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samedi 18 avril 2015

Un loup abattu à Vinça en 1933

Vue générale de Vinça de nos jours
Nous avons pu voir précédemment les dégâts (réels ou supposés) causés par les loups en Cerdagne en 1864. Ces animaux disparaissent ensuite du département et ne sont aperçus qu'épisodiquement. On peut lire à ce propos dans le journal L'Humanité du 3 janvier 1933, en plein hiver, le récit d'un loup tué à Sahorle, hameau de Vinça, en Conflent. Il y a à l'époque un peu plus de 1500 habitants à Vinça.



Un loup est abattu dans les Pyrénées-Orientales

Perpignan, 2 janvier.
On a tué, au hameau de Sahorle, près de Vinça, un gros loup qui ravageait les troupeaux depuis quelques temps. Il y avait plus de vingt-cinq ans qu'on n'avait pas vu de loup dans le département.

Si l'on en croit l'auteur de cette dépêche, les loups ont disparu des Pyrénées-Orientales avant 1908, au moins. Cette information est probable car il ne reste sans doute qu'à peu près 500 loups sur tout le territoire français en 1900. Les derniers loups français sont tués à la fin des années 30.

Source : Gallica (cf. lien)
Photo : Meria z Geoian (via Wikimedia Commons, CC-BY-SA)


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lundi 12 janvier 2015

Le chien du curé d'Angoustrine en 1933

Angoustrine est une commune un peu reculée de Cerdagne, à proximité de l'enclave espagnole de Llivia et de Font-Romeu et peuplée de 375 habitants en 1933. L'Écho d'Alger du 28 avril 1933 nous rapporte une anecdote parue l'année passée et concernant le chien étonnant du curé de cette petite commune.

L'Intermédiaire des chercheurs et curieux (15 avril), sous le titre « Chiens dans les églises » reproduit ce passage de « La Cerdagne française » par Marthe Oulié, déjà publié en avril 1932 dans « La Revue du Touring-Club de France » :
Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
L'église Saint-Martin d'Envalls
Le vieux curé d'Angoustrine, à quatre-vingt-cinq ans, son bâton à la main et son vieux chien sur les talons qui avait la mine compassée et recueillie d'un sacristain, n'hésitait pas à monter chaque dimanche par un mauvais chemin rocailleux, vers une chapelle distante de plusieurs kilomètres pour y dire la messe. La porte restait entrouverte. Le chien se couchait sur les marches, au soleil, bercé par les sons de l'harmonium. Quand l'harmonium s'arrêtait trop longtemps, le chien poussait du museau la porte, doucement, silencieusement, s'avançait au beau milieu de la nef, sans que personne s'en choquât, pour savoir où en était l'office. Il regardait en connaisseur la place du Livre Saint, la position de l'enfant de cœur, la mine des fidèles, et ressortait tranquillement. Mais dès la seconde cloche, celle de la communion, on l'entendait s'agiter sur le pas de la porte et, à l'Ite missa est, il se précipitait au-devant de son vieux maître.

Note : Angoustrine possède en son sein deux églises dédiées à Saint-André : une église romane et une autre construite au 19ème siècle. Mais l'article mentionne une chapelle éloignée de plusieurs kilomètres. Il s'agit peut-être de l'église de Saint-Martin d'Envalls, autre petite église romane située à plusieurs kilomètres au nord du village, sur le territoire de la commune, et à laquelle on accède par une petite route qui monte et que l'on imagine sans peine à l'état rocailleux à l'époque : Angoustrine est à une altitude de 1337 mètres, tandis que cette petite église se situe à peu près deux cent mètres plus haut.
Note 2 : Angoustrine a fusionné avec sa voisine en 1973 pour devenir Angoustrine-Villeneuve-des-Escaldes.

Pour rappel, cet autre article mentionnant Angoustrine et ceux-ci impliquant des curés!

