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lundi 8 septembre 2014

Une météorite à Prats-de-Mollo en 1859

L'objet de toute l'attention ce matin du 07/09
Suite à la chute de plusieurs météores dans notre région ce lundi 7 septembre entre 5h et 7h, dont j'ai moi-même été le témoin visuel, nous avons pu constater par l'emballement de nos médias régionaux dans quelle mesure ce type de phénomène astronomique fascine encore les foules, bien que tout en étant impressionnant celui-ci n'ait rien d'exceptionnel ni de remarquable. Il le devient toutefois lorsque le dit météore est assez conséquent pour toucher le sol sans être totalement désintégré et produire des météorites, voire même un ou plusieurs cratères. Ce n'est sans doute pas le cas du phénomène observé ce lundi (quoique, sait-on jamais...). Mais cela s'est par contre produit en juin 1859, dans les environs de Prats-de-Mollo, ainsi que nous le signale le célèbre naturaliste cérétan Louis Companyo dans son Histoire naturelle du département des Pyrénées-Orientales (1861).

Notre-Dame-du-Coral
Le cabinet d'histoire naturelle de Perpignan possède un aérolithe, tombé, en juin 1859, à Notre-Dame-du-Coral, ermitage situé dans la banlieue de Prats-de-Molló. 
La forme de cet aérolithe est un sphéroïde aplati pesant 12 kil. 80 gram. ; sa circonférence mesure 0,71 dans le sens du renflement, et 0,62 dans le sens de l'aplatissement ; sa surface est rugueuse, luisante, sa couleur est noirâtre.
(...)
Cette pierre nous fut donnée par M. Triquéra, alors instituteur communal à Prats-de-Molló, qui fut témoin de sa chute.

12 kilos, c'est tout de même un beau caillou qui aurait pu faire des dommages conséquents s'il était tombé sur l'ermitage, mais Companyo ne fait état d'aucun dégât.

Source :
Louis Companyo, Histoire naturelle du département des Pyrénées-Orientales, Perpignan, impr. de J.-B. Alzine,‎ 1861-1864, in-8, XXXI-448, 939, 942 p.
Photo météore : Station météo de Blanes via Twitter (@meteoblanes), 7 septembre 2014
Photo ermitage :Jordiipa (licence CC-BY-SA, via Wikimedia Commons).

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dimanche 20 avril 2014

Un complot des séparatistes catalans déjoué en Vallespir, novembre 1926

Explosifs à Millas et arrestations à travers les Pyrénées-Orientales

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales

En 1926, Francesc Macia et ses partisans, réfugiés en Vallespir, tentent d'organiser un complot contre la dictature en Espagne de Primo de Rivera. Déjoué par la gendarmerie française, il en tire néanmoins un certain prestige qui lui permet plus tard de proclamer la République de Catalogne et de devenir président de la Generalitat de Catalunya en 1931 après la mort de Primo de Rivera. Voyons le récit des événements tels que relatés dans un quotidien de l'époque.

L'Homme libre, 8 novembre 1926
Les arrestations
des séparatistes catalans

Perpignan, 7 novembre

De regrettables incidents se sont produits ce matin à la caserne de l'Académie où sont retenus prisonniers les insurgés séparatistes. Certains éléments anarchistes, ou, en tout cas, exaltés, ont grossièrement insulté les agents chargés de leur surveillance. L'autorité administrative a dû intervenir et prendre des mesures coercitives pour réprimer ce mouvement d'insubordaination.

Une nouvelle arrestation
La police mobile a procédé hier, dans la soirée, au cours de recherches domiciliaires, à l'arrestation à Perpignan d'un Catalan séparatiste.
Le service de la Sûreté continue l'interrogatoire de tous les insurgés. Toutefois l'audition de Macia, a été ajournée jusqu'après l'arrivée à Paris de certains documents.

La recherche des armes et des munitions
M. Kling, directeur du laboratoire municipal de Paris, est attendu aujourd'hui. Il doit présider à l'enlèvement des explosifs trouvés à Millas et abandonnés par les séparatistes.
Malgré le refus opposé par le colonel Macia de donner la moindre indication sur l'emplacement des dépôts d'armes et de munitions, les recherches continuent. Elles sont, à cause de ce mutisme, très laborieuses.
Le bruit avait couru que des coups de fusil avaient été échangés près d'Agullano entre des gardes civils et des séparatistes. Cette nouvelle est controuvée.

