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dimanche 12 mai 2019

Camélas le 18 juin 1815

Je poursuis avec la commune de Camélas mes retranscriptions concernant les archives de la période des Cent-Jours en 1815 dans le département des Pyrénées-Orientales. Nous allons voir qu'à l'instar de la plupart des communes déjà traitées, le maire de Camélas a dû, lui aussi, laisser sa place à un sujet sans doute plus fidèle à l'Empereur en ce 18 juin 1815.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Une rue de Camélas.


Note : le texte est retranscrit tel quel, sans modification de l'orthographe.

Camelas

L'an mille huit cent quinze et dix huitième jour du mois de juin, en vertu de l'arreté de Mr le Préfet du Département des Pyrennées Orientales en datte du trois juin presente année qui ordonne l'installation du maire et de l'adjoint de Camelas elus dans les assemblées primaires de ditte Commune le vingt cinq mai dernier.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
L'an mille huit cent quinze et dix huitième jour du mois de juin...


En vertu de la délégation qui m'a été faite par Mr. le Sous prefet de l'arrondissement de Perpignan en datte du cinq juin courant mois, j'aÿ à cet effet invité le Sr Brial Etienne Maire et Brial André adjoint de se rendre à la maison commune pour ÿ pretter le serment prescrit par l'article 56 du Senatus Consulte du 28 floreal an 12 dont la teneur suit.
Je jure obeissance aux Constitutions de l'empire, et fidelité à l'empereur.

Après que le Sr Brial Etienne, et Brial André se sont presentés par devant le Sr Massina delegué par Mr le Sous prefet, leur a fait pretter individuellement le serment de fidelité cÿ dessus. De tout quoi avons dressé acte qui ont signé avec nous Massina Antoine.

[signatures]
Brial Etienne maire
Brial André adjoint
Massina ex-maire

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Les signatures.


Le maire sortant, Antoine Massina, était en place depuis 1799. Il avait donc réussi à rester en fonction durant tout l'Empire, ce qui est assez rare pour être remarqué. Peut-être n'a-t-il pas assez montré sa fidélité à l'Empereur après la première installation de Louis XVIII, ni son enthousiasme lors du retour de Napoléon Ier durant les Cent-Jours ? Il est en tout cas remplacé par quelqu'un jugé plus apte à la situation. Je n'ai pas su trouver pour l'instant combien de temps exactement Étienne Brial est resté en poste mais, quoi qu'il en soit, Antoine Massina retrouve dans la même année son fauteuil de maire, sans doute après le retour de Louis XVIII et le conserve, tout de même, jusqu'en 1830.

A noter : Le maire qui prend sa suite s'appelle aussi Étienne Brial. Est-ce le même ? On peut le penser, d'autant que le maire suivant de 1838 à 1841 n'est autre qu'André Brial, peut-être aussi l'ancien adjoint éphémère de 1815. Cela serait une revanche pour tous les deux.

Sources :
* ADPO, 2M37
* Autres dates : Geneanet

Illustrations :
* Photo village : Jim Walton [cc-by] (via Wikimedia Commons)
* Photos texte : Fabricio Cardenas [cc-by-sa]


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lundi 13 novembre 2017

Boule d'Amont le 7 juin 1815

Je poursuis avec la commune de Boule-d'Amont mes retranscriptions concernant les archives de la période des Cent-Jours en 1815 dans le département des Pyrénées-Orientales. Nous allons voir qu'à l'instar de la plupart des communes déjà traitées, le maire de Boule-d'Amont a dû, lui aussi, laisser sa place à un sujet sans doute plus fidèle à l'Empereur en ce 7 juin 1815.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
La mairie de Boule-d'Amont.

Note : le texte est retranscrit tel quel, sans modification de l'orthographe et suivant le contenu de chaque ligne.

Ce jourdhui septieme jour du mois de juin de lan mil
huit cent quinze, nous Toubert Dominique maire en éxercice de la
commune de Boule d'amont du troisiéme arrondissement du departement
des Pyrenées Orientales d'après la lettre de monsieur le sous préfet en
date du trois du courant mois de juin à laquelle était joint un arreté
de monsieur le préfet sous la date du premier juin courant par lequel
il ordonne d'aprés avoir vu le procès verbal des operations de lassemblée
primaire de cette commune de Boule d'amont en date du vingt-un mai
dernier d'installer le sieur Damien Blanc pour occuper la place de maire
et le sieur Damien Ollet pour occuper celle d'adjoint élus par l'assemblée
primaire de cette commune le sus dit jour et en outre de leur faire preter
le serment préscrit par l'article cinquante six du Senatus consulte du
vingt huit floreal an douze incéré au premier article du decret
imperial du huit avril dernier Bulletin n°12 concu en ces termes -
« Je jure obeissance aux constitutions de l'empire et fidelité
« a l'empereur » -.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Un extrait du texte.


