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mercredi 9 décembre 2015

Circulation périlleuse autour de la gare de Perpignan en 1882

Gare aux bœufs nocturnes !


Avec l'arrivée du chemin de fer à Perpignan à partir de 1858, une gare provisoire est construite dans le quartier du Vernet puis, peu de temps après à son emplacement actuel, près du quartier Saint-Assiscle. Mais l'emplacement choisi à l'époque est alors en dehors des remparts, en pleine campagne. Et même si l'espace vide ainsi créé entre la gare et la ville s'urbanise rapidement, plus d'une dizaine d'années plus tard on y subit encore les nuisances de la campagne. L'article qui suit, tiré du journal L'Espérance du 3 janvier 1882, nous signale un problème de taille : les bœufs présents en nombre sont de véritables dangers de la route, tout comme les charrettes, et ce d'autant plus qu'on ne les voit pas lorsqu'il fait nuit.

La gare de Perpignan au début du 20ème siècle

Avis à l'administration

Le quartier de la gare qui prend chaque jour un développement plus considérable devrait être l'objet d'une active surveillance pour y faire observer un peu mieux les lois de la police du roulage, et de la circulation sur les voies publiques. On prèviendrait [sic] ainsi des accidents et des malheurs qui peuvent être l'objet de leur inexécution.
On observe que les charrettes et voitures circulant à l'entrée de la nuit sur la route de la gare et route de Prades, n'ont jamais leurs lanternes éclairées, ce qui rend un accident toujours possible. Ce quartier n'étant point le centre des lumières, il ne fait clair le soir que lorsque la lune brille ; aussi si on a besoin d'aller à la boîte aux lettres de la gare, souvent on ne voit pas où l'on marche et l'on n'aperçoit le véhicule que l'on entend, que lorsqu'on est menacé d'être écrasé. - Même observation pour les conducteurs de troupeaux de bœufs, conduits en liberté, à l'entrée de la nuit, de la gare, au marché aux bestiaux ; deux, trois hommes sont seuls à conduire un troupeau considérable ; aucun d'eux ne porte de lanterne, rien ne trahit leur présence ; il faut se trouver presque envahi, pour comprendre qu'il faut se garer ; et dans l'obscurité, comment faire !
Voyez-vous une mère avec ses enfants perdue dans un pareil milieu ? Il doit y avoir nécessairement moyen d'essayer une modification dans les habitudes de sans-gêne, prises par les marchands de bestiaux.


Les quais de la gare de Perpignan au début du 20ème siècle


Source : L'Espérance du 3 janvier 1882 [via le fonds numérisé de la Bibliothèque de Perpignan, domaine public]

Photos :
* Façade de la gare : Carte postale des éditions PBL (Béziers) [domaine public]
* Quai de la gare : Carte postale des éditions Labouche (Toulouse) [domaine public]


Pour rappel, les autres articles concernant Perpignan sont à relire ici.

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jeudi 31 juillet 2014

Vent violent de Fitou à Millas en février 1892

Un train soufflé par le vent

En février 1892, le vent violent provoque des accidents en série dans le département, allant jusqu'à renverser un train au bord de l'étang de Salses-Leucate et une charrette à Millas. Ces faits sont relayés dans la presse nationale.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
L'étang de Salses-Leucate

Dépêche parue dans le Figaro du 14 février 1892.

- PERPIGNAN, 13 février. - La violence du vent qui souffle depuis quelques jours a redoublé ce matin. Sur plusieurs points des poteaux télégraphiques ont été renversés, des arbres déracinés, des cheminées abattues.

De nombreux accidents se sont certainement produits sur tous les points du département; on n'en signale encore que deux. A dix heures, sur la ligne de Perpignan à Narbonne, un train de marchandises a été culbuté près de Fitou ; la locomotive est restée debout, mais les wagons ont été précipités dans la tranchée qui borde la voie ; quelques-uns ont même roulé jusque dans l'étang de Leucate. Le mécanicien et le chauffeur n'eurent aucun mal, mais le serre-frein placé dans le dernier wagon a été fortement contusionné. La voie reste interceptée et la circulation est interrompue entre Narbonne et Perpignan et l'Espagne. Une machine de secours, emportant le matériel nécessaire au déblaiement, a quitté Perpignan à midi, emmenant une escouade sous la conduite de M. l'ingénieur Dupuy. La Compagnie du Midi espère que la circulation sera rétablie vers sept heures du soir, si la violence de la tempête ne contrarie pas trop les efforts des employés.

A Millas, un autre accident s'est produit. Deux charrettes, appartenant à M. Camille Gouzy, propriétaire, passaient sur le pont de la Têt, avec un chargement de fourrage, lorsqu'elles furent précipitées dans la rivière, d'une hauteur de 10 mètres. Les chevaux furent tués dans la chute. Les conducteurs, qui marchaient à côté de ces charrettes, n'eurent aucun mal.

Les numéros de la semaine suivante du Figaro ne mentionnent pas d'autres incidents.

Source : Gallica (cf. lien)
Photo : Fabricio Cardenas (CC-BY-SA)



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