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dimanche 11 juin 2017

Arrivée du Lydia au Barcarès en 1967

Le Barcarès fête ce 11 juin 2017 le cinquantième anniversaire de l'ensablement du navire Le Lydia, devenu tout naturellement le symbole phare de la station balnéaire et un lieu d'attraction et de loisirs aussi bien des touristes que des locaux.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Le Lydia en 2005

Résumons brièvement l'historique du Lydia. Bateau de croisière construit au Danemark en 1931 pour une compagnie australienne sous le nom de Moonta, puis vendu en 1955 à une compagnie grecque qui le rebaptise Lydia, il est désarmé et racheté en 1966 par la SEMETA, société d'équipement des Pyrénées-Orientales, dont le président n'est autre que le sénateur Gaston Pams, avec le projet que l'on sait, sorte de cerise sur le gâteau au sein du projet de développement de la Mission Racine.

Le reportage qui figure ci-dessous, réalisé à l'époque, dure un peu plus d'une demi-heure et présente notamment la dernière étape des travaux qui fut sans doute aussi la plus délicate : l'ensablement du navire. On y voit aussi deux interviews très intéressantes : d'abord Gaston Pams et ses projets d'aménagement du navire et de développement des infrastructures, puis Georges Candilis, l'architecte visionnaire qui de 1964 à 1972 redessine le littoral, urbanise et définit les projets immobiliers. On y apprend notamment que pour faciliter la paperasse administrative, Le Lydia une fois désarmé est déclaré comme un simple "engin flottant" et non plus comme un navire car, de fait, il n'était plus apte à naviguer (plus de moteurs, etc) !

Pour ceux qui n'auraient pas le temps de voir le film en entier, j'ai pris la peine ci-dessous d'en détailler le synopsis.

Entre hier et demain Le Barcarès
Reportage de Pierre Dumayet
Réalisation de Jean Pollet
31 min 57 s

0:00 Comment était Le Barcarès d'avant ? Des pêcheurs et des cabanes...
3:00 Evocation du creusement du chenal pour faire avancer le Lydia et départ du Lydia depuis Marseille trainé par des remorqueurs.
4:00 Arrivée avec un peu trop de vent le jour J, manœuvres.
7:30 Entrée dans le chenal, l'opération a duré 8 heures.
8:00 Interview de Gaston Pams, président de la SEMETA et sénateur des Pyrénées-Orientales :  détails sur l'acquisition du Lydia et projets d'aménagement à l'intérieur.
11:00 Interview de badauds.
12:30 Suite des travaux avec ensablement (6 millions de m3 de sable).
14:30 Viabilisation du terrain en même temps et construction des routes.
15:00 Interview de Georges Candilis chef du projet d'aménagement du Barcarès : ports et routes.
19:30 Gaston Pams sur les infrastructures.
20:30 Candilis sur l'aménagement urbain.
24:00 Suite et fin des travaux de remblayage du Lydia.
28:00 Arrivée des premiers visiteurs.
29:30 Le Lydia by night : bar de nuit et piscine.
31:57 Fin du film.

Le film commence et finit avec une sardane.

A lire sur le site ssmaritime.com (en anglais) un historique très complet du Lydia de 1931 à aujourd'hui.
A lire aussi, le blog des Amis du Moonta Lydia (en français), pour tout savoir sur ce navire.

Crédit photo : Garami [cc-by-sa], via Wikimedia Commons


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dimanche 26 mars 2017

Voyage en Salanque en 1906 (2)

Du Barcarès à Saint-Hippolyte en passant par l'étang de Salses

Nous avions pu lire dans un précédent article le début du récit fait en août 1906 par l'ingénieur agricole P. Carles, invité par les frères Joué, de Saint-Laurent-de-la-Salanque, à venir inspecter les plantations de vignes de la région. Il commençait par ses premières impressions à Saint-Laurent-de-la-Salanque, ainsi que la description des préparatifs et de l'organisation de la fête locale. Il terminait avec une première visite au Barcarès.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Bain de soleil sur la plage du Barcarès


