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vendredi 25 septembre 2015

Accident de voiture à Maury en 1903

Maury et ses environs
On peut lire dans le journal La Lanterne du 19 octobre 1903 le fait divers suivant :

Pyrénées-Orientales

Perpignan, 17 octobre. -- A Maury, commune du canton de Saint-Pol-de-Fenouillet [sic], une voiture automobile, que conduisait son propriétaire, M. Louis Abram, ingénieur électricien, a, par suite d'une erreur de direction, été projetée dans un ravin.
M. Abram, qui a fait une chute de dix mètres, a été relevé blessé grièvement à la tête et aux jambes.

L'accidenté mentionné dans l'article n'est pas n'importe qui. Il s'agit de l'ingénieur Louis Abram, né le 25 septembre 1860 à Saint-Paul-de-Fenouillet. Bien que son nom soit  passablement oublié de nos jours, il a changé le quotidien de nombreux habitants des Pyrénées-Orientales, à qui il a amené l'éclairage et l'électricité. Ayant monté sa petite entreprise, il parvient à obtenir des contrats en négociant directement avec les communes et entame de nombreux chantiers à travers le département. Il amène l'éclairage public électrique à Saint-Paul-de-Fenouillet en 1892, puis l'électricité à Paziols (Aude) et Tautavel en 1900 et crée plusieurs usines hydro-électriques, dont Padern (Aude) et Ansignan entre 1903 et 1905. Cela lui permet par la suite d'alimenter d'autres communes en électricité, parmi lesquelles, dans les Pyrénées-Orientales, Cases-de-Pène, Lesquerde, Maury, Saint-Arnac ou Vingrau, ainsi que dans l'Aude Cucugnan et Tuchan. 

On voit que son rayon d'action est circonscrit autour du Fenouillèdes et des Corbières. Ceci explique le lieu de l'accident, d'autant que Maury fait partie des communes qui bénéficieront des services de Louis Abram. Il semble en tout cas s'être remis de cet épisode, puisqu'il poursuivra son activité de nombreuses années encore.

Son fils Henry Abram (1895-1977) reprend l'entreprise de production et distribution d'électricité en 1936, tandis que Louis Abram meurt à Perpignan, à la fin de la guerre, le 13 août 1945. L'entreprise est nationalisée en 1949 dans le cadre de la réforme nationale du secteur de l'énergie.

Sources : 
Article : La Lanterne du 19 octobre 1903 (via Gallica, cf. lien)
Infos biographiques : Article de Nicolas Marty dans le Nouveau Dictionnaire de Biographies Roussillonnaises 1789-2011, vol. 1 Pouvoirs et société, t. 1 (A-L), Perpignan, Publications de l'olivier,‎



lundi 6 juillet 2015

Explosion à Paulilles en 1885

Cinq morts et deux blessés graves

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
La première pierre de la dynamiterie de Paulilles, sur la commune de Port-Vendres,  est posée le  4 septembre 1870, « le plus loin possible de la frontière allemande », selon le souhait de Gambetta. Depuis cette date, et ce jusqu'à la cessation de fabrication de dynamite en 1984, l'histoire du site sera ponctuée de nombreuses explosions accidentelles et souvent meurtrières pour les employés, de la première en 1877, jusqu'à la dernière, en 1958. On trouve une liste de ces drames dans l'ouvrage collectif Paulilles ou la mémoire ouvrière paru en 2005. Toutefois cette liste omet l'explosion dont il est fait mention dans L'Avenir de Port-Vendres, Collioure, Banyuls et de la région du 12 avril 1885 sur la catastrophe survenue à la dynamiterie de Paulilles le mercredi 8 avril 1885.