Source : Gallica (cf. lien), domaine public.
Photo : Jack ma (CC-BY-SA)




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vendredi 11 avril 2014

Étrange cambriolage au château de l'Esparrou à Canet, 1933

Des cambrioleurs bien élevés

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Carte Cassini de 1750
C'est le récit d'un cambriolage un peu particulier que l'on peut lire dans L'Ouest-Éclair du 4 novembre 1933.

Le château de l'Esparrou, construit de 1889 à 1891 par Joseph Sauvy sur des plans de l'architecte danois Viggo Dorph-Petersen, se situe à Canet-en-Roussillon, près de l'étang de Canet-Saint-Nazaire.

Un scénario de cinéma !

L'extraordinaire aventure d'une châtelaine

Perpignan. 3 novembre -- Au château d'Esparrou se sont présentés cette nuit deux hommes, entrés par effraction.
Mme Sauvy, la châtelaine, ayant été réveillée par les arrivants, fut prise pour la bonne et ils refusèrent l'argent qu'elle leur tendait sous prétexte que, étant sans travail et non des bandits, ils ne voulaient pas dévaliser une domestique. Ils emportèrent divers bibelots, mangèrent des pâtisseries et, fait étrange, enlevèrent des vêtements d'enfants.


Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Le Château de l'Esparrou

Source : L'Ouest-Éclair du 4 novembre 1933 [domaine public] (via Gallica, cf. lien)
Carte Cassini [domaine public]
Photo : Le Château de l'Esparrou par le Collège de Canet [CC-BY-SA] via Wikimedia Commons



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vendredi 7 février 2014

Eloge du Roussillon, 25 mars 1933

Le paradis sur Terre se trouve en Roussillon

Retranscription de l'article paru dans le quotidien L'Écho d'Alger, 25 mars 1933.

Après avoir lu cet article, vous pourrez constater que le doute n'est plus permis : les Pyrénées-Orientales sont le paradis sur Terre.
L'article, quoiqu'un peu long, mérite d'être lu jusqu'au bout pour les envolées lyriques du journaliste, qui n'a malheureusement pas signé.


Vieux papiers des Pyrénées-Orientales


Le Roussillon

Une terre que la nature semble avoir voulu combler de ses dons pour en faire un musée permanent du tourisme, c'est le Roussillon.
Deux voies ferrées internationales l'encadrent en ses faces est et ouest. Des paquebots rapides le mettent à 19 heures d'Alger et à 21 heures d'Oran.
Le Roussillon, terre de vacances ; le Roussillon, terre de santé.

Aimez-vous la mer ? La côte méditerranéenne vous offre tantôt d'immenses plages de sable fin, tantôt d'impressionnantes falaises qui découpent d'intimes petites criques  : Banyuls, Collioure, Argelès, Canet plage, le Barcarès sont des lieux de prédilection des baigneurs.

Préférez-vous la montagne ? Le Canigou, le Carlitte, le Costabonne, le Roc de France, les monts Albères et les Corbières mettent à votre disposition toute une gamme d'excursions depuis la plus simple et facile jusqu'à la rude escalade de sommets situés à près de trois mille mètres d'altitude. Le gibier y abonde : lapins, lièvres, perdreaux, sangliers, isards tentent le fusil du chasseur ; les truites foisonnent dans tous les torrents et dans les lacs des Bouillouses, du Lanoux, de Puyvalador. Le campeur n'a que l'embarras du choix pour établir sa tente en des sites pittoresques où il trouvera ombrage, fraîcheur, eau limpide en abondance. Des stations élégantes sans snobisme : Amélie-les-Bains, Font-Romeu, Prades, Vernet-les-Bains, d'autres plus modestes mais non moins accueillantes, Formiguères, Latour de Carol, Mont-Louis, Prats-de-Mollo, Saint-Laurent-de-Cerdans, Bourg-Madame s'échelonnent à toutes les altitudes.