Dans cette deuxième partie, publiée dans le n° du 2 décembre 1906 de la revue L'Agriculteur moderne, l'ingénieur Carles poursuit ses explorations. Repartant de la plage du Barcarès, où nous l'avions laissé, il se baigne puis se dirige vers l'étang de Salses (orthographié Salces à l'époque). Il y décrit les cultures, la pêche et également le mode opératoire des familles qui s'y rendent pour pique-niquer, pour y déguster aussi bien des coquillages pêchés sur place que la fameuse bouillinade du Barcarès.

Le jour suivant l'ingénieur Carles inspecte les vignes de Saint-Hippolyte dont il constate qu'elles sont très touchées par différentes maladies. S'en suivait un très long passage technique que j'ai retiré du texte principal, mais que l'on peut lire en cliquant sur le lien approprié pour tout savoir sur les maladies de la vigne et leurs traitements à l'époque.

Enfin, on trouve ici et là quelques allusions à la fête de Saint-Laurent qui se poursuit durant tout ce temps, et à celle de Saint-Hippolyte qui débute aussi.

Note : les intertitres sont de mon fait et ont été rajoutés pour aérer un peu le texte.

En Salanque
(suite)

De la plage du Barcarès vers l'étang de Salses

A notre arrivée au Barcarès, nous visitons la plage, une quarantaine de balancelles sont sur le sable. Beaucoup de baigneurs. D'un côté, de gros blocs de pierre pour empêcher l'Agly de continuer à ensabler l'endroit où vont généralement aborder les barques. Puis, du côté de l'étang de Salces une ligne de pins, quelques constructions qui sont les métairies de M. Berlioz. Enfin à l'ouest découpant sa silhouette blanche, se dresse le cap de Leucate derrière lequel s'abrite la station balnéaire de la Franqui. Inutile de dire qu'après un bain, notre retour à Saint-Laurent s'effectue sans incident et que le bal dure la moitié de la nuit.

Le vendredi 12 est encore un jour de fête pour Saint-Laurent. Nous allons à l'étang de Salces. La route est bordée de saules, de tamaris, de guimauve ; plus on avance, plus les terrains paraissent salés. La culture a essayé de s'emparer de ces immenses champs ; l'avoine y réussit très mal, la luzerne très peu, la vigne sur Solonis grâce aux terrages a donné en plusieurs endroits des résultats, mais ce qui a le mieux réussi c'est la culture de l'asperge.
Cette culture déjà si répandue aux environs de Saint-Laurent s'étendra encore et permettra d'exploiter des terrains que seuls des atriplex, des soudes, des statices garnissent.

Pique-nique au bord de l'étang de Salses

A l'endroit où nous touchons à l'étang paraît une petite plage. Plusieurs familles y sont installées. Nombreuses personnes se baignent ; les chevaux, les voitures même sont amenés dans l'eau assez loin du rivage ; à 50 mètres en effet l'eau n'arrive qu'à hauteur des reins. Une barque avec une voile improvisée aborde, elle porte des bourdès, coquille connue sous le nom scientifique de cardium edule et des franquets ou crabes. La pêche des bourdès se fait dans l'étang en promenant dans le sable un râteau auquel est attaché un filet. Cette coquille est de beaucoup inférieure à la clovisse, tant comme qualité que comme quantité. Elle est cependant assez goûtée des habitants de la Salanque.