En consequence aÿant convoqué les sieurs designés au local
ou se tiennent ordinairement les seances municipales et nous nous sommes
aussi enjoint deux membres du conseil municipal ainsi que deux autres
particuliers de cette commune. Avant tout nous avons fait lecture
de la lettre et arreté ci dessus precités et ensuite nous avons fait metre
les sieurs Blanc et Ollet en notre presence et avons prononcé mot
à mot le serment ci contre lequel a été repeté 1° par le sieur Damien
Blanc 2° par le sieur Damien Ollet. Aÿant tous les deux la main
levée que d'après cette formalité remplie conformement a la loi avons
declaré et prononcé que le sieur Blanc Damien en éxecution des ordres
ci dessus precités était dès ce moment installé maire de cette commune
et le sieur Damien Ollet en execution des memes ordres était des ce moment
installé adjoint au maire de cette commune et que chacun d'eux
remplirait ces fonctions en leur dite qualité dans cette commune de Boule
d'Amont et que d'après cette installation par nous faite ils seront reconnus
par leurs administres respectifs tels que la loi le veut et avait ordonné
conformement à la lettre ci dessus prescrite de monsieur le sous prefet que
proces verbal serait redigé sur le registre de la mairie de cette installation
et que copie conforme serait éxpediée à monsieur le sous préfet pour lui
constater l'éxecution des ordres ci dessus énoncés que Damien Blanc a signé
ainsi que Damien Ollet avec nous maire en exercice, fait et dressé à
Boule damont le jour mois et an que ci dessus. - Toubert maire Blanc
maire installé et Ollet. - Pour copie conforme. -

[Signature de Toubert maire]

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Signature du maire sortant Dominique Toubert.


N'ayant pas trouvé en ligne de liste des maires de Boule-d'Amont, je ne peux dire depuis quand Dominique Toubert était maire de la commune. Je n'ai pas trouvé d'informations sûre sur lui, bien qu'il existe un Dominique Joseph Tubert, né en 1763 et mort en 1818, fils d'un Joseph Tubert né à Boule-d'Amont. De Tubert à sa prononciation phonétique Toubert, il n'y a qu'un pas, d'autant plus qu'il existe encore un Mas Tubert à Boule-d'Amont. Quoi qu'il en soit, si c'est lui qui a rédigé le texte, c'est en tout cas quelqu'un de relativement éduqué, du fait de son écriture régulière et de la quasi absence de fautes (hormis les accents dont l'emploi est toujours un peu aléatoire à cette époque) et malgré le style très administratif du courrier qui correspond peut-être à un modèle envoyé par la préfecture.

Remplacé en ce 7 janvier 1815 par Damien Blanc, le nom de ce dernier apparaît dans le registre des mariages de Corsavy en 1829, étant le père d'Alexandre Blanc, « propriétaire à Boule-d'Amont » qui se marie alors avec une demoiselle originaire de Boule-d'Amont également mais vivant à Corsavy (à quelques kilomètres plus au sud). Je ne sais pas non plus jusqu'à quand Damien Blanc a exercé le mandat de maire.

Concernant le nouvel adjoint au maire, Damien Ollet, une personne de ce nom est bien née à Boule-d'Amont le 14 mars 1778 et exerçait le métier de chirurgien. Il aurait donc eu 37 ans au moment de sa nomination.

Avis aux lecteurs de cet article : n'hésitez pas à transmettre des informations sur ces personnes si vous en avez !

Sources :
* ADPO, 2M37
* Dominique Toubert  : Geneanet
* Damien Blanc : Cortsavi sempre
* Damien Ollet : Geneanet

Illustrations :
* Photo de la mairie : MartinD [cc-by-sa] via Wikimedia Commons
* Photos du texte : Fabricio Cardenas [cc-by-sa]


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vendredi 4 novembre 2016

Les caves de Byrrh sur FR3 en 1975

Les caves de Byrrh, installées à Thuir, sont depuis longtemps connues dans le département et ailleurs non seulement comme lieu de production du célèbre apéritif éponyme (créé en 1866, marque déposée depuis 1873), mais aussi pour sa gigantesque cuve de chêne revendiquant le titre de plus grand fût au monde, avec sa capacité de 10 002 hectolitres.



