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vendredi 13 février 2015

Ambroise Paré à Perpignan en 1542

Ambroise Paré en 1578
En 1542, François Ier vient de se lancer dans la neuvième guerre d'Italie, contre Charles Quint et Henri VIII d'Angleterre. Cherchant à multiplier les fronts de bataille, François Ier réussit à s'emparer momentanément du Luxembourg et envoie une autre armée mettre le siège devant Perpignan, alors en territoire espagnol. Cette dernière opération s'avère un échec pour les français, mais permet à un jeune chirurgien, Ambroise Paré, de continuer à se faire la main avant de devenir plus tard l'inventeur de la chirurgie moderne et la célébrité que l'on sait.
Dans l'exemple qui suit, tel que narré dans Les Ambulances et les ambulanciers à travers les siècles (1906), Paré démontre son ingéniosité, cinq siècles avant les méthodes extravagantes que l'on peut voir de nos jours dans Les Experts et ce, avec des moyens plus que rudimentaires, pour répondre à la question :
est la balle ?

Au camp de Perpignan en 1543,  le maréchal de Brissac avait reçu un coup de feu près de l'omoplate droite et les chirurgiens ne pouvaient trouver la balle.
Rénovant alors le précepte hippocratique, Paré eut l'idée de mettre le blessé dans la position où il était lorsqu'il avait reçu le coup de feu.
La balle se révéla alors par une légère saillie sous la peau et fut extraite par le chirurgien du Dauphin, Nicole Lavernault.

Note : Le siège de Perpignan a bien lieu en 1542, et non en 1543, comme indiqué par erreur dans l'ouvrage.

Source :
Wauthoz (Henri A.), Les Ambulances et les ambulanciers à travers les siècles, Paris-Bruxelles, J. Lebègue, 1906 (via Gallica) [domaine public]
Portrait : Anonyme de 1578 (Wellcome collection via WikiCommons) [domaine public]


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jeudi 2 octobre 2014

Un courageux poilu de La Cabanasse en 1914

Le drapeau du 24e RIC vers 1920
Le journal La Lanterne nous relate dans son édition du 28 novembre 1914 les faits de gloire d'un caporal originaire de La Cabanasse (253 habitants en 1911) et soldat du 24ème régiment d'infanterie coloniale, originaire de Perpignan.

 Le journal ne précise pas les lieux ni la date exacte des événements, mais on sait que le 24e RIC est en 1914 engagé en septembre dans la première bataille de la Marne, où il se distingue et subit de lourdes pertes, puis maintient ses positions jusqu'à la fin de l'année.

« Mon colonel
acceptez cette tranchée... »

Le « Journal Officiel » a publié la citation suivante : « Est inscrit au tableau pour la médaille militaire, le caporal Philip, du 24e d'infanterie coloniale ; se porta sur la ligne de feu, sous une vive fusillade, pour relever un officier blessé ; de plus, étant en patrouille mit en fuite une troupe numériquement supérieure, nous assurant la possession d'une tranchée ; blessé plusieurs fois, ne se fit panser que vingt-quatre heures après, refusant d'être évacué ; fut ensuite grièvement blessé. »

Le courageux caporal François Philip, dont il est question, est originaire de la Cabanasse (arrondissement de Prades); il est arrivé à Perpignan avec le dernier convoi de blessés, et un de nos collaborateurs a pu le voir à l'hôpital auxiliaire de l'Union des femmes de France, où il est en traitement.
Sans parler du courage qu'il déploya en relevant, et en sauvant, sous une fusillade terrible, son lieutenant grièvement blessé et que les Allemands allaient emporter, voici le fait principal qui a valu à Philip la médaille militaire. 


Un jour, le colonel C. ayant besoin d'être renseigné sur les forces ennemies, fait appeler Philip.
- Je te sais brave et courageux, lui dit-il, c'est pourquoi je vais te charger d'une mission extrêmement périlleuse.
- La nuit venue, tu prendras 25 hommes et tu iras sur cette crête où l'on voit des soldats
allemands faire une tranchée. Tu tâcheras de rester là jusqu'au matin, en te dissimulant, toi et tes hommes, puis tu viendras me rendre compte de ce que tu auras vu.
- C'est bien, mon colonel, j'irai, dit Philip sans hésitation. 

