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dimanche 1 juin 2014

Des cerises de Céret pour le président de la République en 1932

Premier envoi par avion pour la célèbre spécialité cérétane

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Albert Lebrun reçoit des cerises de Céret en 1932.
Il semble que 1932 soit l'année d'une grande première, relayée par toute la presse : l'envoi par avion des premières cerises de Céret pour le président de la République Albert Lebrun en 1932. Je ne saurai dire si le président recevait déjà les années précédentes des cerises par le train, je n'en ai trouvé en tout cas aucune trace. La production de cerises dans la région de Céret est à ce moment-là en pleine expansion, on cherche à en assurer la promotion, certain transporteur veut faire de même. L'idée était toute trouvée telle que nous l'apprend le journal hebdomadaire Le Courrier d'Éthiopie (publié à Addis-Abeba depuis 1916) dans son édition du 10 juin 1932 avec près d'un mois de retard. Mais c'est bien la preuve que l'opération publicitaire a été un succès puisque la nouvelle parvient jusqu'en Afrique.

Le Comte de Sibour se fait propagandiste des transports de primeurs par avion

Un essai de transports de primeurs par avion a été fait de Perpignan à Paris. Le comte de Sibour a emporté sur son appareil les premières cerises récoltées à Céret, destinées aux halles de Paris. Un cageot a été remis au président de la République par le président de la Chambre de commerce de Perpignan.

Le comte de Sibour est un aviateur, aventurier et habitué des coups d'éclat puisqu'il venait notamment l'année passée de faire Paris-Pékin en dix jours en passant par la Sibérie.

Voyons à présent le compte-rendu paru dans Eglise de Rouen et du Havre, publication périodique publiée par l'Archevêché de Rouen, le 4 juin 1932. A l'instar de tous les autres comptes-rendus parus simultanément ailleurs dans la presse, le journaliste semble confondre Cerdagne et Vallespir, mais c'est bien de Céret qu'il s'agit ici. On retrouve également dans ces différents articles la description du rite religieux lié à la fête de Pâques et aux premières cerises.

Les Cerises de Céret

Le 18 mai, un avion a porté au Président de la République les premières cerises de Cerdagne. A cette occasion, on rappelle une fête religieuse qui se déroule, à Céret, de la façon suivante:
Le jour de Pâques, prêtres et fidèles sortent de l'église, portant et entourant le Christ ressuscité. La procession gagne la campagne. On s'arrête sous quelque beau cerisier ; on y cueille les premières cerises mûres, puis l'on revient en ville et l'on rentre dans l'église, où des mains pieuses nouent à la ceinture de la Vierge, sur son autel, les fruits nouveaux.
Les fraîches escarboucles du bouquet vivant remplacent le bouquet mort des précédentes Pâques, pour devenir doucement, à leur tour, une touffe de noyaux secs et de feuilles convulsées.

On trouve une précision dans le Figaro du 18 mai 1932 sur le calendrier des cerises françaises (avec la même confusion entre Cerdagne et Vallespir).

 Aujourd'hui, si les vents l'ont voulu, un avion est parti de Cerdagne pour Paris. Sa charge est entièrement et uniquement faite de cerises. Les premières cerises de l'année lesquelles, entre Perpignan et Céret, sont mûres avant toutes les autres cerises françaises.

Notons qu'en 2014, les premières cerises ont été envoyées au président de la République le 2 mai, soit une quinzaine de jours avant celles de 1932. Toutefois, en réalité, dans les années 30, ces cerises expédiées ne sont pas tout à fait les premières, puisqu'on trouve encore à Céret à cette époque plusieurs variétés anciennes arrivant à maturité dès la mi-avril mais supportant très mal l'expédition. Le lot présidentiel de 1932 est sans doute constitué de cerises soit de la variété Hâtif de Bâle, arrivant en ce temps-là à maturité vers le 1er mai, soit de la variété Bigarreau Jaboulay arrivant à maturité vers le 8 mai, et toutes deux plus aptes au transport.

Retrouvez ici toutes les histoires en rapport avec Céret.
Sources :
* Gallica pour les articles de 1932 (cf. liens)
* L'Indépendant, Céret : Les premières cerises au déjeuner du président Hollande, 2 mai 2014
* Peyrière, Basset et Clave, Cultures fruitières et maraîchères dans les Pyrénées-Orientales, 1938
Photo : Agence de presse Meurisse, 1932 (Domaine public) [BnF via Wikimedia Commons]

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lundi 3 février 2014

Pluies diluviennes en décembre 1932

Vieux papiers des Pyrénées-OrientalesInondations destructrices en décembre 1932 dans les Pyrénées-Orientales

Actualités du département parues dans Le Figaro du 21 décembre 1932.

Après les pluies diluviennes dans le midi

Un autre danger : la terre qui glisse

Perpignan, 20 décembre

Le glissement du terrain redouté à Thomas-les-Bains s'est produit. Le hameau avait été évacué par les habitants à la demande du sous-préfet. La terre s'est amoncelée entre l'établissement thermal et la petite localité, barrant le cours de la rivière. Si celle-ci rompt sa digue artificielle, le hameau risque d'être entièrement emporté.
Un autre glissement de terrain est signalé près de l'usine électrique de la Cassagne, dans la vallée de la Têt, ainsi qu'à Montbollo, où trois maisons qui menacent ruine sont gardées par les gendarmes pour empêcher les habitants d'y revenir.
A Mont-Ferrer, un éboulis sur une longueur de 500 mètres descend vers le hameau de Canpatère dont les maisons ont été abandonnées.
Le presbytère de Rabouillet s'est écroulé. Le moulin à farine de Conat a été démoli.
Des routes et des ponts ont été détruits à Prats-de-Sournia et à Saint-Laurent de Cerdans.
A Montlouis le grand canal de la Salitte a été démoli. Des perturbations importantes se sont produites dans les communications ferroviaires, téléphoniques et télégraphiques.
A Perpignan, cent cinquante personnes ont du se réfugier dans les écoles où la municipalité assure leur ravitaillement.
Toutefois, la pluie ayant cessé, la situation est moins alarmante.


Commentaires

Quelques précisions concernant les lieux cités.
Le hameau de Saint-Thomas-les-Bains est d'abord intégré au sein de la commune de Prats-Saint-Thomas lors de la création des communes à la Révolution française, puis celle-ci fusionne avec Fontpédrouse en 1822.
La Cassagne ne désigne pas ici la commune de Cassagne qui est située dans la vallée de l'Agly, mais bien plutôt un hameau de la commune de Sauto et situé dans la vallée de la Têt, tel que le précise l'article.

Fontpédrouse, Mont-Louis et Sauto sont en haut-Conflent. Conat est en bas-Conflent.
Montbolo, Montferrer et Saint-Laurent-de-Cerdans sont en Vallespir.
Prats-de-Sournia et Rabouillet sont dans les Fenouillèdes.
Perpignan est dans le Roussillon. 

On peut en conclure que ces inondations ont touché toutes les hauteurs du département. Perpignan n'est pas loin de l'embouchure de la Têt, les inondations y sont fréquentes.

Source : Gallica [domaine public]
Photo : Fabricio Cardenas [domaine public]


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