M. Lerroux, ex-leader républicain espagnol est arrêté
Des informations venues d'Espagne annoncent l'arrestation de l'ancien député aux Cortès Alexandre Lerroux, compromis, dit-on, dans le complot séparatiste catalan. S'il est possible que M. Lerroux ait conspiré contre le régime actuel, qui ne répond évidemment pas à son idéalisme républicain, rien ne permet de croire qu'il soit brusquement. passé de la parole aux actes. Il serait encore plus extraordinaire de supposer que le colonel Mascia eût accepté sa collaboration. Du reste, M. Lerroux a perdu depuis de longues années la direction du parti républicain, dont il fut le chef à l'époque déjà lointaine où les masses ouvrières de Catalogne l'avaient surnommé « le roi du Parallèle ». (Le Parallèle est un quartiter populaire de Barcelone).
Vieux papiers des Pyrénées-Orientales

L'Homme libre, 9 novembre 1926

Dernière heure
Les insurgés catalans s'étaient procuré des uniformes français

On a annoncé que dans un des dépôts d'armes découverts près de la frontière espagnole on a trouvé une trentaine d'uniformes de soldats français, capotes de fantassins et manteaux d'artilleurs. Un de ces derniers porte l'écusson de la garnison.
Le colonel Macia sera interrogé sur ce fait auquel les enquêteurs attachent une certaine importance.
« Le Casal Catalan », groupement catalaniste de Perpignan, a, par l'intermédiaire de son président, M. Figorola, adressé au ministre de l'intérieur et au préfet des Pyrénées-Orientales, une requête demandant un élargissement rapide des insurgés catalanistes, dont la plupart sont pères de famille et ne demandent qu'à reprendre leur travail. Le même groupement a ouvert une souscription en faveur des conjurés catalans.

La recherche des explosifs
M. Kling, directeur du laboratoire municipal de Paris, et M. Florentin, sous-directeur, arrivés à Perpignan, sont allés retirer deux bombes à la gendarmerie de Millas.
Ils se sont ensuite rendus à Saint-Laurent-de-Cerdans et Prats-de Mollo, pour prendre possession de deux sacs à main contenant une certaine quantité de cheddite et de dynamite.
Les deux fonctionnaires iront demain à Agde, Cette et à La Nouvelle pour retirer les explosifs jetés par les séparatistes catalans sur la voie ferrée.

Les confrontations se poursuivent
Une nouvelle arrestation

Hier après-midi, les confrontations ont continué entre les détenus et M. Francisco Mascia. L'entrevue avec Risoli fut affectueuse. L'Italien embrassa le leader catalan. Croyence Mascia [sic] se défend toujours d'une collusion avec Ricciotti Garibaldi.
Un Espagnol, surveillé depuis quelque temps, à Saint-Laurent-de-Cerdans, a été arrêté et transféré à Perpignan. Plusieurs camions automobiles ont rapporté, cet après-midi, du matériel de campement et vestimentaire, ainsi que des armes et munitions trouvés en Vallespir, qui ont été placés dans la citadelle.
La procédure est poussée rapidement, pour que les dossiers puissent être envoyés à bref délai à Paris, pour décision.
Les catalanistes sympathisants de Perpignan ont été avisés que, les prisonniers étant traités avec les plus grands égards, toute manifestation en leur faveur serait interdite.

Source :
L'Homme libre du 8 novembre 1926, via Gallica (cf. lien) [domaine public]
Photos : Fabricio Cardenas [CC-BY-SA]


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dimanche 6 avril 2014

Escarmouches de la guerre carliste en Vallespir, juillet 1835

Incidents frontaliers en Vallespir en 1835

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Don Carlos
Le roi d'Espagne Ferdinand VII meurt en 1833, ayant auparavant désigné comme successeur sa fille Isabelle au détriment de l'infant Charles, frère de Ferdinand. Seulement âgée de trois ans, Isabelle II est proclamée Reine d'Espagne (sous la régence de sa mère Marie-Christine), tandis que Charles (Don Carlos), qui n'accepte pas la décision et se sait soutenu par de nombreux partisans, se déclare également Roi d'Espagne sous le nom de Charles V. La guerre entre Carlistes et Isabellistes dure en définitive jusqu'en 1840 et s'exporte parfois aussi sur le sol français, comme en témoigne le récit des événements qui suit, publié dans Figaro du 17 juillet 1835.

BULLETIN POLITIQUE.

Paris, le 16 juillet.

 L'arrivéé successive des volontaires anglais forme la pièce principale des nouvelles actuelles de l'Espagne ; on a aussi publié le récit d'une affaire qui a eu lieu à Mollo et vraiment c'est pitié que l'enflure de ces escarmouches ; en ces rencontres tout est petit, excepté le caractère atroce de la guerre civile. Nous répétons ce bulletin en y joignant la situation topographique du théâtre de ces cruautés.
» Le marquis de la Torre, envoyé de Navarre pour se mettre à la tête de l'insurrection, a été, dit-on, pris et fusillé le 7 dans les environs de Mollo.
» Quatre autres chefs ont été tués dans le combat, et le reste des insurgés a été vivement poursuivi dans toutes les directions.
« Le 8, il a été fait treize nouveaux prisonniers sur notre frontière.
» Six autres fugitifs ont été pris sur la montagne des Albérès.
» Enfin, trois officiers nommés Antonio Palleja, Ramon-Maria Villagarcia et Antonio Soriano partis de Castres pour aller rejoindre les insurgés, sont tombés dans une embuscade au pont de Reynès.
» Mollo ou plutôt Prats de Mollo est une petite ville forte du département des Pyrénées-Orientales à l'extrême frontière, sur le chemin de Perpignan à Campredon et Olot en Espagne. Reynès est un village français, à une demi-lieu de Céret, au pied des montagnes du col del Fache ou port de Reynès aussi à l'extrême frontière. »
Don Carlos continue sa retraite sur les montagnes.
A Madrid la cour est tout entière livrée aux délices de ses résidences d'été, elle quitte Aranjuez pour St-Ildefonse. La reine a par un décret levé bannière contre les moines qu'elle frappe au coeur en attaquant les Jésuites.


