (cf. lien)
Photo : Fabricio Cardenas (CC-BY-SA)



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lundi 28 juillet 2014

Séances d'hypnose à Céret en 1892

Un garçon coiffeur de Céret très étonnant


Le philosophe et médium Émile Boirac (1851-1917) publie dans L'avenir des sciences psychiques (éditions Alcan) en 1917 le témoignage de Jean B., instituteur à Perpignan et qui se rappelle l'époque où il était en poste à Céret. Il semble que l'un des garçons coiffeurs de l'époque ait eu des dons extraordinaires de vue extra-lucide. Peut-être certains de mes lecteurs arriveront-ils à identifier précisément les lieux et les personnes cités ? Les prénoms et les initiales véritables ont été conservés, d'après l'auteur, et le salon de coiffure était situé rue Saint-Ferréol.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Émile Boirac
Le texte est un peu long mais mérite d'être lu en entier car les expériences sont étonnantes et semblent démontrer les talents  de voyance de ce jeune cérétan.

Note : J'ai remonté les notes de bas-de-page pour une meilleure compréhension du texte.

» Au mois d'août 1892, j'étais alors instituteur à Céret, un hypnotiseur de passage donna une séance d'hypnotisme dans un café de cette ville. Un jeune homme de 18 ans, Raymond S. employé chez M. Antoine R. coiffeur, de qui j'étais le client, fut pris comme sujet par l'expérimentateur.
» Quelques jours après, étant allé me faire raser, la conversation roula sur les expériences auxquelles S. s'était prêté. Il me proposa de l'endormir. Nous étions seuls, son patron accomplissait en ce moment une période militaire de treize jours à Perpignan. Je me prêtai donc à son désir et j'eus la satisfaction de réussir, satisfaction d'autant plus vive que c'était la première fois que je me livrais à cet essai. Le jeune S. était d'ailleurs un sujet merveilleux, d'une sensibilité et d'une suggestibilité extrêmes. Je n'eus pas de peine à répéter avec lui toutes les expériences que j'avais vu faire à l'hypnotiseur de profession.

» Je vins alors, très souvent, au salon de coiffure de M. R. car je me passionnai pour ces expériences. L'idée d'essayer la seconde vue, dont j'avais lu des relations qui m'avaient laissé fort sceptique, me vint un jour. C'était un jeudi, vers 5 heures du soir. M R. n'avait pas encore terminé sa période de treize jours il en était à sa première semaine et se trouvait donc encore à Perpignan. Je dis à S. ce que j'attendais de lui, il s'y prêta aussitôt, curieux comme moi de connaître le résultat de ces expériences. Je l'endormis et lui ordonnai de chercher son patron. Il devait être alors 5 h. 1/4,. Après quelques instants de silence, le sujet me dit « Je le vois. » - Où ? lui demandai-je. « II est au café. » - Lequel ? « Au café de la Mairie.» - Que fait-il? « Il prend l'absinthe. » - Est-il tout seul ? « Non, il est avec deux autres camarades. » - Les connaissez-vous ceux-là ? « Non, je ne les connais pas. » Puis, se ravisant : « Ah il y en a un que j'ai vu ici pour la Saint-Ferréol » (on désigne ainsi la fête patronale de Céret). Ne trouvant rien plus à demander concernant M R. je l'envoyai chez lui - il était du Soler et il me dit voir sa mère vaquant aux soins du ménage, son frère assis dans la cuisine, etc., bref, des banalités ; aussi n'insistai-je pas, car je ne voyais pas le moyen d'en contrôler l'exactitude. Je le réveillai là-dessus et lui racontai tout ce qu'il m'avait dit. Il en était tout étonné, car il ne se souvenait de rien.