Les archives de l'INA m'ont permis de retrouver un petit reportage diffusé au journal télévisé de FR3 Montpellier le 23 août 1975. On y apprend notamment que les caves se visitent alors exclusivement du 15 juillet au 15 août. De plus, la visite et la dégustation à la fin du circuit sont toutes deux gratuites ! De nos jours, les caves se visitent toute l'année, mais l'entrée est à 4,5 € (dégustation comprise).



Note : Si la lecture de la vidéo ne fonctionne pas sur votre téléphone, cliquer sur le le lien du site de l'INA ci-dessous.


Source : le site de l'INA
Copyright : FR3 Montpellier

Illustration : Publicité pour le Byrrh par Victor Leydet (1861-1904) [domaine public]

Pour rappel, cet autre article de ce blog sur le Byrrh à relire ici.


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dimanche 31 janvier 2016

Promenades scolaires pour les enfants de Caixas en 1882

Caixas, une commune jugée arriérée mais en progrès

On peut lire dans le Bulletin de l’enseignement primaire du département des Pyrénées-Orientales du mois de mars 1882 un rapport de l'inspecteur primaire auprès de l'inspecteur académique à propos de l'école de Caixas, petite commune des Aspres peuplée à l'époque d'un peu plus de 300 habitants (pour seulement 137 en 2013).



Les mots sont à la fois sévères, puisque notre inspecteur ne se prive pas de traiter la population de Caixas de « plus arriérée de l'arrondissement », mais en même temps plein d'espoirs du fait des progrès que ne manqueront pas de faire les enfants de la commune grâce au zèle sans limite de leur instituteur, que l'on imagine sans peine en digne représentant de ceux que l'on appellera un peu plus tard les « hussards noirs de la République ». Et en prime, celui-ci innove : il est en effet le premier instituteur du département à organiser des promenades scolaires. Il s'agit bien sûr, nous dit-on, d'apprendre à ces rustres enfants de paysans à enfin voir et comprendre le monde qui les entoure, dont ils ignoraient tout jusque là.


Monsieur l'Inspecteur, 

J'ai l'honneur de vous transmettre, et je suis sûr que vous lirez avec intérêt le rapport ci-joint de M. Bataille, instituteur à Caixas.

Il y a trois ans, Caixas passait, non sans raison, pour la commune la plus arriérée de l'arrondissement. Située en montagne, et composée d'habitations éparses, elle semblait, cette pauvre commune, devoir rester longtemps réfractaire au progrès. Grâce au zèle intelligent d'un jeune et modeste instituteur, elle a aujourd'hui une excellente école, une bonne bibliothèque et l'honneur de voir la première, s'organiser les promenades scolaires.

Ce que M. Bataille obtient à Caixas, ses collègues peuvent l'obtenir partout ailleurs, plus facilement que lui, pourvu qu'ils le veuillent. J'espère que l'exemple du jeune instituteur sera bientôt généralement suivi. J'espère que bientôt chaque école aura sa bibliothèque et aussi que bon nombre d'instituteurs auront organisé ces promenades scolaires du jeudi, si chères aux enfants, si fructueuses pour leur cœur et leur intelligence, quand elles sont bien dirigées.

Apprendre aux fils de laboureurs à voir la campagne, à en sentir le charme, à en comprendre la merveilleuse harmonie, c'est leur rendre un inappréciable service, plus grand peut-être que celui de leur apprendre à lire dans les livres des hommes. Et cela s'apprend, sans qu'il y paraisse, dans les promenades scolaires, conduites par un maître intelligent et dévoué. Je le sais par expérience ; je l'ai vu dans un pauvre arrondissement des Alpes. Les instituteurs du superbe Roussillon, sauront, comme M. Bataille, se mettre au niveau et même au-dessus de leurs collègues de l'Est.

Veuillez agréer, M. l'Inspecteur, l'hommage de mon respectueux dévouement.

L'inspecteur primaire,
S. Boiron

Perpignan, le 19 mars 1882.

Note : Il n'y a plus de nos jours d'école à Caixas et en 2015-2016 les douze écoliers originaires de cette commune sont inscrits dans les écoles de Llauro et Tordères. Sans doute font-ils encore des promenades !