- Sais-tu que tu risques ta vie et celle de tes compagnons ? 
- Je le sais, mon colonel, mais je n'ai pas peur de la mort: c'est pour la France !
A ces mots, le colonel, ému, embrasse Philip qui, très ferme, recrute 25 volontaires aussi bien trempés que lui. La petite troupe part. Les autres coloniaux la suivent des yeux ; puis, la nuit s'épaississant, elle disparaît dans l'ombre. Arrivé près de la crête, Philip aperçoit des soldats du génie allemand creusant une tranchée, pendant qu'une sentinelle fait les cent pas et monte la garde près d'eux. Philip fait dissimuler ses hommes dans un petit bois, avec défense de bouger et de crier, quoi qu'ils entendent. Il emmène avec lui un camarade et lui dit :
- Quand nous serons près de la sentinelle allemande, et que celle-ci criera : « Wer da ! (Qui va là ?) », tu te tiendras à l'écart de moi, sur la gauche, et tu feras du bruit avec ta baïonnette de façon à faire retourner la sentinelle vers toi. Quoi que fasse le Boche, quoi que je fasse, ne dis rien, couche-toi sur le sol et attends mes ordres.


Les deux hommes avancent sans bruit ; ils ne sont qu'à deux pas de la sentinelle allemande qui se promène en fredonnant un air du pays. Philip prend à droite, et en marchant fait un petit bruit.

- Wer da ! crie le Boche.
A ce moment, l'autre colonial, exécutant la consigne, remue la baïonnette dans le fourreau. La sentinelle se retourne vers la gauche. C'est ce qu'attendait Philip, qui, posté à droite, bondit sur l'Allemand lui plante par deux fois sa baïonnette dans la poitrine et saisit son fusil. La sentinelle s'écroule sans pousser un cri. Prestement Philip, sans être vu des soldats qui travaillaient à vingt mètres plus loin à faire la tranchée, prend le manteau, le casque et le fusil de la sentinelle et se met à monter la garde à sa place; de temps à autre, il fait rouler le cadavre du Boche pour le dissimuler le
plus possible. Bientôt, la tranchée étant finie, les soldats allemands partent pour rejoindre le gros des troupes, non sans adresser un salut amical à la sentinelle qui à leur grand étonnement, continue sa promenade sans leur répondre. Quand ils ont disparu, Philip jette son casque et son manteau allemand, court dans le bois chercher ses camarades, et les 26 coloniaux s'installent dans la tranchée allemande. Au petit jour, une compagnie bavaroise arrive pour prendre possession de la tranchée préparée par le génie. Elle avance sans méfiance, les soldats devisant et plaisantant entre eux. Quand ils ne sont plus qu'à quelques pas, Philip et ses 25 camarades tirent sur eux sans répit. Un grand nombre d'Allemands tombent ; les autres veulent prendre la tranchée d'assaut : un feu meurtrier décime les téméraires et met les autres en fuite, sauf 18 qui lèvent les bras et se rendent. Pendant ce temps, le 24e colonial, entendant la fusillade s'avance au pas de charge, le colonel en tête. Philip court vers lui et lui dit :
- Mon colonel, j'ai le plaisir de vous offrir cette tranchée : elle est sur la crête ; vous pourrez vous rendre compte d'ici, mieux que moi, de la position des forces allemandes.


Le colonel, les larmes aux yeux, félicite Philip que le régiment tout entier acclame avec frénésie. Devant toutes les troupes la médaille militaire est remise au caporal Philip sur le théâtre de ses exploits.
Quelques jours après, Philip est touché au bras droit et à l'épaule droite. Malgré sa double blessure, il refuse d'aller à l'ambulance. II continue à combattre et descend un officier allemand ; Philip, voyant l'officier blessé, se porte vers lui pour le faire prisonnier et lui porter secours.
Mais au même moment, l'officier allemand braque son revolver sur le vaillant caporal et lui fracasse l'épaule d'une balle. Malgré la douleur, Philip a encore la force de prendre son fusil et de broyer le
crâne de l'officier allemand à coups de crosse, Le caporal Philip, épuisé par sa triple blessure, est emporté à l'ambulance et de là évacué sur l'hôpital de Mâcon, puis sur l'hôpital militaire de Perpignan.