» Quelques instants après je l'endormis de nouveau et l'envoyai encore à la recherche de son patron. A ma question : « Voyez-vous encore votre patron? » II me répondit « II n'est plus au café. » - Où est-il donc ? « Il marche. » - Est-il encore avec ses camarades ? « Il y en a un qui est parti. » - Lequel ? « Celui qui était ici pour la Saint-Ferréol. » - Puisqu'ils marchent, suivez-les, où vont-ils? « Je ne sais pas. » - Eh bien, vous me le direz quand vous le saurez. Ici un silence d'une minute environ, puis, tout à coup « Ils vont souper » - Comment le savez-vous? « Ils entrent à la Boule d'Or. »
» Je n'insistai pas davantage et je réveillai mon sujet qui d'ailleurs paraissait fatigué.
» Restait maintenant à contrôler l'exactitude des faits qu'il m'avait dévoilés.


Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Publicité de 1912 pour La Boule d'Or


» Je savais que M. R. devait venir le samedi suivant en permission de vingt-quatre heures. Je me proposai d'aller l'attendre à la gare et de l'interroger aussi habilement que je le pourrais sur l'emploi de son temps, le jeudi soir entre 5 heures et 6 heures. C'est ce que je fis. En chemin, je lui dis : « Jeudi dernier, vers 5 h. 1/4, je vous ai vu à Perpignan. Vous étiez au café de la Mairie (note : Actuellement hôtel-restaurant Gadel, à côté du café de la Loge.), vous preniez l'absinthe avec deux de vos camarades. » M. R...., me regardant, me dit simplement « Pourquoi n'êtes-vous pas venu me dire bonjour? Vous auriez fait comme nous. » – Je n'ai pas osé, craignant d'être indiscret lui répondis-je ; d'ailleurs j'étais pressé, je n'en avais pas le temps. « Tant pis, vous m'auriez fait tout de même plaisir de me dire un mot. » - A propos, lui demandai-je, quels étaient vos deux camarades ? L'un d'eux n'a-t-il pas été ici à Céret? « Mes camarades s'appellent l'un F. qui est d'ailleurs d'ici, mais qui n'y habite plus, et l'autre, Charles M. pâtissier à Perpignan. » - Lequel des deux était ici, pour la Sain-Férréol ? « Eh bien, c'est mon ami Charles que j'avais invité pour la fête. » - Alors c'est lui qui vous a quitté quand vous êtes allé souper avec F. à la Boule d'0r ?
» A cette interrogation, M. R. me regarde stupéfait et s'écrie: « Comment le savez-vous ? Vous m'avez donc suivi ? Que me racontiez-vous donc tout à l'heure que vous étiez si pressé ! » Je ne pus m'empêcher de rire et fus obligé de lui dire comment j'avais obtenu ces renseignements.
» M. R. n'avait sans doute aucune idée des phénomènes hypnotiques, car il n'ajouta aucune créance à mon dire et il s'écria : « Vous êtes un farceur ! Vous vous gaussez de moi ! » Et j'eus beau essayer de le convaincre que je n'avais pas employé d'autres moyens pour connaitre l'emploi de son temps, je ne pus y réussir.
» Enfin, lui dis-je, l'essentiel pour moi c'est que vous reconnaissiez que tout ce que je vous ai dit est exact. Pour le reste, puisque vous êtes si incrédule, je vous le ferai voir un de ces jours. J'espère, alors que vous serez convaincu. « Oh ! Si je le vois, je le croirai. » Nous nous quittâmes sur ces mots.


» Le samedi suivant, M. R. était rentré définitivement à Céret, sa période de treize jours terminée. Etant allé me faire servir ce jour-là, il me rappela lui-même ma promesse et nous nous donnâmes rendez-vous pour le lundi soir après 8 heures afin d'être tout à fait libres. Le lundi est, en effet, jour de repos pour les coiffeurs. Je n'eus garde de manquer au rendez-vous. A 8 heures, je me rendis au salon de coiffure où se trouvaient déjà, outre M. R et son employé, la soeur de celui-ci, demoiselle d'une quarantaine d'années, un M. S..., ancien boucher et une autre personne que je ne connaissais pas. J'endormis S... et lui fis exécuter diverses suggestions, à l'étonnement dès assistants qui n'en avaient jamais été témoins ; puis je le réveillai. Sur ces entrefaites, Mme R. paraît sur le seuil de la porte du salon de coiffure. (Ce salon qui est situé dans la rue Saint-Ferréol, laquelle est perpendiculaire au boulevard Saint-Roch et à trente pas de ce boulevard, n'a qu'une entrée donnant sur la rue ; Mme R. a son habitation dans l'intérieur de la ville.) Mme R. se montre donc sur le seuil, parait un moment interdite et, s'adressant à son mari, sans finir d'entrer, lui dit: « Antoine, je vais où tu sais. » Et, sans d'autres mots, elle s'en va.