Sources :
* Bulletin de l’enseignement primaire du département des Pyrénées-Orientales du mois de mars 1882 [domaine public] (via le fonds numérisé de la Bibliothèque municipale de Perpignan)
* Site internet de la commune de Tordères, section Ecoles.


Un autre article sur Caixas est à relire ici.

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jeudi 11 décembre 2014

Le Byrrh désaltère sans débiliter en 1931

Une boisson tonique et hygiénique


Inventé en 1866, le Byrrh, apéritif à base de vins, de quinquina et d'épices divers, est indissociable de la ville de Thuir dans les Aspres. Connue pour ses campagnes de publicité dynamiques dans la première moitié du XXème siècle, la marque a depuis perdu de son aura mais reste associée au patrimoine des Pyrénées-Orientales et ses entrepôts sont encore un objet de curiosité des visiteurs de notre région.

J'ai choisi ici de retranscrire une publicité pour le Byrrh datant de 1931 et parue dans la Revue des vins et liqueurs et des produits alimentaires pour l'exportation. Moins colorée que les publicités destinées au grand public, je l'ai néanmoins trouvée intéressante pour le texte d'explication sur sa fabrication et sa consommation, destiné aux professionnels, et qui traduit bien les usages de l'époque.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
L'entrée des entrepôts Byrrh en 1909

Voici donc la retranscription de cette réclame.

BYRRH
Vin tonique et hygiénique
Maison L. Violet, à Thuir (P.-O.)
J. & S. Violet frères, successeurs

Le Byrrh est une boisson savoureuse, éminemment tonique et hygiénique.
Il est fait avec des vins vieux exceptionnellement généreux, mis au contact de quinquina et d'autres substances amères de premier choix.
Il emprunte à ces substances un arôme agréable et de précieuses propriétés cordiales ; et il doit aux vins naturels, qui seuls servent à sa préparation, une haute supériorité hygiénique sur les nombreux produits dont l'alcool est l'élément principal.
Grâce à la légitime réputation que lui ont value de pareilles qualités, le BYRRH a reçu du public l'accueil le plus empressé. Il compte aujourd'hui parmi les boissons classiques. On le trouve dans tous les établissements de consommation, ainsi que dans toutes les maisons de vente de spiritueux et de produits alimentaires.
Comme tonique hygiénique, le BYRRH se prend pur, à la dose d'un verre à Bordeaux.
Etendu d'eau fraîche ou, de préférence, d'eau de seltz, il devient une boisson qui désaltère parfaitement sans débiliter.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales

De nombreux vins et apéritifs de l'époque se targuaient de leur effet tonique et hygiénique sur leurs consommateurs. Mais le Byrrh vous offrait de surcroît l'avantage de vous désaltérer tout en restant maître de toutes vos facultés ! Le Byrrh titre tout de même 17° et il semble pourtant peu probable que l'on reste sobre après une bouteille. Cela n'empêchera pas le succès de la marque qui, en 1950, construit la plus grande cuve en chêne du monde (1 000 200 litres) dans les entrepôts de Thuir.

Sources :
Article : Revue des vins et liqueurs et des produits alimentaires pour l'exportation (vol. 56, 1931) (via Gallica [cf. lien], domaine public).
Photo : Eugène Trutat (1840-1910) en 1909, via Rosalis [bib. numérique de Toulouse], domaine public. 
Photo article : Fabricio Cardenas (CC-BY-SA)

Le site de l'entreprise : www.caves-byrrh.fr


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mardi 18 novembre 2014

Des guérisseurs à Vivès en 1882

C'est l'histoire d'un drame d'apparence banale que nous relate le quotidien L'Espérance du 4 janvier 1882. Mais grâce à ce fait divers, c'est également un type d'information rarement écrite qui est parvenu jusqu'à nous. En effet, les familles de guérisseurs sont souvent connues localement mais leur réputation se fait généralement par le bouche à oreille et leur souvenir se perd alors avec l'ensemble du savoir oral au gré des générations. Le journaliste de l'époque a sans doute tenu à leur rendre hommage.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Le centre de Vivès
Palalda, 2 janvier.