Note 1 : Le caporal Philip n'apparaît pas dans les bases de données recensant les morts pour la France victimes de la Première Guerre mondiale. On peut donc supposer qu'il a survécu à ses blessures. Quelqu'un pourra peut-être nous renseigner sur ce qu'il est advenu de ce valeureux militaire après la guerre ?
Note 2 : Bien qu'ayant consulté le journal de ce régiment pour l'année 1914, je n'ai pas trouvé trace de cet événement, mais j'ai pu le manquer, l'écriture de ce journal étant essentiellement constituée à proprement parler de pattes de mouches souvent peu lisibles.

Ajout du 13/11/2017 : Grâce aux informations fournies par une lectrice de ce blog et généalogiste, je sais désormais que notre valeureux caporal est François Philip, né à La Cabanasse en 1892 et marié à Thuir en 1919, ce qui confirme qu'il a bien survécu à la guerre.

Sources : 
* La Lanterne du 28 novembre 1914 via Gallica (cf. lien article)
* Historique du 24e régiment d'infanterie coloniale : guerre 1914-1918, Perpignan, éd. Barrière, 1920
Photo : op. cité, cliché Ferrier ou Perrier (nom peu lisible), Perpignan [domaine public]

A relire à propos de la commune de La Cabanasse :



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dimanche 4 mai 2014

Perpignan-Bruxelles par pigeon-express

Des pigeons pour remplacer le télégraphe

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Pigeon voyageur équipé (1908)
Après la chute de l'Empire face aux Prussiens le 4 septembre 1870, Napoléon III est fait prisonnier. Se constitue alors à Paris un Gouvernement de défense nationale, où l'on retrouve notamment Emmanuel Arago, fils du célèbre François Arago, en tant que ministre de la justice. La guerre continue et dès le 18 septembre commence le siège de Paris, tandis que le lendemain est coupée la dernière ligne télégraphique reliant la capitale au reste du monde. Comment faire circuler l'information ?

La Lettre-journal de Paris du 21 décembre 1870 nous donne un exemple de solution rapide et discrète pour communiquer entre Perpignan et Bruxelles en à peine dix heures.

Samedi, 17 décembre.
Les Pigeons-voyageurs. 
M. Fumal-Deligny, ancien secrétaire de la Société colombophile des Unionistes à Bruxelles, vient d'adresser au journal Le Temps une lettre qui contient de très curieux détails sur nos messagers ailés, la rapidité de leur vol est prodigieuse : lâchés le matin à Perpignan, à six heures précises, les premiers arrivent à Bruxelles, entre quatre et cinq heures du soir. Les obstacles qui les arrêtent le plus sont la pluie, le vent contraire, l'oiseau de, proie, mais surtout et avant tout le brouillard : c'est ce qui explique pourquoi il ne nous en était pas arrivé ces jours derniers. Les pigeons-voyageurs, étant des oiseaux du nord, suivent difficilement la direction du midi. Il est donc à désirer que l'endroit d'où seront lâchés les pigeons de la Délégation soit en même temps le plus proche possible de Paris, et au sud de la capitale.

Les pigeons voyageurs ont joué un rôle important durant la guerre de 1870, d'autant que c'est à cette occasion que fut inventé le microfilm, permettant alors à un pigeon de transporter jusqu'à 15000 messages en un seul voyage vers Paris.

Sans rapport avec Perpignan, une brève du même journal m'a tout de même parue intéressante afin d'illustrer les dures conditions de vie à Paris durant le conflit. La famine commence à s'installer et le gouverneur de Paris vient de réquisitionner les chevaux pour les manger depuis le 16 décembre. Cinq jours plus tard, on signale une température de -14°C.