» Alors, une inspiration me vint. Je demandai à M. R. : « Est-ce que votre employé sait où va votre femme et ce qu'elle va faire ? » (note : Je posai cette question au préalable, car je savais que l'employé était nourri et logé chez son patron. ) - « Cela non, il l'ignore totalement, car c'est une affaire entre ma femme et moi. » - Eh bien, lui dis-je alors, si votre employé nous dit où va votre femme et ce qu'elle va faire, croirez-vous qu'il ait pu me dire ce que vous faisiez, vous, à Perpignan ? « Oh alors, je ne douterai plus. » - Bien, nous allons voir.
» J'endormis aussitôt le sujet et le fis asseoir dans un fauteuil : Suivez Mme R. lui ordonnai-je ; la voyez-vous ? « Je la vois, elle descend la rue Saint-Ferréol. » (note : La rue Saint-Ferréol est très longue et descend en pente, orientée de l'est à l'ouest.). - Bon, suivez-là, vous me direz ce qu'elle fait. Au bout d'un instant de silence, il dit  : « Elle est arrêtée. » - Où cela ? « Au fond de la rue. » - Que fait-elle? « Elle parle. » - Avec qui ? « Avec une femme. » - La connaissez-vous cette femme ? « Non,je ne la connais pas. » - Vous ne savez donc pas quelles sont ses occupations? « Si, elle vend du vin. » - Et où demeure-t-elle ? « A main gauche en descendant. » Alors l'idée me vint, puisqu'il voyait les deux femmes causer, de lui faire entendre ce qu'elles disaient. Eh bien, puisqu'elles causent, écoutez ce qu'elles disent et répétez-le moi. « Je n'entends pas », me répondit-il. - Ecoutez, insistai-je, vous entendrez. Il me répéta, cette fois en élevant la voix et avec une certaine irritation « Je n'entends pas. » - Je veux que vous entendiez ordonnai- je.
» Aussitôt, le visage du sujet changea d'expression ; on voyait qu'un violent effort crispait sa volonté, les veines de son front se gonflèrent, puis, tout à coup, tout son être tendu, d'une voix saccadée, étrange, il proféra ces deux mots : « Argent... Espagne ! » et il se laissa aller dans le fauteuil comme épuisé. Je le réveillai aussitôt, un peu effrayé, et comme il demeurait comme prostré, je dus lui mouiller les tempes avec une serviette, ce à quoi je n'avais jamais eus recours encore.
» Sur ces entrefaites, Mme R. rentre dans le salon de coiffure. Je m'avance aussitôt vers elle, et, avant que personne lui adresse la parole, je lui dis : « Madame, est-ce vrai que vous venez du fond de la rue Saint-Férréol de trouver une marchande de vin avec laquelle vous avez causé, je ne sais à propos de quoi, d'argent..., d'Espagne...» Mme R. me regarde en riant et m'explique aussitôt (note: En catalan dans le texte mais nous donnons ici la traduction en français faite par M. Jean B. lui-même.) : « Oui, je viens de chez la femme T. ; comme je sais que son mari doit aller en Espagne cette semaine, je viens de lui demander s'il pourra me prendre les sous espagnols (la monnaie de billon espagnole) que j'ai à la maison. » A ce moment-là, en effet, il y avait quelque temps que la circulation de la monnaie de billon espagnole avait été prohibée dans le département des Pyrénées-Orientales qui en était littéralement inondé.