Notes : 

Il n'est pas très clair dans cet article si le premier événement concernant le marquis de la Torre a lieu du côté français ou espagnol. En effet, Prats-de-Mollo est bien sur le territoire français, mais par contre Molló est situé en Espagne, immédiatement au sud de Prats-de-Mollo.

L'article situe Reynès comme étant au pied des montagnes du col del Fache, ou port de Reynès. Il existe bien aujourd'hui un coll del Faig, situé à une altitude de 995 mètres, au sud du territoire communal dans sa partie la plus montagneuse. Orienté est-ouest, celui-ci est notamment un point de passage vers la vallée du Mondony et le hameau de Montalba. Aucun vrai chemin ne permet d'y accéder, mais une fois que l'on y est, il suffit de suivre la crête en allant vers le sud pour retourner vers le Roc de France (Roc de Frausa) et alors rejoindre le territoire espagnol.
Malgré tout, il est possible que l'article ait plutôt fait référence à un autre col del Fache, qui se situe lui un peu plus au sud-ouest sur la commune de Saint-Laurent-de-Cerdans, à une altitude de 959 mètres. On y trouve la borne frontière 552. Jadis beaucoup plus fréquenté, il est de nos jours peu accessible, il était alors un point de passage facile vers l'Espagne tout en étant situé directement sur la frontière.

La veille de la rédaction de cet article dans Le Figaro a lieu en Navarre, à l'autre bout des Pyrénées, une bataille dans laquelle s'affrontent 1500 carlistes face à un millier d'isabellistes et dont ces derniers sortent vainqueurs. La nouvelle ne semble pas encore être parvenue au journal.

Source : Gallica + carte IGN 2449OT
Portrait : Vicente López Portaña [Domaine public], via Wikimedia Commons 
Photo : Fabricio Cardenas (CC-BY-SA)
Retranscription : orthographe fidèle à l'original 
Précisions sur le col del Fache : actualisé le 21/07/2016.



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vendredi 28 mars 2014

Plan de Prats-de-Mollo en 1744

Détail de Prats-de-Mollo et du fort Lagarde en 1744

Admirons un plan détaillé de Prats-de-Mollo réalisé en 1744 par l'ingénieur Pierre-Louis du Haultemps des Bordes de La Maunerie. On peut y voir le fort Lagarde à gauche et Prats-de-Mollo à droite, bordée par le Tech. La légende du plan indique Plan de Prats de Moüillou.

[cliquer sur le plan pour l'agrandir]

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Plan de Prats de Moüillou

Les différents bâtiments indiqués concernant Prats-de-Mollo intra-muros sont les suivants :
A : Grande église
B : Magasin à poudre contre l'église
C : Maison des ingénieurs
D : Chapelle de Ste Juste
E : Hopital des trouppes & du Roy
F : Moulin de la ville
(à l'extérieur des murs, près de la Porte d'Espagne)

Note : Pierre-Louis du Haultemps des Bordes de La Maunerie (1689-1766) est un ingénieur militaire qui participa notamment à plusieurs campagnes d'Italie, menées sous Louis XIV et Louis XV. D'abord affecté en 1715 à Briançon, il est nommé ingénieur en chef de Prats-de-Mollo en 1736, puis pour Collioure et Port-Vendres en 1756 et enfin à Perpignan en 1757.


Sources :
* Plan : Gallica
* Biographie : data.bnf.fr

Note : Article du 28 mars 2014, augmenté le 5 juillet 2016.




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dimanche 2 février 2014

Tempête dans le Haut-Vallespir, 10 janvier 1900

Nombreux dégâts causés par la tempête de janvier 1900 en Haut-Vallespir

Paru dans le quotidien La Croix, 10 janvier 1900.


Vieux papiers des Pyrénées-Orientales


En mer

Violente tempête

Une violente tempête Nord-Ouest s'est abattue sur les cantons d'Arles-sur-Tech, Prats-de-Mollo.
A Amélie-les-Bains, de gros arbres ont été déracinés. Les fils conducteurs de l'éclairage électrique ont été coupés.
Au village de Montbollo, la toiture de l'église récemment construite a été enlevée.
Près de Prats-de-Mollo, la toiture d'une ferme a été emportée par le vent.
Aucun accident de personne.


Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
L'église de Montbolo

Commentaire

Météo agitée dans le Haut-Vallespir...

Il n'y a qu'une église romane à Montbolo (avec un seul "l"). C'est donc sans nul doute la toiture qui avait été récemment reconstruite et non l'église elle-même.
Il est étrange que La Croix ait classé ce fait divers dans la rubrique En mer où l'on retrouve notamment une actualité concernant Cherbourg.

Source : Gallica
Photo : Fabricio Cardenas
Photo église : Bertrand Grondin, cc-by-sa


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