Dimanche, 18 décembre.

Les Boucheries en décembre 1870.
Nos absents sont partis de Paris avec la conviction qu'une boucherie était un endroit où l'on vendait du boeuf, du veau et du mouton. Il y a trois mois encore nous partagions avec eux cette opinion ; mais depuis lors nous avons changé cela. Une boucherie est actuellement une boutique, surmontée d'une enseigne en toile portant pompeusement ces mots : BOUCHERIE MUNICIPALE, où l'on débite de tout (morue, harengs, riz, pois chiches, noix sèches), et parfois-de la viande.... de cheval, et où l'on fait queue très longtemps pour en rapporter très-peu de chose.
[...]

Source : Gallica
Photo : Auteur inconnu. Homing pigeon belonging to Bernhard Flöring, Barmen, Germany.Hans Adler, 1908 (Wikimedia Commons, Public Domain)




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dimanche 23 février 2014

Un doyen des anciens combattants à Ria en 1931

Un rianenc parmi les plus vieux anciens combattants français en 1931

En 1931, le Journal des mutilés et combattants se pose la question de savoir qui est le véritable doyen des anciens combattants en France. Le titre vient d'être attribué par certains journalistes, un  peu rapidement, à un certain M. Victor Brun, âgé de 93 ans. Mais très vite, d'autres candidats se déclarent. Parmi eux, figure un vétéran originaire de Ria (aujourd'hui Ria-Sirach, près de Prades).

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales

Le Journal des mutilés et combattants
31 mai 1931

Nos doyens

Nous avions bien raison d'écrire dans un écho récent l'existence probable d'anciens combattants qui sont les aînés de M. Brun, âgé de 95 ans. C'est ainsi que l'on signale M. Baptiste Taurinya, né en 1833 à Ria (Pyrénées-Orientales), ancien combattant de Crimée, blessé à Inkermann, pensionné de guerre et médaillé militaire.
Un de nos camarades nous indique de son côté son grand-oncle, M. Etienne Meynier, à Jallien (Isère), né en 1835, ancien combattant de la campagne d'Italie, médaillé militaire depuis le 1er janvier 1931 seulement.
Heureusement pour lui, M. Meynier a pu attendre.

Durant quelques jours, Baptiste Taurinya devient le nouveau doyen des anciens combattants. Né en 1833, il a donc approximativement 98 ans en 1931. La bataille d'Inkerman a lieu durant la guerre de Crimée le 5 novembre 1854 et oppose une coalition franco-britannique aux armées russes, qui  seront vaincues. Les pertes ce jour-là furent relativement limitées du côté Français, en comparaison avec celles des Russes.  Taurinya n'a alors que 21 ans lors de cette bataille. Venant d'un petit bourg rural (1000 habitants en 1851), il n'est pas garanti qu'il ait su s'exprimer correctement en français avant d'être enrôlé, le catalan ayant sûrement été sa langue maternelle. Ce fut sans doute également le cas des blessés que j'évoquais ailleurs concernant la campagne d'Italie en 1859.

Mais revenons à nos doyens. L'enquête se poursuit et de nouveaux candidats potentiels pour le titre suprême sont découverts. Un mois après l'article figurant ci-dessus, le palmarès semble établi. Deux centenaires viennent détrôner notre vétéran rianenc, qui se retrouve sur la troisième marche du podium.

Le Journal des mutilés et combattants
28 juin 1931


Qui est le doyen ?