Source : Gallica (cf. lien)
Photo portrait : Auteur anonyme, portrait d'Émile Boirac vers 1917 (via Wikimedia Commons, domaine public).
Photo publicité : Le Rappel Catalan, 1912 (domaine public)


Retrouvez ici toutes les histoires en rapport avec Céret. 


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jeudi 20 mars 2014

La prison du Castillet, 1892

Un monument historique d'où les prisonniers s'évadent

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Le Castillet (date incertaine), avec les remparts sur le pont
Classé monument historique en 1889, le Castillet de Perpignan continuait pourtant à servir de prison. Cherchant à démolir l'ensemble des remparts qui emprisonnent la ville, la mairie souhaite depuis longtemps les racheter à l'Etat. En 1892, la population s'impatiente et on pense que les négociations vont aboutir, ainsi que le relate l'article qui suit daté de 1892. Mais il faut attendre 1904 pour que la vente se concrétise.


Article paru dans le Bulletin monumental de la Société française pour la conservation et la description des monuments historiques, 1892 (via Le Temps).

Le Castillet à Perpignan -- Le ministère de la guerre va, dit-on, désaffecter la grande prison militaire du Castillet de Perpignan.
Le Castillet, classé comme monument historique, est une grande forteresse en briques rouges, du style mauresque, construite au quinzième siècle par les rois de Majorque. Ce château-fort servait depuis très longtemps de prison militaire et de dépôt pour les soldats condamnés par les conseils de guerre et se rendant ou venant d'Algérie par Port-Vendres. Depuis quelques années, de nombreuses évasions s'étaient produites au Castillet, très mal aménagé intérieurement pour servir de prison. Il y a quelques mois, six prisonniers s'évadèrent ensemble, la même nuit, à la barbe des sentinelles.
Désormais les prisonniers militaires, envoyés en Algérie ou qui en reviendront par Port-Vendres, seront internés dans la citadelle de Collioure, située à très peu de distance de Port-Vendres. Le département des Pyrénées-Orientales et la ville de Perpignan seraient, parait-il, disposés à acquérir le Castillet pour installer les archives départementales et un musée régional.

(Le Temps, 28 octobre 1892).


Source : Gallica (cf. lien)
Photo : Eugène Trutat (1840-1910) via Rosalis
Note : cette photo est issue d'une plaque de verre, reproduite telle quelle, donc à l'envers.


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lundi 3 mars 2014

Un maire en curé à Dorres, mars 1892

Les costumes osés des élus de Dorres pour le carnaval

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
L'école et la mairie à Dorres
Dorres est un village de Cerdagne, peuplé de 313 habitants en 1892. Un effectif amplement suffisant pour que s'y rencontrent des tensions manifestes entre le maire et le curé. Le fait divers narré ci-dessous nous laisse penser qu'on ne devait pas s'embêter tous les jours à Dorres à l'époque.

Note : Le journal se trompe lorsqu'il précise Dorres (Aude). Une simple vérification du nom du maire montre qu'il s'agit bien de Dorres dans les Pyrénées-Orientales.

La Croix, 29 mars 1892

Pratiques carnavalesques

Le mardi-gras, à Dorres (Aude), raconte La Croix du Sud, Dominique Cassu, conseiller municipal, et Dominique Clerc, maire, se sont présentés le soir au bal, le premier habillé en prêtre, le second en servante de curé. Ils ont après des gestes et des poses obscènes simulé la cérémonie des cendres. Dominique Cassu se permit, il y a deux ans, d'interrompre à l'église la cérémonie d'un enterrement. Le souvenir de son cousin-germain, tué par la foudre, le ferait peut-être réfléchir s'il ne s'adonnait pas temps [sic] au culte de la dive bouteille. Quant à Dominique Clerc, nous rappellerons que ce sont ses trois oncles prêtres, qui, à force d'économies lui ont laissé ce qu'il possède aujourd'hui.


