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mercredi 3 décembre 2014

Le mauvais temps dans les Pyrénées-Orientales en novembre 1908

La Lanterne (Paris) du 19 novembre 1908 nous informe des conséquences du mauvais temps dans les Pyrénées-Orientales.

Le mauvais temps

Perpignan, 17 novembre. - La tempête a redoublé de violence dans la nuit. Sur le littoral méditerranéen, la mer est très grosse.
A Canet, des vagues ont envahi les villas.
A Banyuls-sur-Mer, le bateau à vapeur Roland du laboratoire zoologique Arago, amarré dans le bassin spécial, est perdu.
A Argelès-sur-Mer (arrondissement de Céret), la rivière Massane a débordé, inondant la plaine et causant des dégâts sérieux.

Le navire le Roland, utilisé par le laboratoire Arago, avait été financé à partir de 1890 par le prince philanthrope, géographe et naturaliste Roland Bonaparte, petit-fils de Lucien (second frère de Napoléon).
Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Le Roland dans son bassin à Banyuls-sur-Mer en 1895.

Sources :
* Article : Gallica (cf. lien) [domaine public]
* Photo : Société de Géographie (1895) [coll. BnF, domaine public]


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samedi 9 août 2014

Déluge à Urbanya en 1907

Avec 10 habitants recensés en 2011, Urbanya est aujourd'hui la commune la moins peuplée du département des Pyrénées-Orientales. Mais en 1907, on y trouvait encore 275 habitants, et ceux-ci subirent des intempéries catastrophiques, ainsi que nous l'apprend la presse quotidienne de ce mois de septembre 1907. Le village est situé  à 880 mètres d'altitude dans une vallée reculée du Conflent et il n'existait pas encore à l'époque de vraie route le reliant aux villages voisins de Conat ou Nohèdes.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Urbanya

Le Rappel du 14 septembre 1907

Prades - Un cyclone s'est abattu sur la commune d'Urbanya et ses environs et a causé des pertes considérables.

On en sait un peu plus le lendemain.

La Presse (Paris)  du 15 septembre 1907.

LE MAUVAIS TEMPS

Perpignan, 14 septembre. - Les détails qui parviennent sur la trombe d'eau qui s'est abattue sur le territoire d'Urbanya (arrondissement de Prades), disent que des ponts ont été ensevelis ou emportés, des chemins et des routes rendus impraticables, des maisons ébranlées. En certains endroits, l'amoncellement de la grêle rend difficile la circulation.

Le journal Le Canigou du 21 septembre 1907 nous donne davantage de détails sur l'étendue des dégats.

Urbanya .- Les dégâts du cyclone.

Lundi matin, nous avons eu la visite de MM. Hugonnet, agent-voyer en chef ; Petit, conseiller général ; Baixès, agent-voyer d'arrondissement, et Jalabert, agent-voyer cantonal.
Ces messieurs sont repartis sur Prades, à midi, après s'être entretenus très longuement avec M. le maire d'Urbanya et avoir constaté l'étendue des dégâts occasionnés par les tristes effets du cyclone qui s'est abattu sur notre commune, dans l'après-midi du jeudi 12 courant, aux chemins vicinaux ordinaires de la commune, aux fontaines, lavoirs, ainsi que dans de multiples propriétés complètement dévastées par la rivière sortie de son lit.
Une équipe nombreuse d'ouvriers travaille à rétablir l'ancien lit de la rivière d'Urbanya et à le déblayer des énormes blocs de pierre qui l'obstruent.
Les dommages subis sont très importants.

- Secours ministériel .- M. le Ministre de l'Intérieur vient d'accorder un secours de 250 francs à la commune d'Urbanya, pour procéder aux travaux de déblaiement des fontaines ensablées à la suite de la trombe d'eau du jeudi 12 septembre dernier.


Note de 2016 : Le recensement de 2014 révèle une progression démographique étonnante à Urbanya, qui possède désormais officiellement non plus 10 mais 34 habitants !

Source articles [domaine public] : Gallica (cf. liens)
Source Le Canigou du 21 septembre 1907 [domaine public] : fonds numérisé de la Médiathèque de Perpignan.

Photo : Par Petrus6622 (Travail personnel) [Licence Art Libre, via Wikimedia Commons]


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dimanche 2 mars 2014

Inondations en novembre 1892

De nombreux dégâts suite aux inondations de la Têt et de l'Agly

Le département des Pyrénées-Orientales, de par sa configuration, est propice aux crues catastrophiques ; on a parfois tendance à l'oublier. L'événement de l'Aiguat de 1940 est resté dans toutes les mémoires et les crues récentes de 1992 et 1999 sont venues nous rappeler que l'on est jamais à l'abri de ce genre de risque.
Avec au moins trois bassins versants, l'Agly, la Têt et le Tech, de la montagne vers la mer sur le seul territoire du département, les crues et inondations diverses continueront toujours à rythmer la vie de notre région.

J'ai choisi de publier aujourd'hui pour mémoire un bref compte-rendu d'un épisode moins connu, mais néanmoins dévastateur, celui des inondations de 1892. La Têt et l'Agly sont concernés, avec un niveau de 4 mètres 20 à Millas pour la Têt.