Nous le pensions bien. L'attribution par de nombreux journaux du titre de doyen des anciens combattants à M. Victor Brun a fait surgir de nombreuses candidatures. A vrai dire, elles ne sont jamais personnelles, mais présentées par un proche du candidat. Ainsi y trouve-t-on, à côté d'une exceptionnelle et magnifique longévité, le plus joli témoignage d'affection filiale et familiale.
Tous leurs cadets s'associeront donc d'autant plus volontiers à ces témoignages qu'ils vont uniquement à des anciens combattants aux titres les plus certains. Et ils seront sans doute heureux d'en connaître une première liste, car nous ne doutons qu'il y aura d'autres compétiteurs vigoureux, c'est bien le cas de le dire, puisqu'il s'agit là de nonagénaires dont on se plaît à signaler l'excellente santé.
Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Les deux doyens

M. Victor Brun, d'Avranches — à lui l'honneur — est né le 8 mars 1840. Blessé à Solférino le 24 juin 1859, il est amputé d'un bras. Malgré ses 91 ans, c'est presque un bleu.
Le général de Ferron, un ancien de Marignan et de Solférino voyait récemment célébrer ses 93 ans. M. Mathieu Boniface, de Lalindre, Dordogne, est né le 14 août 1837. Il aura bientôt 94 ans. C'est aussi un ancien de la campagne d'Italie avec le 71e R.L. MM. Romain Thorel, de Longueville-sur-Loire (S.-L.) et Etienne Meynier, de Gallien (Isère), deux anciens encore de la campagne d'Italie, sont nés en 1835. Ils prennent avec leurs 96 ans une sérieuse avance.
Mais voici M. Baptiste Taurinya, né à Ria (P.-O.) en 1833. Ancien combattant de Crimée, blessé à Inkermann, pensionné de guerre, 98 ans. Et encore un combattant de Crimée, M. André Castagnet, de Lagarde, près de Château-Salins. Il a 100 ans depuis le 11 juin dernier. Le 11 août 1914, à 82 ans, il se dévouait encore aux blessés des combats livrés devant et dans le village de Lagarde.
Cent ans ! Et vous pensez peut-être que c'est le doyen. Mais il y a encore — nous pensons bien qu'il vit toujours depuis l'article que nous publions l'an dernier à son sujet, il y a donc M. Antoine Bernardi, né à Ortiforio (Corse), le 22 mai 1831, combattant de Sébastopol, où il fut fait prisonnier. Et sans doute est-il aussi le doyen des A.P.G.

Personne jusqu'alors n'a ravi le titre de doyen à Antoine Bernardi.
Et à tous, nous souhaitons de rester le plus longtemps possible sur leurs positions respectives.
Mais nous faisons le voeu aussi que l'on n'oublie pas plus longtemps certains d'entre eux. Croirait-on que l'on vient tout juste d'accorder la médaille militaire à MM. Thorel et Meynier et que les deux doyens véritables, nos deux centenaires : André Castanet et Antoine Bernardi ne l'ont pas encore.
Et nous ne vous garantissons pas qu'ils ont tous la carte de combattant. En attendant, félicitons-les de donner aux jeunes l'exemple de la durée. Cela fera enrager le ministère des Finances.

Les éditions successives de ce périodique ne nous donnent pas de nouvelles sur ce que sont devenus tous ces valeureux vétérans. Peut-être quelqu'un sait-il à quel âge a disparu Baptiste Taurinya, voire même quelles furent la nature de ses blessures lors de la guerre de Crimée ? Peut-être a-t-il fini par obtenir le titre de doyen si ses deux aînés sont morts avant lui. Je n'ai rien retrouvé sur eux non plus.

Sources : Le Journal des mutilés et combattants [domaine public] (via Gallica, cf. liens)
Photos : Fabricio Cardenas


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samedi 15 février 2014

Blessés de la campagne d'Italie, 1859-1860

La vie des Roussillonnais après la guerre en 1860

La campagne d'Italie qui a lieu d'avril à juillet 1859 voit s'affronter les armées franco-piémontaises contre celles de l'Empire d'Autriche. Cet épisode guerrier participe à la constitution de l'unité italienne et permet à Napoléon III d'annexer Nice et la Savoie au passage.

Les noms de batailles sont restés célèbres : Magenta, Solférino, Melegnano. Mais le rapport dont je retranscris ici quelques extraits montre le côté cru de la guerre : hormis les morts, il y a aussi de nombreux blessés, dont le destin est tout aussi tragique et la vie bouleversée à jamais.