Catastrophe de Paulilles

Mercredi dernier, vers 10 h du matin,  nous avons ressenti à Port-Vendres une vive commotion.
On s'est tout de suite douté qu'un malheur venait d'arriver à l'usine de dynamite de Paulilles. Toute la population s'est vivement empressée d'accourir sur le lieu du sinistre.
L'émotion était grande ! car chacun redoutait d'avoir à déplorer la mort d'un des siens.
Aussitôt l'on a appris que l'explosion s'était produite dans le baraquement où se trouvait l'appareil à filtrer les acides.
On ignore complètement ce qui a pu déterminer ce malheur, attendu que les témoins qui pourraient fournir des renseignements précis ont été foudroyés.
Les uns, supposent que l'ouvrier chargé de surveiller le degré de pression, aura perdu, un instant, son sang-froid ; d'autres, prétendent que les tuyaux étaient engorgés ; enfin, l'on se perd en conjectures.
On compte cinq morts, dont quatre de Banyuls et un de Cosprons, tous pères de famille.
Parmi les blessés, il y en a deux qui le sont grièvement.
Ils étaient, parait-il, chargés de transporter les matériaux, sur un chariot, et au moment de l'explosion, ils se sont malheureusement trouvés à proximité.
Une pauvre femme, âgée d'une cinquantaine d'années et habitant Port-Vendres, qui ramassait du bois dans ces parages, a été renversée par le choc de l'explosion, et dans sa chute, elles s'est fracturé un bras.
Jeudi, à quatre heures du soir, a eu lieu l'enterrement des quatre victimes de Banyuls.
Beaucoup de gens de Perpignan, d'Elne, d'Argelès, de Collioure, de Port-Vendres, de Cerbère, etc., etc., ont eu à cœur d'assister aux funérailles de ces infortunés travailleurs.
Une foule compacte et recueillie suivait le cortège. C'était un spectacle à vous fendre l'âme ; on voyait de tous côtés des hommes, femmes, enfants, pleurer à chaudes larmes, à la vue de ces quatre cercueils, ne laissant après eux que le deuil et le triste souvenir d'une cruelle catastrophe quia fatalement enlevé l'existence à des êtres si chers à leur famille.
Nous adressons ici à ces veuves et orphelins inconsolables, nos meilleurs sentiments de condoléances.

La liste présente dans l'ouvrage cite notamment une explosion ayant eu lieu le 27 janvier 1882 avec un bilan de 20 morts et une autre en février 1886 ayant fait un mort et un blessé grave. Celle-ci s'intercale donc entre les deux, avec un bilan de cinq morts et deux blessés graves.

Ajout du 10/07/2015 : Le site Les amis de Paulilles cite l'explosion du 8 avril 1885, tout ayant trouvé peu de matière à ce sujet, mais donne par contre la liste des cinq victimes, après recherches aux ADPO.

Sources :  
Article : L'Avenir de Port-Vendres, Collioure, Banyuls et de la région du 12 avril 1885 (via Bib. numérique de Perpignan, domaine public)
Autres infos : L'AMIC (Association Médiatrice d'Intérêt Collectif), Paulilles, la mémoire ouvrière, Saint-Estève, Les Presses littéraires,‎ 2005
Illustration : Carte postale, éditions MTIL, vers 1920.

Pour rappel, cet article à relire sur Port-Vendres ici.



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mardi 18 novembre 2014

Des guérisseurs à Vivès en 1882

C'est l'histoire d'un drame d'apparence banale que nous relate le quotidien L'Espérance du 4 janvier 1882. Mais grâce à ce fait divers, c'est également un type d'information rarement écrite qui est parvenu jusqu'à nous. En effet, les familles de guérisseurs sont souvent connues localement mais leur réputation se fait généralement par le bouche à oreille et leur souvenir se perd alors avec l'ensemble du savoir oral au gré des générations. Le journaliste de l'époque a sans doute tenu à leur rendre hommage.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Le centre de Vivès
Palalda, 2 janvier.