Grande fête le soir à Saint-Laurent. Sur le champ de foire, dans la grand'rue, au bal, grande débauche de gisclets, tubes remplis d'eau plus ou moins parfumée que l'on projette sur les promeneurs.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Cardium edule


Bouillinade du Barcarès et vignes malades de Saint-Hippolyte

Le lendemain samedi les Laurentins, pour terminer la fête, se rendent en foule au Barcarès ou sur les bords de l'étang de Salces pour faire la boulinado, c'est-à-dire la bouillabaise traditionnelle que l'on mange sur le pain, car l'usage veut que l'on ne prenne pas d'assiette. Dérogeant aux usages du pays, nous allons visiter les vignobles près de Saint-Hippolyte, ce que mon ami Léon Joué, appelle le pays de l'anthracnose. Et du fait, c'est bien ce nom qui convient à cette région. Difficilement dans l'Hérault, on peut s'imaginer les dégâts et la mortalité occasionnés par cette redoutable maladie cryptogamique. En entier, ayminates (mesure locale, correspondant à 60 ares), disparaissent. Il semble qu'il existe une corrélation entre l'intensité du mal et les endroits où les brouillards marins se sont arrêtés. [suite de la description technique des maladies de la vigne]

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
La Place de la République à Saint-Hippolyte


Fête à Saint-Hippolyte et retour vers Saint-Laurent

Enfin nous gagnons Saint-Hippolyte à travers les vignes. De distance en distance paraissent des pompes ou des tuyaux sortant du sol, auxquels on adapte le corps de pompe. Les forages de cette nature sont communs dans ce pays où l'eau est si près de la surface. Forage et pompe arrivent en tout à 70, 80 fr. Notre arrivée à Saint-Hippolyte est saluée par une quantité de gros canards qui barbottent dans un ruisseau infect. Sur la place a lieu le bail de la criadas, car c'est aujourd'hui la fête de la localité. Sous de très beaux platanes et juchés sur une charrette, quatre musiciens soufflent dans leur instrument ; la prima (nom catalan du hautbois), exécute de superbes variations, mais le bal ne nous tente guère. Après nous être rafraichis, ce dont nous avions un besoin réel, nous nous préparions à gagner Saint-Laurent, lorsque près de l'église, arrêté par un troupeau de barbarins croisés de mérinos, probablement issus de l'ancienne bergerie de Perpignan, un monsieur installé sur une cariole nous offre une place.
Léon Joué me le présente : M. Ravachol. Et c'est en compagnie de l'homonyme du fameux anarchiste qu'un petit cheval corse nous porte devant notre domicile.

P. Carles
(A Suivre)

Source : L'Agriculteur moderne du 25 novembre 1906 [domaine public] via le fonds numérisé de la Médiathèque de Perpignan.
Photo coquillage : Benjamin Féron [cc-by-sa]
Crédits cartes postales :
* Bain de soleil : Editions Labouche (Toulouse), début 20e siècle [domaine public]
* Saint-Hippolyte : Editeur inconnu,
début 20e siècle [domaine public]


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jeudi 1 décembre 2016

Voyage en Salanque en 1906 (1)

Des vignes à la plage en passant par le bal

En août 1906, l'ingénieur agricole P. Carles, est invité par les frères Joué, de Saint-Laurent-de-la-Salanque, à venir inspecter les plantations de vignes de la région. Le journal L'Agriculteur moderne du 25 novembre 1906 nous livre ses premières impressions. Il y décrit brièvement l'ambiance de Saint-Laurent-de-la-Salanque, ainsi que les préparatifs et l'organisation de la fête locale. Il termine avec une visite au Barcarès, dont le territoire à cette époque n'est pas encore une commune indépendante.

La suite des impressions de l'ingénieur Carles et le descriptif complet de la fête sont publiés dans les deux numéros suivants de L'Agriculteur moderne. J'en publierai les retranscriptions ultérieurement.

Précisons que la fête patronale de Saint-Laurent-de-la-Salanque décrite ci-dessous débute, comme il se doit, le 10 août, jour de la fête de saint Laurent, diacre du pape Sixte II, originaire d'Aragon et mort en martyr en 258 sur un gril.