Les personnes citées dans cet inventaire ont toutes subies d'importants traumatismes sur le champ de bataille. J'ai sélectionné un petit échantillon des soldats originaires des Pyrénées-Orientales. Ils sont âgés de 22 à 30 ans au moment de la campagne d'Italie. Les lieux d'origine qui sont indiqués sont souvent de simples villages, parfois des bourgs moyens, tous situés en zone rurale. Quelles ont été les vies de ces hommes une fois rentrés chez eux ? La lecture des descriptions ci-dessous permet de l'imaginer et se passe de commentaire.
Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Charge des hussards à la bataille de Solférino

Statistique médico-chirurgicale de la campagne d'Italie en 1859 et 1860 : Service des ambulances et des hôpitaux militaires et civils. Tome 2 / par le Dr J.-C. Chenu, médecin principal d'armée .- Paris : J. Dumaine, 1869


LAFONTAINE, François-Charles, né le 21 novembre 1829, à Saint-Laurent-de-Cerdans (Pyrénées-Orientales), lieutenant, 100e de ligne. — Coup de feu à la tête, Solférino. — Paralysie de la langue et aphonie. — 5 janvier 1864

BOURNET, Baptiste, né le 31 avril 1832, à Railleu (Pyrénées-Orientales), caporal, 72e de ligne. — Coup de feu au flanc droit, Solférino. Plaie pénétrante de l'abdomen. La plaie a donné issue dans le principe à des matières fécales et à de l'urine. Le projectile perdu dans le ventre, non extrait. Constipation opiniâtre. - 30 mai 1860.

LAFEUILLE, Baptiste-Simon, né le 10 mars 1832, à Forunguères [Formiguères] (Pyrénées-Orientales), 2e zouaves. —Fracture comminutive de la partie supérieure de l'humérus, coup de feu, Magenta.—Entré à l'hôpital de la Casa-Correzione, à Milan. Désarticulation scapulo-humérale le 16 juin. Evacué guéri en France. - Entré le 29 septembre à l'hopital Saint-Mandrier, Toulon ; sorti le 30 septembre 1859. - 4 juin 1860.

PAGES, Jacques, né le 9 décembre 1835, à Ayguatébia (Pyrénées-Orientales), 65e de ligne. — Coup de feu à l'avant-bras droit et à la cuisse gauche, Magenta. — Hôpital Fate bene Fratelli. — Amputation du bras au tiers supérieur le 21 juin. —14 mars 1860

BEYNAGUET, Clément-François-Achille, né le 7 novembre 1837, à la Tour-de-Carol (Pyrénées-Orientales), 1er zouaves. — Fracture du radius droit, coup de feu, Melegnano. — Gène dans les mouvements du membre. — Gratification renouvelable

CATALA, Jean-Barthélemy-Martin, né le 15 février 1834, à Mazane [?] (Pyrénées-Orientales), 15e de ligne.— Fracture comminutive du poignet gauche, coup de feu, Solférino. — Amputation de l'avant-bras. — 18 janvier 1860

SALES, Philippe-Jean-Jacques, né le 13 octobre 1835, à Laroque (Pyrénées-Orientales), zouaves, garde. —Fracture du poignet droit, coup de feu, Magenta. —Amputation de l'avant-bras au tiers supérieur. — 18 janvier 1860

ROIG, Pierre-Jean-Paul, né le 16 mai 1834, à Arles-sur-Tech (Pyrénées-Orientales) 74e de ligne. — Coup de feu à la main gauche, Solférino. — Perte des doigts indicateur et médius et des deux dernières phalanges de l'annulaire ; atrophie et impossibilité des mouvements du reste de la main. - 4 août 1860

MOLES, Louis-Jean-Jacques, né le 30 avril 1837, à Neffiac [Néfiach] (Pyrénées-Orientales), 72° de ligne.— Plaie déchirée au tiers moyen de la face antérieure de la cuisse gauche, coup de feu, Solférino. — Cicatrice adhérente ; engorgement du membre. - Gratification renouvelable.

Source : Gallica [domaine public]
Photo : Auteur inconnu, domaine public, via Wikimedia Commons


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