vendredi 4 septembre 2015

Inauguration du refuge des Cortalets en 1899

Le journal bien nommé Le Canigou (édité à Prades) publie dans son numéro du 9 septembre 1899 le compte-rendu du congrès du Club Alpin Français ayant eu lieu dans les Pyrénées-Orientales. A cette occasion, ses membres sont bien sûr montés au Canigou, mais cette fois dans le but d'y participer à un grand banquet organisé pour l'inauguration du nouveau Chalet des Cortalets, le 4 septembre 1899. C'est aussi l'occasion de rappeler, si besoin était, qu'en définitive il n'y a rien de plus beau que le Canigou.
Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
« Chalet-hôtel des Cortalets (façade) »

L'ascension du Canigou et l'inauguration du Chalet des Cortalets ont été, ce que je me permettrai d'appeler : le clou du Congrès. Favorisée par un temps splendide, cette fête au pied du pic, en face du glacier, avec ses tentes blanches disséminées au milieu des sombres sapins, sa table de cent couverts dressée sur la pelouse verte, sa foule d'environ 200 visiteurs animant de couleurs claires et de silhouettes originales ces belles et sévères solitudes, présentait un spectacle inoubliable. Le pic a été escaladé par la brèche Durier, par les intrépides, et par la crête habituelle, par les groupes moins hardis ; mais les uns et les autres ont été unanimes à manifester leur enchantement.
C'est que notre Canigou a pour lui deux privilèges auxquels certainement ne peut prétendre aucune autre montagne : isolement de la chaîne principale et facilité d'accès. Incontestablement le panorama qui se découvre aux yeux de l'ascensionniste du sommet du Casamanya et du Carlit est plus beau et plus émouvant que celui qui s'offre à votre vue, au sommet du Canigou, mais ni le pic d'Andorre, ni celui de Cerdagne n'offrent une masse aussi imposante ni une ascension aussi facile que celles de notre pic roussillonnais aux lignes si pures, aux arêtes tellement hardies, que, pendant longues années, il fut considéré par les géographes comme le pic le plus élevé de la chaîne Pyrénéenne.- Son succès a été complet ; il devait être le roi de la fête, il l'a été : c'était justice.
Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
« Brèche Durier au Pic du Canigou »

Rappelons tout de même que le refuge des Cortalets est situé à 2150 mètres d'altitude et que plusieurs heures de marche sont nécessaires pour y accéder. Aujourd'hui, la route permet de se garer à proximité, mais je ne sais pas dans quelle mesure cela était possible à l'époque : en 1908, un visiteur déclare par exemple avoir mis 6 heures pour couvrir en voiture le trajet de Vernet jusqu'au refuge.  200 convives pour un banquet d'inauguration dans un endroit aussi isolé peut alors être vu comme un chiffre impressionnant.
Enfin, précisons qu'à partir des Cortalets, la montée au Canigou (2784 mètres) comporte un dénivelé de 634 mètres, et que le refuge, administrativement sur le territoire de la commune de Taurinya, appartient de nos jours toujours au Club Alpin Français.

Note : on peut lire en complément sur cortalets.com une histoire complète du refuge.

Sources :
Le Canigou du 9 septembre 1899, via les collections numérisées de la Bibliothèque de Perpignan.
Informations pratiques fournies par le site officiel du refuge des Cortalets.
Trajet en voiture :   Bulletin de la Société de géographie de Toulouse, 1908, n°3.

Illustrations :
Refuge des Cortalerts : carte postale des éditions Labouche (Toulouse), début XXème siècle, domaine public.
Brèche Durier : carte postale des éditions A. Moli, début XXème siècle, domaine public.


Pour rappel, une autre vision du Canigou est à relire ici.




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