Note : les intertitres sont de mon fait et ont été rajoutés pour aérer un peu le texte.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
La rue Arago à Saint-Laurent-de-la-Salanque


En Salanque



C'est le 9 août à 10 heures du soir que le train me déposait à Salces en compagnie de Léon Joué. Devant la gare, le breack de M. Jules Joué, bien éclairé, attelé d'un cheval gris, nous attend ; puis, nos bagages embarqués, nous voilà sur la route de Saint-Laurent. Salces traversé, on suit une route plate ; dans le lointain le phare de Port-Vendres apparaît ; nous voilà ensuite à Saint-Hippolyte, enfin à Saint-Laurent.


Après l'absorption de quelques bocks de bienvenue, je quitte les trois frères Joué et rentre dans la chambre qui m'est réservée. Très haute, très propre, avec une cheminée monumentale, sa fenêtre s'ouvre sur la grand'rue de Saint-Laurent. Le lit m'a paru quelque peu agréable car je ne me réveillai que très tard le lendemain. Au moment où je sors je trouve M. Jules Joué qui vient me rejoindre pour me faire visiter Saint-Laurent.


Saint-Laurent est sans contredit la capitale de la Salanque ; sa population de 4.600 habitants est joyeuse, affable, éprise de danse comme d'ailleurs toute celle de cette région. Les rues de la petite ville sont larges, bien aérées ; de vastes places s'y trouvent ça et là, quelques-unes complantées de beaux arbres. Ses environs sont riants. Plongées au milieu de vignes, de beaux platanes, de superbes saules, les maisons sont dominées par une tour carrée, le clocher de l'église.



Environs de Saint-Laurent et premier jour de fête


A noter que le manque d'eau et la difficulté de l'écoulement font que les ruisseaux sont d'une propreté douteuse, et malgré le soin qu'on a eu de les recouvrir, répandent des odeurs méphitiques. Heureusement que le vent souffle souvent et débarrasse l'atmosphère de ces émanations. Passons. A la sortie du village, sur la route de Torreilles, nous voyons bordant l'horizon la masse gigantesque du Canigou sur laquelle scintillent des neiges éternelles ; puis commencent les Corbières nues, grisâtres, monotones. Revenons maintenant à Saint-Laurent. C'est aujourd'hui que commence la fête de la localité. Les jeunes catalanes sortent de la messe. Elles sont charmantes sous leurs coiffes blanches ; il est malheureux même que la dernière mode ait fait sont apparition dans cette région ; le chapeau commence à remplacer la coiffe catalane et certes les filles de Saint-Laurent ne gagnent pas à s'affubler de voiliers ou de jardins suspendus. A midi les musiciens divisés en deux groupes, font le tour du village et donnent une aubade devant plusieurs établissements, tout comme ils l'avaient fait la veille au soir.

L'après-midi nous voilà attablés devant le
Café du Progrès, où je suis présenté à plusieurs Laurentins avec lesquels nous passerons du bon temps pendant notre séjour. Avec ces messieurs nous faisons une petite promenade jusqu'au bout de l'Agly, de là on voit Torreilles, Claira, St-Hippolyte noyés au milieu des vignes. Le lit de l'Agly est à peu près desséché et cependant, torrent plutôt que rivière, ce petit fleuve sort souvent de son lit, détruit les talus, arrache les vignes, ravage les cultures. Les habitants de Saint-Laurent pour prévenir les inondations ont creusé un grand fossé qui protège leurs terres contre les fureurs de l'Agly.

Des deux côtés de la route paraissent les vignes toutes de Carignan ; la récolte est bien réduite de ce côté, mais n'anticipons pas, les jours qui suivent seront consacrés à la visite du vignoble.
A notre retour à Saint-Laurent nous voyons sur une place un manège, des marchands de bonbons et de jouets divers. Les jeunes gens de la localité, filles et garçons, vont de la foire à la place publique où à 4 heures aura lieu le bal. Polka, mazurka, scottisch, valses, quadrilles, varsoviennes, tout est dansé avec une égale frénésie : on voit que la danse est la distraction la plus goûtée du pays et jusqu'à l'heure du repas, pour revenir à 9 heures, tout Saint-Laurent sera là.