Vieux papiers des Pyréénes-Orientales
Crue de la Têt en novembre 2011 (Perpignan)


Le Figaro, 10 novembre 1892

Les inondations

Perpignan. - La Tet, l'Agly et tous les cours d'eau qui descendent des montagnes ont débordé à la suite des pluies torrentielles tombées cette nuit. Ce matin, toute la plaine de la Salanque était inondée, le train de Perpignan à Prades restait en panne et les riverains affolés abandonnaient leurs maisons, emportant leurs meubles et fuyant l'eau qui montait avec une effrayante rapidité. Bientôt, tout le faubourg de Notre-Dame est submergé; la garnison s'emploie avec un dévouement admirable au sauvetage des habitants de la banlieue qui se servent des fourgons d'artillerie pour déménager. Les communications télégraphiques sont interrompues avec douze bureaux du département. Le préfet, M. Bonhoure, accompagné de M. Varenne, chef de division à la préfecture, parcourt les points menacés et s'enquiert des secours à accorder aux inondés.
Un jeune homme, Jean Cadéne, habitant Castel-Roussillon, près de Perpignan, ayant voulu retourner à son domicile cerné par les eaux, afin de prendre de l'argent qu'il y avait oublié, a été emporté par le courant. Son cadavre a été retrouvé, à six heures, sur la plage du Canet. Détail horrible : la famille Cadène assistait impuissante à la noyade du jeune Cadéne.
Au collège de Perpignan, la toiture de l'infirmerie, minée par les pluies, s'est affaissée subitement. Trois élèves malades ont eu à peine le temps, dès qu'ils ont entendu de sinistres craquements, de sauter du lit et de se sauver en chemise au premier étage. La ligne de Perpignan à Prades est coupée. Ce soir, un pont prés de Boulternère a été emporté. Le soir, la Tet décroît considérablement à Perpignan, mais une dépêche de Millas, 4 h. du soir, porte que l'eau atteint au pont de Millas 4 mètres 20. La culée Nord est menacée. On mande de Prades que les eaux viennent d'emporter le canal faisant fonctionner l'usine d'éclairage électrique d'Estagel à 4 h. 50 du soir. De mémoire d'homme, on n'a jamais vu pareille inondation de l'Agly. Les dégâts sont immenses.


Le Figaro, 11 novembre 1892

Les inondations

Perpignan. Les eaux de la Têt et de l'Agly commencent à baisser, mais l'inondation a été terrible. Hier soir, à Saint-Laurent-la-Salanque, deux jeunes gens de dix-neuf ans prenaient du bois au pont de Saint-Laurent lorsqu'ils sont tombés dans l'Agly. Ils se sont accrochés à un arbre et ont été entraînés jusqu'à la mer où ils ont disparu. Les ponts de Claira, canton de Rivesaltes et de Caramany, canton de Latour-de-France, viennent de s'écrouler.

A Perpignan, au quartier de la route de Bompas, il y a 39 maisons écroulées. Plus de soixante familles sont sans abri. La municipalité fait distribuer des secours.

Sources :
Articles du Figaro [domaine public] via Gallica (cf. liens)
bassintet.fr
Photo : Fabricio Cardenas (CC-BY-SA)

lundi 3 février 2014

Pluies diluviennes en décembre 1932

Vieux papiers des Pyrénées-OrientalesInondations destructrices en décembre 1932 dans les Pyrénées-Orientales

Actualités du département parues dans Le Figaro du 21 décembre 1932.

Après les pluies diluviennes dans le midi

Un autre danger : la terre qui glisse

Perpignan, 20 décembre

Le glissement du terrain redouté à Thomas-les-Bains s'est produit. Le hameau avait été évacué par les habitants à la demande du sous-préfet. La terre s'est amoncelée entre l'établissement thermal et la petite localité, barrant le cours de la rivière. Si celle-ci rompt sa digue artificielle, le hameau risque d'être entièrement emporté.
Un autre glissement de terrain est signalé près de l'usine électrique de la Cassagne, dans la vallée de la Têt, ainsi qu'à Montbollo, où trois maisons qui menacent ruine sont gardées par les gendarmes pour empêcher les habitants d'y revenir.
A Mont-Ferrer, un éboulis sur une longueur de 500 mètres descend vers le hameau de Canpatère dont les maisons ont été abandonnées.
Le presbytère de Rabouillet s'est écroulé. Le moulin à farine de Conat a été démoli.
Des routes et des ponts ont été détruits à Prats-de-Sournia et à Saint-Laurent de Cerdans.
A Montlouis le grand canal de la Salitte a été démoli. Des perturbations importantes se sont produites dans les communications ferroviaires, téléphoniques et télégraphiques.
A Perpignan, cent cinquante personnes ont du se réfugier dans les écoles où la municipalité assure leur ravitaillement.
Toutefois, la pluie ayant cessé, la situation est moins alarmante.


Commentaires

Quelques précisions concernant les lieux cités.
Le hameau de Saint-Thomas-les-Bains est d'abord intégré au sein de la commune de Prats-Saint-Thomas lors de la création des communes à la Révolution française, puis celle-ci fusionne avec Fontpédrouse en 1822.
La Cassagne ne désigne pas ici la commune de Cassagne qui est située dans la vallée de l'Agly, mais bien plutôt un hameau de la commune de Sauto et situé dans la vallée de la Têt, tel que le précise l'article.

Fontpédrouse, Mont-Louis et Sauto sont en haut-Conflent. Conat est en bas-Conflent.
Montbolo, Montferrer et Saint-Laurent-de-Cerdans sont en Vallespir.
Prats-de-Sournia et Rabouillet sont dans les Fenouillèdes.
Perpignan est dans le Roussillon. 

On peut en conclure que ces inondations ont touché toutes les hauteurs du département. Perpignan n'est pas loin de l'embouchure de la Têt, les inondations y sont fréquentes.

Source : Gallica [domaine public]
Photo : Fabricio Cardenas [domaine public]


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