Perpignan, capitale du Roussillon, est la charnière d'un éventail de routes touristiques que ne manquera pas de parcourir l'automobiliste. Il visitera les Monts Corbières et le Fenouillède où les célèbres gorges de Saint-Antoine de Galamus retiendront particulièrement son attention. La fertile vallée de la Têt le conduira dans le Conflent dominé par le belvédère du Canigou dont il pourra gravir les pentes jusqu'à 2.220 mètres par une route vertigineuse que le guide Michelin proclame la plus pittoresque de toutes les Pyrénées. Il poursuivra dans tous les cas son itinéraire vers le Capcir et les gorges de l'Aude. Puis, vers la Cerdagne qui, royaume du ski pendant l'hiver, devient en été le royaume des fleurs ; puis encore vers la mystérieuse Andorre qu'une excellente route permet désormais de traverser de part en part. Revenant ensuite sur ses pas, l'automobiliste gagnera le riant Vallespir, dont le trèfle touristique formé par un réseau de routes en corniche procurera à son regard d'immenses vue panoramiques sur la mer, les monts et les plaines.

Enfin l'automobiliste serait impardonnable s'il n'accordait une visite spéciale à la côte Vermeille, joie des peintres et des artistes, patrie des vins, le Banyuls qui constituent avec ceux de Rivesaltes et de l'Agly la trilogie la plus savoureuse des crus du Roussillon.

L'archéologue trouvera dans les Pyrénées-Orientales une collection de monuments historiques, d'églises romanes, de vieux cloîtres, d'antiques abbayes, ; citons en passant le Castillet, la Loge, le Palais des Rois de Majorque, la Cathédrale Saint-Jean à Perpignan, le château-fort de Salces, les églises de Prats-de-Mollo, de Collioure, de Coustouges, les cloîtres d'Elne et d'Arles-sur-Tech, l'abbaye de Saint-Martin du Canigou, le monastère de Serrabone, l'ermitage de Font-Romeu, les villes fortifiées de Villefranche-du-Conflent et de Mont-Louis, le vieux pont de Céret et les tours sarrasines. Les légendes abondent, les villages ont conservé leurs danses traditionnelles qu'accompagnent les cobla catalanes. La flore méditerranéenne s'épanouit dans toute sa richesse et sa variété : mimosa, orangers, lauriers-roses, palmiers, eucalyptus, oliviers, chênes-liège. Au printemps, la plaine se couvre comme par enchantement d'une abondante floraison rose et blanche de pêchers, d'abricotiers, de cerisiers et de pommiers.  En automne, les vignes pourpres, les hêtres et les châtaigniers dorés étendent leur manteau aux couleurs catalanes dans les vallons et sur les coteaux.

Si donc, en débutant, nous avons appelé le Roussillon, terre de vacances, nous devons dire aussi terre de beauté et cette beauté d'ailleurs n'est-elle pas une des conditions premières pour des vacances heureuses ?

Nous ajouterons maintenant : terre de santé. Quoi de plus vivifiant en effet, qu'un séjour au grand air, sous un ciel toujours pur où resplendit un soleil radieux dont les ardeurs sont tempérées par la brise de la mer ou de la montagne, des bois et des forêts, des platanes séculaires répandant en maints endroits leur ombre bienfaisante.

"Deus nobis haec otia fecit". 
"Dieu créa pour nous ces repos" a dit le poète latin. Le Roussillon, c'est le calme de l'esprit dans la tranquillité de l'âme, l'oubli des soucis, la détente de tout l'être après l'agitation du labeur annuel. Les anémiés, les fatigués, les surmenés puiseront à Font-Romeu, à Superbolquères, aux Escaldes, de nouvelles forces morales et physiques. Les montagnes catalanes renferment dans leur sein de miraculeuses sources thermales aux propriétés les plus variées.

L'Espagne est là toute proche, Cerbère, Le Perthus, Bourg-Madame, l'Andorre vous en ouvrent les portes ; munissez-vous d'un passeport pour vous et d'un triptyque pour votre voiture ; vos randonnées à travers la Catalogne espagnole, une visite aux îles Baléares ajoureront un charme de plus à vos vacances en Roussillon.

Source : Gallica
Photo : Fabricio Cardenas



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