Source : Gallica
Photo : Par Jack ma (Travail personnel) [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html) ou CC-BY-SA-3.0-2.5-2.0-1.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons


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dimanche 2 mars 2014

Inondations en novembre 1892

De nombreux dégâts suite aux inondations de la Têt et de l'Agly

Le département des Pyrénées-Orientales, de par sa configuration, est propice aux crues catastrophiques ; on a parfois tendance à l'oublier. L'événement de l'Aiguat de 1940 est resté dans toutes les mémoires et les crues récentes de 1992 et 1999 sont venues nous rappeler que l'on est jamais à l'abri de ce genre de risque.
Avec au moins trois bassins versants, l'Agly, la Têt et le Tech, de la montagne vers la mer sur le seul territoire du département, les crues et inondations diverses continueront toujours à rythmer la vie de notre région.

J'ai choisi de publier aujourd'hui pour mémoire un bref compte-rendu d'un épisode moins connu, mais néanmoins dévastateur, celui des inondations de 1892. La Têt et l'Agly sont concernés, avec un niveau de 4 mètres 20 à Millas pour la Têt.



Vieux papiers des Pyréénes-Orientales
Crue de la Têt en novembre 2011 (Perpignan)


Le Figaro, 10 novembre 1892

Les inondations

Perpignan. - La Tet, l'Agly et tous les cours d'eau qui descendent des montagnes ont débordé à la suite des pluies torrentielles tombées cette nuit. Ce matin, toute la plaine de la Salanque était inondée, le train de Perpignan à Prades restait en panne et les riverains affolés abandonnaient leurs maisons, emportant leurs meubles et fuyant l'eau qui montait avec une effrayante rapidité. Bientôt, tout le faubourg de Notre-Dame est submergé; la garnison s'emploie avec un dévouement admirable au sauvetage des habitants de la banlieue qui se servent des fourgons d'artillerie pour déménager. Les communications télégraphiques sont interrompues avec douze bureaux du département. Le préfet, M. Bonhoure, accompagné de M. Varenne, chef de division à la préfecture, parcourt les points menacés et s'enquiert des secours à accorder aux inondés.
Un jeune homme, Jean Cadéne, habitant Castel-Roussillon, près de Perpignan, ayant voulu retourner à son domicile cerné par les eaux, afin de prendre de l'argent qu'il y avait oublié, a été emporté par le courant. Son cadavre a été retrouvé, à six heures, sur la plage du Canet. Détail horrible : la famille Cadène assistait impuissante à la noyade du jeune Cadéne.
Au collège de Perpignan, la toiture de l'infirmerie, minée par les pluies, s'est affaissée subitement. Trois élèves malades ont eu à peine le temps, dès qu'ils ont entendu de sinistres craquements, de sauter du lit et de se sauver en chemise au premier étage. La ligne de Perpignan à Prades est coupée. Ce soir, un pont prés de Boulternère a été emporté. Le soir, la Tet décroît considérablement à Perpignan, mais une dépêche de Millas, 4 h. du soir, porte que l'eau atteint au pont de Millas 4 mètres 20. La culée Nord est menacée. On mande de Prades que les eaux viennent d'emporter le canal faisant fonctionner l'usine d'éclairage électrique d'Estagel à 4 h. 50 du soir. De mémoire d'homme, on n'a jamais vu pareille inondation de l'Agly. Les dégâts sont immenses.


Le Figaro, 11 novembre 1892

Les inondations

Perpignan. Les eaux de la Têt et de l'Agly commencent à baisser, mais l'inondation a été terrible. Hier soir, à Saint-Laurent-la-Salanque, deux jeunes gens de dix-neuf ans prenaient du bois au pont de Saint-Laurent lorsqu'ils sont tombés dans l'Agly. Ils se sont accrochés à un arbre et ont été entraînés jusqu'à la mer où ils ont disparu. Les ponts de Claira, canton de Rivesaltes et de Caramany, canton de Latour-de-France, viennent de s'écrouler.

A Perpignan, au quartier de la route de Bompas, il y a 39 maisons écroulées. Plus de soixante familles sont sans abri. La municipalité fait distribuer des secours.

Sources :
Articles du Figaro [domaine public] via Gallica (cf. liens)
bassintet.fr
Photo : Fabricio Cardenas (CC-BY-SA)