Dans le courant de la semaine dernière, un homme originaire de Serrallongue, garçon muletier à la métairie Aldaï, territoire de Palalda - suivait sur la grand-route, entre Céret à Amélie-les-Bains, une lourde charrette chargée de farine.
Chemin faisant, tout en causant avec le charretier, il fit un faux pas, tomba sous le véhicule, et une roue lui broya la jambe droite.
On mit le pauvre estropié sur la charrette et on le conduisit à la métairie Aldaï, laquelle appartient à la famille de Lourdoueix.
Lorsqu'il fut reposé, on le porta à Vivès, chez MM. Noé. De père en fils, les Noé reçoivent le don de remettre les fractures.
Il parait cependant que pour ce pauvre malheureux, l'amputation deviendra nécessaire, tellement sont broyés les os de sa jambe.
Les Noé, aussi bien ceux de Vivès que ceux de St-Michel-de-Llotes, rendent d'admirables services dans le département ; non-seulement ils n'acceptent aucune rémunération, mais ils donnent bien souvent des secours aux malheureux qui viennent implorer leur guérison.

On imagine sans mal la souffrance de ce pauvre muletier qu'il a fallu ramener chez lui avant de se décider à le porter de Palalda à Vivès (16 km de nos jours) pour sans doute au final le ramener ailleurs pour une amputation.

La métairie Aldaï est aujourd'hui mentionnée sur la carte IGN  sous le nom de Mas Alday et se trouve en bas de Palalda, près du Tech. Palalda est encore une commune à cette époque, n'étant fusionnée avec Amélie-les-Bains qu'en 1942. Serralongue, village d'origine du muletier, se trouve plus haut en Vallespir.

La famille Noé de Vivès, dans les Aspres, a donné plusieurs maires à la commune, dont le plus connu, Joseph, maire de 1884 à 1902, a également été conseiller général du canton de Céret. Il y a aussi un Dominique Noé vers 1814 et un Jacques Noé de 1919 à 1921.

A Saint-Michel-de-Llotes, en Ribéral, un certain Dominique Noé a aussi été maire de 1830 à 1848 puis de 1852 à 1867.

Ces familles de guérisseurs existent-elles encore de nos jours ? L'annuaire ne montre plus de Noé dans ces deux communes, bien que l'on en trouve encore dans les environs. Cela ne veut pas dire qu"il ne sont plus présent en ces deux endroits ni que leur talent ne ce soit transmis sous un autre nom ou ailleurs. Seuls des habitants de Vivès ou Saint-Michel-de-Llotes pourraient nous en dire plus ?

Sources :
* Article de L'Espérance : Fonds numérisé de la Bibliothèque de Perpignan  [domaine public]
* Maires de Vivès : De Vivers à Vivès : du 2ème au 3ème millénaire, mémoires d'un village, Vivès, Mairie de Vivès,‎ 1999
* Maires de  Saint-Michel-de-Llotes : MairesGenWeb
Photo : Fabricio Cardenas [CC-BY-SA]

Pour rappel, dans ce même numéro du quotidien L'Espérance : les agissements anti-cléricaux du maire de Pollestres en 1881.


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samedi 15 novembre 2014

Tuée par la foudre à Caixas en 1892

La Lanterne (Paris) du 5 octobre 1892 nous informe d'un drame ayant eu lieu à Caixas, dans les Aspres, en raison d'un violent orage. Caixas comprend 335 habitants en 1892, pour 128 recensés en 2011.

Victime de la foudre

Perpignan, 3 octobre. - Hier matin, vers 6 heures 1/2, un orage violent s'est abattu sur Caixas. La foudre est tombée sur la métairie Liardeu et a tué une journalière de Calmeilles, nommée Rose Panicot, qui se trouvait sur le seuil de la porte. Trois autres personnes qui se trouvaient près de là n'ont eu aucun mal. Les dégâts causés par la foudre sont assez importants.

La métairie mentionnée dans l'article est située au nord-est de Caixas et est indiquée de nos jours sur la carte IGN sous le nom de Mas d'en Llardeu, devenu un hameau.
L'infortunée journalière est originaire de Calmeilles, commune frontalière de Caixas sur sa limite sud.

Source : Gallica (cf. lien)
Carte : Géoportail (IGN)

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lundi 1 septembre 2014

Un anarchiste espagnol arrêté à Llupia en 1904

Les polices française et espagnole collaborent


En 1904, la répression contre les anarchistes en Espagne va bon train, puisqu'alors le simple fait de ne pas faire de mariage religieux ou de ne pas faire baptiser ses enfants peut suffire à vous rendre suspect et à vous faire arrêter. Il n'est pas étonnant, en conséquence, que de nombreux anarchistes  se réfugient de l'autre côté de la frontière, à Perpignan et dans sa région. Mais les forces de police espagnole et française collaborent dans leur traque des anarchistes, ainsi qu'en témoignent les dépêches parues ci-dessous, révélant la présence d'un supposé terroriste à Llupia, près de Thuir.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Des anarchistes à Llupia ?