Dans le courant de la semaine dernière, un homme originaire de Serrallongue, garçon muletier à la métairie Aldaï, territoire de Palalda - suivait sur la grand-route, entre Céret à Amélie-les-Bains, une lourde charrette chargée de farine.
Chemin faisant, tout en causant avec le charretier, il fit un faux pas, tomba sous le véhicule, et une roue lui broya la jambe droite.
On mit le pauvre estropié sur la charrette et on le conduisit à la métairie Aldaï, laquelle appartient à la famille de Lourdoueix.
Lorsqu'il fut reposé, on le porta à Vivès, chez MM. Noé. De père en fils, les Noé reçoivent le don de remettre les fractures.
Il parait cependant que pour ce pauvre malheureux, l'amputation deviendra nécessaire, tellement sont broyés les os de sa jambe.
Les Noé, aussi bien ceux de Vivès que ceux de St-Michel-de-Llotes, rendent d'admirables services dans le département ; non-seulement ils n'acceptent aucune rémunération, mais ils donnent bien souvent des secours aux malheureux qui viennent implorer leur guérison.

On imagine sans mal la souffrance de ce pauvre muletier qu'il a fallu ramener chez lui avant de se décider à le porter de Palalda à Vivès (16 km de nos jours) pour sans doute au final le ramener ailleurs pour une amputation.

La métairie Aldaï est aujourd'hui mentionnée sur la carte IGN  sous le nom de Mas Alday et se trouve en bas de Palalda, près du Tech. Palalda est encore une commune à cette époque, n'étant fusionnée avec Amélie-les-Bains qu'en 1942. Serralongue, village d'origine du muletier, se trouve plus haut en Vallespir.

La famille Noé de Vivès, dans les Aspres, a donné plusieurs maires à la commune, dont le plus connu, Joseph, maire de 1884 à 1902, a également été conseiller général du canton de Céret. Il y a aussi un Dominique Noé vers 1814 et un Jacques Noé de 1919 à 1921.

A Saint-Michel-de-Llotes, en Ribéral, un certain Dominique Noé a aussi été maire de 1830 à 1848 puis de 1852 à 1867.

Ces familles de guérisseurs existent-elles encore de nos jours ? L'annuaire ne montre plus de Noé dans ces deux communes, bien que l'on en trouve encore dans les environs. Cela ne veut pas dire qu"il ne sont plus présent en ces deux endroits ni que leur talent ne ce soit transmis sous un autre nom ou ailleurs. Seuls des habitants de Vivès ou Saint-Michel-de-Llotes pourraient nous en dire plus ?

Sources :
* Article de L'Espérance : Fonds numérisé de la Bibliothèque de Perpignan  [domaine public]
* Maires de Vivès : De Vivers à Vivès : du 2ème au 3ème millénaire, mémoires d'un village, Vivès, Mairie de Vivès,‎ 1999
* Maires de  Saint-Michel-de-Llotes : MairesGenWeb
Photo : Fabricio Cardenas [CC-BY-SA]

Pour rappel, dans ce même numéro du quotidien L'Espérance : les agissements anti-cléricaux du maire de Pollestres en 1881.


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samedi 15 novembre 2014

Tuée par la foudre à Caixas en 1892

La Lanterne (Paris) du 5 octobre 1892 nous informe d'un drame ayant eu lieu à Caixas, dans les Aspres, en raison d'un violent orage. Caixas comprend 335 habitants en 1892, pour 128 recensés en 2011.

Victime de la foudre

Perpignan, 3 octobre. - Hier matin, vers 6 heures 1/2, un orage violent s'est abattu sur Caixas. La foudre est tombée sur la métairie Liardeu et a tué une journalière de Calmeilles, nommée Rose Panicot, qui se trouvait sur le seuil de la porte. Trois autres personnes qui se trouvaient près de là n'ont eu aucun mal. Les dégâts causés par la foudre sont assez importants.

La métairie mentionnée dans l'article est située au nord-est de Caixas et est indiquée de nos jours sur la carte IGN sous le nom de Mas d'en Llardeu, devenu un hameau.
L'infortunée journalière est originaire de Calmeilles, commune frontalière de Caixas sur sa limite sud.