La nuit venue je recommanderai aux étrangers, aux
gavachs comme disent les Catalans, donnant à ce mot le sens de barbares des latins et des grecs, de faire une petite promenade sur la route de Perpignan en attendant le bal. Toute la jeunesse de Saint-Laurent est là : que de belles choses on doit s'y dire !

Deuxième jour de fête


Le 11 est le deuxième jour de fête. Dans la matinée bail de las cuineras ou bail de las criadas, ce qui veut dire bal des cuisinières, bal des servantes. A cette heure-là, on ne paie pas, c'est le bal démocratique par excellence. Autrefois spécialement fait pour les cuisinières et les servantes, celles-ci étaient obligées de porter le tablier ; et comme cette danse à lieu de 11 heures à midi, c'est à dire à l'heure la plus intéressante de l'office, on risquait fort d'avoir le repas un peu négligé. Puisque nous parlons bal, indiquons rapidement l'organisation des bals catalans ou tout au moins celui de Saint-Laurent. Il existe ici un entrepreneur de bals publics et l'adjudication décide à qui reviendra cette fonction. Les concurrents en présence élèvent quelquefois le prix à une valeur considérable. Comment rentrent-ils dans leur frais ? Au milieu de chaque danse la musique s'arrête, les couples circulent les uns à la suite des autres faisant le tour du bal, une personne passe, on lui remet dix centimes et lorsque tout le monde a versé, on effectue la deuxième partie de la polka ou de la valse. Le bail de las cuineras est gratuit, le troisième jour de la fête on verse 30 ou 40 centimes et on danse toute la nuit.


Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
La Pinède et le Chemin de l'étang au Barcarès


Premières impressions du Barcarès


Et maintenant partons pour Le Barcarès, annexe de Saint-Laurent-de-la-Salanque et située à 5 kilomètres. Sa population est de 600 habitants ; les dimanches et jours de fête, Rivesaltes, Saint-Hippolyte, Torreilles, Claira, Saint-Laurent, fournissent un nombre considérable de baigneurs. Le jour de la St-Roch, on se précipite au Barcarès, de véritables villages de tentes, de chariots, s'élèvent pendant un ou deux jours sur la plage. Tous les établissements sont envahis.

La route qui nous y conduit est bordée de hauts peupliers blancs ; près des vignes se trouvent les restes d'un canal d'irrigation qui devait arroser la Salanque mais qui, hélas ! une fois construit et à grand frais, ne put jamais amener une goutte d'eau à St-Laurent. Des deux côtés du chemin s'étendent les propriétés de M. Bartissol. Il essaie de gagner sur les terrains salés ; déjà une grande quantité de prés à disparu et l'on a essayé de complanter la surface avec du Solonis. D'une façon générale la plantation ne nous paraît pas fort belle, quoique nous rapportions de notre excursion en Salanque la conviction que le Solonis est le porte-greffe qui convient le plus aux terrains salés. Il est vrai que la première année, on n'obtient pas tout ce que l'on veut, parce qu'on n'a pas porté suffisamment de sable dans la pièce de terre ; les endroits qui en ont reçu le moins ou même pas du tout sont ceux qui subissent le phénomène du salant. Il est en effet une coutume suivie et qui donne de très bons résultats pour la culture de la vigne dans la région, c'est de porter chaque année, dans les terres salées, plantées en vigne, de grandes quantités de sable de l'Agly au moment où les animaux de la ferme sont à la période du repos. Peu à peu le sol est transformé et toutes les parcelles du sol sont utilisées. En passant, signalons dans le pays l'emploi de la charrue utilisée dans l'Aude. Nos brancards languedociens sont à peu près inconnus.