Arrestation d'un anarchiste

Perpignan, 23 septembre. - Dépêche particulière du Matin. - La police barcelonaise ayant eu vent d'une réunion secrète d'anarchistes, tenue à Perpignan, a envoyé des agents dans notre ville. Sur leurs indications, le commissaire spécial Decamps a fait arrêter à Thuir, par la gendarmerie, le nommé Mestruc, sujet espagnol.
Le gouvernement espagnol a demandé au gouvernement français l'extradition de cet anarchiste, qui aurait, dit-on, participé aux récents attentats à la dynamite commis à Barcelone.

Deux jours plus tard, on en sait un peu plus et notamment que cet anarchiste a été arrêté non pas à Thuir, mais à Llupia.
L'Aurore (Paris), 26 septembre 1904

Arrestation d'un anarchiste espagnol .- Perpignan .- La gendarmerie a mis en arrestation, près de Llupia, canton de Thuir, un anarchiste espagnol considéré comme dangereux. C'est le nommé Mestruc, soupçonné d'être l'auteur de l'attentat à la dynamite du palais de justice de Barcelone.
Mestruc a été interrogé par le commissaire spécial, en présence d'un agent de la police espagnole.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Le Palais de justice de Barcelone en 1911

Sans doute est-il fait référence à l'attentat à la bombe qui touche le Palais de Justice de Barcelone le 17 septembre 1904. Parmi les nombreux suspects, un jeune vitrier anarchiste nommé Joan Rull Queraltó, qui aurait posé l'engin explosif près d'un urinoir situé à proximité et un franco-belge, Maurice Bernardon, expert en explosifs. Je n'ai pas trouvé de trace d'un Mestruc, peut-être est-ce le nom ou le surnom de l'un des nombreux protagonistes de cette affaire.

Sources :
* Le Matin du 24 septembre 1904 [domaine public], via Gallica (cf. lien)
* L'Aurore (Paris) du 26 septembre 1904 [domaine public], via Gallica (cf. lien) 
Détails attentat :
Antoni Dalmau i Ribalta, « Jesús Navarro Botella (1881-?), maestro racionalista, activista anarquista
y editor » in Hispania, 2015, vol. LXXV, nº. 249


Photo Llupia : Mairie de Llupia, par Fabricio Cardenas (licence CC-BY-SA)
Photo Palais de justice de Barcelone : Anonyme (1911) [domaine public]


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vendredi 22 août 2014

L'adjoint au maire se noie à Casefabre en 1928

Casefabre est une petite commune des Aspres, située au sud d'Ille-sur-Têt. Le recensement de 1926 indique 78 habitants, pour 39 en 2011.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Casefabre vers 1885

Isolé sur un promontoire à 613 mètres d'altitude, le village de Casefabre est traversé par nombre de petites rivières sur ses versants ouest et est. Celles-ci aboutissent sur le versant ouest dans la rivière du Boulès, affluent de la Têt, située plus au nord. Comme dans toute rivière on aime s'y baigner mais, cette fois-ci, le Boulès est le théâtre d'un drame, ainsi que nous l'apprend Le Gaulois du 6 août 1928.

Perpignan, 5 août.- Cyprien Liense, 40 ans, adjoint au maire de Casefabre, se baignant dans la rivière Boules, fut pris de congestion et coula. Après de longues recherches, le corps fut retrouvé au fond d'un gouffre.

Note : Je pense que le nom de l'adjoint est Llense, plutôt que Liense, et que le journaliste a fait une faute, ne connaissant peut-être pas ce nom. En tout cas, le nom Llense est toujours présent dans la région, tandis que Liense n'existe pas.

Note de 2016 : En avril 2016, c'est le maire de Casefabre lui-même, Daniel Moragas, qui meurt dans un accident de tracteur.

Source : Le Gaulois du 6 août 1928 [domaine public], via Gallica (cf. lien)
Photographie : Jean-Auguste Brutails (1859-1926) [domaine public], via le site de l'Université Michel de Montaigne Bordeaux 3 BU Lettres.


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