Source : Gallica (cf. lien)
Carte : Géoportail (IGN)

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mardi 14 octobre 2014

Mort tragique à la mairie de Banyuls-sur-Mer en 1892

Le journal Le Grelot du 28 février 1892 nous rapporte un tragique fait divers ayant eu lieu dans la mairie même de Banyuls-sur-Mer.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
La mairie de Banyuls-sur-Mer.

Lu dans la Petite République :
« Un vieux mendiant, recueilli à l'asile de nuit de Banyuls-sur-Mer, dans le sous-sol de la mairie, y a été oublié pendant trois jours. On l'a retrouvé mort de froid et de faim. »

Si l'on soigne ainsi les gens qui sont recueillis dans les asiles, jugez du sort réservé à ceux qu'on ne recueille pas !...



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vendredi 22 août 2014

L'adjoint au maire se noie à Casefabre en 1928

Casefabre est une petite commune des Aspres, située au sud d'Ille-sur-Têt. Le recensement de 1926 indique 78 habitants, pour 39 en 2011.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Casefabre vers 1885

Isolé sur un promontoire à 613 mètres d'altitude, le village de Casefabre est traversé par nombre de petites rivières sur ses versants ouest et est. Celles-ci aboutissent sur le versant ouest dans la rivière du Boulès, affluent de la Têt, située plus au nord. Comme dans toute rivière on aime s'y baigner mais, cette fois-ci, le Boulès est le théâtre d'un drame, ainsi que nous l'apprend Le Gaulois du 6 août 1928.

Perpignan, 5 août.- Cyprien Liense, 40 ans, adjoint au maire de Casefabre, se baignant dans la rivière Boules, fut pris de congestion et coula. Après de longues recherches, le corps fut retrouvé au fond d'un gouffre.

Note : Je pense que le nom de l'adjoint est Llense, plutôt que Liense, et que le journaliste a fait une faute, ne connaissant peut-être pas ce nom. En tout cas, le nom Llense est toujours présent dans la région, tandis que Liense n'existe pas.

Note de 2016 : En avril 2016, c'est le maire de Casefabre lui-même, Daniel Moragas, qui meurt dans un accident de tracteur.

Source : Le Gaulois du 6 août 1928 [domaine public], via Gallica (cf. lien)
Photographie : Jean-Auguste Brutails (1859-1926) [domaine public], via le site de l'Université Michel de Montaigne Bordeaux 3 BU Lettres.


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jeudi 31 juillet 2014

Vent violent de Fitou à Millas en février 1892

Un train soufflé par le vent

En février 1892, le vent violent provoque des accidents en série dans le département, allant jusqu'à renverser un train au bord de l'étang de Salses-Leucate et une charrette à Millas. Ces faits sont relayés dans la presse nationale.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
L'étang de Salses-Leucate

Dépêche parue dans le Figaro du 14 février 1892.

- PERPIGNAN, 13 février. - La violence du vent qui souffle depuis quelques jours a redoublé ce matin. Sur plusieurs points des poteaux télégraphiques ont été renversés, des arbres déracinés, des cheminées abattues.

De nombreux accidents se sont certainement produits sur tous les points du département; on n'en signale encore que deux. A dix heures, sur la ligne de Perpignan à Narbonne, un train de marchandises a été culbuté près de Fitou ; la locomotive est restée debout, mais les wagons ont été précipités dans la tranchée qui borde la voie ; quelques-uns ont même roulé jusque dans l'étang de Leucate. Le mécanicien et le chauffeur n'eurent aucun mal, mais le serre-frein placé dans le dernier wagon a été fortement contusionné. La voie reste interceptée et la circulation est interrompue entre Narbonne et Perpignan et l'Espagne. Une machine de secours, emportant le matériel nécessaire au déblaiement, a quitté Perpignan à midi, emmenant une escouade sous la conduite de M. l'ingénieur Dupuy. La Compagnie du Midi espère que la circulation sera rétablie vers sept heures du soir, si la violence de la tempête ne contrarie pas trop les efforts des employés.

A Millas, un autre accident s'est produit. Deux charrettes, appartenant à M. Camille Gouzy, propriétaire, passaient sur le pont de la Têt, avec un chargement de fourrage, lorsqu'elles furent précipitées dans la rivière, d'une hauteur de 10 mètres. Les chevaux furent tués dans la chute. Les conducteurs, qui marchaient à côté de ces charrettes, n'eurent aucun mal.

Les numéros de la semaine suivante du Figaro ne mentionnent pas d'autres incidents.

Source : Gallica (cf. lien)
Photo : Fabricio Cardenas (CC-BY-SA)



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vendredi 13 juin 2014

Un spectacle électrique à Perpignan en 1889

Le courant passe dans la salle

C'est un curieux fait divers que l'on peut lire dans L'Est Républicain du 30 juillet 1889.

Un accident s'est produit, l'autre soir, à l'Alcazar de Perpignan. Pendant la pantomime, un des fils conducteurs de l'électricité s'est rompu et la salle a été plongée dans une profonde obscurité. Pendant ce temps, des trépidations se produisaient, des décharges électriques se communiquaient aux spectateurs, les assistants poussaient des cris affreux. Tout a été renversé, des tables, chaises, verres ont été réduits en morceaux. Quelques spectateurs tombaient foudroyés par l'électricité. Beaucoup ne sont revenus à eux que longtemps après. Plusieurs ont été assez grièvement contusionnés.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Le mime Séverin en 1896
La salle de l'Alcazar, créée en 1874, se trouvait à Perpignan dans le quartier de la Basse (en dehors des remparts). C'était un endroit où l'on pouvait s'encanailler et qui proposait des animations en tous genres : café-théâtre, salle de jeux, restaurant, salons très particuliers, etc. On construisit même à côté des arènes et un vélodrome. Le bâtiment principal changea plusieurs fois de fonction, après être devenu un cinéma dès 1911, et fut démoli dans les années 70.

Sources : 
Le kiosque lorrain (Bibliothèque médiathèque de Nancy) pour la presse
Histoire de l'Alcazar :
Jean-Louis Roure, Perpignan à la Belle-époque 1880-1914, éds. Trabucaire, 2006.

Photo : Anonyme, vers 1896, via Wikimedia Commons (domaine public).


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jeudi 22 mai 2014

Accident malheureux du curé de Théza en 1900

Des dangers de la canne-fusil

C'est un curieux fait divers que l'on peut lire dans La Lanterne du 7 février 1900. On pourrait presque croire à un canular de par le nom de son principal protagoniste, l'abbé Cot, qui rappelle les noms parodiques de l'abbé Quille, de la mère Cédés ou du père Iscope, et de par la nature de l'accident qui est narré.

Théza est en 1900 une petite commune de 427 habitants (elle en compte plus du triple aujourd'hui), située au sud-est de la ville de Perpignan avec laquelle elle est limitrophe par un quadripoint, également partagé par Villeneuve-de-la-Raho et Saleilles (à l'époque Cabestany puisque Saleilles ne reprend son indépendance qu'en 1923). Elle possède une église dédiée à Saint-Pierre et construite au 19ème siècle.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
L'église Saint-Pierre à Théza
LE DOIGT DE DIEU

Perpignan, 5 février. — Ça continue ! Le père Eternel devient de plus en plus aveugle, c'est une véritable plaie qui s'abat sur ses ministres et fidèles serviteurs.
L'abbé Cot, curé à Théza, près de Perpignan, âgé de 40 ans, s'est blessé grièvement dans des conditions particulièrement curieuses :
Portant à la main une canne-fusil, il causait avec son maçon, lorsqu'il s'arrêta pour compléter sa démonstration par des figures géométriques qu'il traça sur le sol avec la dite canne-fusil chargée de plomb. Brusquement, la tige servant d'arrêt s'étant dégagée à la suite du frottement, le coup partit et la charge atteignit l'abbé Cot en plein ventre.
Le blessé fut conduit chez lui. Le côlon était perforé. Une péritonite ne tarda pas à se déclarer ; l'état de l'abbé Cot est absolument désespéré.

On retrouve la même information dans l'Ouest-Éclair du 5 février 1900, avec une petite variante de nom, on nous parle de l'abbé Cote, et l'on apprend en plus que le blessé eut le courage d'arriver jusque chez lui en arrêtant avec sa main une abondante hémorragie. Le pronostic est le même.

Je n'ai pas su retrouver pour l'instant ce qu'il advint de ce malheureux curé. Peut-être quelqu'un le sait-il ? Quoi qu'il en soit, on se rend compte en passant en revue la presse du 19ème siècle que les accidents dus à des cannes-fusils sont légion. C'est également avec une arme de cette nature que Louis Alibaud tenta d'assassiner le roi Louis-Philippe en 1836, tout en le manquant alors qu'il était tout près. De nos jours les cannes ont disparu, et les cannes-fusils et les cannes-épées avec...

Modèle de canne-fusil en 1891

Sources : Gallica + info sourcées de Wikipédia (cf. liens)
Photos : Fabricio Cardenas (église) [CC-BY-SA] et Gallica (canne-fusil) [Domaine public].


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jeudi 6 mars 2014

Incendie de la mairie de Vingrau en 1935

Un mort et la mairie de Vingrau détruite

En 1935, Vingrau est un village de 722 habitants (629 en 2011). Le fait divers narré ci-dessous provoque la destruction de la mairie, des archives municipales et la mort d'une personne.
La nouvelle mairie et la place du village

Le Populaire, 3 septembre 1935

Le feu détruit une mairie des Pyrénées-Orientales

Un cantonnier est carbonisé

Perpignan, 2 septembre. - A Vingrau, M. Charles Béringuier, 62 ans, cantonnier, allait chercher des fusées paragrêle, dans les caves de la mairie, quand, pour une cause impossible à définir, une explosion se produisit, provoquant l'incendie de l'immeuble municipal.
Les bâtiments ont été détruits ainsi que les archives et toutes les pièces du secrétariat. Dans les décombres, on releva le corps de l'infortuné cantonnier, entièrement carbonisé. Il laisse une veuve et cinq enfants.

Source : Le Populaire du  3 septembre 1935 [domaine public], via Gallica
Photo : Site de la mairie de Vingrau



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mardi 4 février 2014

Accident à Montbolo en 1886

Trois morts dans une carrière de Montbolo

Drame à Montbolo le 20 mars 1886, paru dans Le XIXe siècle du 21 mars 1886.


Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Vue du village de Montbolo


Un éboulement

Un éboulement s'est produit hier soir à cinq heures, dans une carrière de pierre à plâtre, à Montbolo, près Amélie-les-Bains (Pyrénées-Orientales).
Il y a eu plusieurs victimes ; trois ouvriers ont été écrasés sous les décombres ; on n'a pu retirer leurs cadavres qu'après quinze heures de travail.

Commentaires

En 1886, la population de Montbolo est de 256 habitants (186 en 2011).

Le plâtre étant un produit transformé, il s'agit bien évidemment ici d'un gisement de gypse à ciel ouvert, ainsi qu'il en existe d'autres dans la région (Lesquerde et Amélie-les-Bains notamment). On trouve aussi à Montbolo de la lutite et de la dolomie.

Il y avait peu de terres cultivables à Montbolo, et l'exploitation de la forêt et des carrières représentait la principale activité.

Source :  Le XIXe siècle du 21 mars 1886 [domaine public]
Photo : Fabricio Cardenas [cc-by-sa]


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