(à suivre)

P. CARLES
Ingénieur Agricole, Officier M. A.


Note : P. Carles utilise dans son compte-rendu le nom de Salces, forme courante à l'époque et en concurrence avec la forme Salses depuis le 13ème siècle. C'est bien Salses qui est la forme correcte correspondant à l'étymologie et au nom d'origine, Salsulae Fons (les sources salées), et que l'on utilise donc aujourd'hui.

Source : L'Agriculteur moderne du 25 novembre 1906 [domaine public] via le fonds numérisé de la Médiathèque de Perpignan.
Illustrations :
* Carte postale de la Rue Arago à Saint-Laurent-de-la-Salanque : Editions Cristau [domaine public]
* Carte postale du Barcarès : Editeur inconnu début XXème siècle [domaine public]



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mercredi 17 juin 2015

Royalistes de Pia en prison en 1880

Henri d'Artois
On trouve dans Le Petit Parisien du 20 juin 1880 une brève montrant comment, sous la Troisième République, on peut se trouver mis en prison (par un juge un tantinet zélé sans doute) pour avoir exprimé un peu trop bruyamment ses opinions politiques en public, quelques jeunes royalistes de Pia, en Salanque, en ayant fait les frais.

Les cris séditieux

En attendant que la magistrature soit épurée, ce qui n'aura pas lieu de sitôt au train dont vont les choses, la cour d'appel de Montpellier, peuplée de réactionnaires, vient de donner la mesure de ce qu'elle sait faire.
Quelques jeunes gens de Pia (Pyrénées-Orientales) avaient été récemment condamnés par le tribunal correctionnel de Perpignan à la prison et à l'amende pour avoir crié publiquement : Vive le Roi ! Ils ont fait appel devant cette excellente cour de Montpellier, qui s'est empressée d'enlever la prison et de réduire l'amende à une somme insignifiante.
Décidément, il n'est que temps de réorganiser la magistrature !  J. B.

En 1880 en France, le parti des royalistes est en perte de vitesse mais encore réuni autour de la personne d'Henri d'Artois, comte de Chambord et prétendant au trône. C'est donc sans doute à lui que font référence les jeunes gens de Pia dont il est question ici. Le comte de Chambord meurt peu après, en 1883, et ses partisans se divisent alors entre les différents prétendants possibles.

Source : Le Petit Parisien du 20 juin 1880 (cf. lien via Gallica) [domaine public]
Portrait : peinture d'Adeodato Malatesta (1806-1891), via Wikimedia Commons [domaine public]

Quelques autres histoires à propos de prison de ce blog à relire ici.

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dimanche 3 août 2014

Famille nombreuse à Torreilles en 1912

En 1912, les naissances de triplés sont moins fréquentes qu'à notre époque et c'est donc encore un événement que l'on signale dans la presse. C'est ce que fait, non sans humour, le n°2 du Rappel catalan daté du 21 janvier 1912, concernant une famille de Torreilles.


Vieux papiers des Pyrénées-Orientales


Torreilles

Fécondité .- Mme Pomarède Catherine, née Palmade, âgée de 36 ans, vient de mettre au monde 3 enfants (2 garçons et une fille), qui, ainsi que la maman, se portent bien. Ce cas de fécondité, heureusement assez rare, fait que le papa, Pomarède Jacques, qui n'a pour tous biens que ses bras, se trouve actuellement avec 8 enfants à élever.
Or, si Dieu bénit les nombreuses familles, il ne les nourrit pas ; aussi, nous sommes persuadés que la municipalité, qui, du reste, s'est déjà occupée de ces braves gens, fera le nécessaire dans cette circonstance, pour leur venir en aide dans la plus large mesure possible.


Note : De nos jours les naissances de triplés ne constituent que 0,1% du total des naissances, contre à peu près 3,5% pour les jumeaux. Bien que faible, ce taux a significativement augmenté par rapport au siècle passé avec le développement des techniques de procréation.


Source : Rappel catalan du 21 janvier 1912 [domaine public] via le fonds numérisé de la Médiathèque de Perpignan
Photo : Fabricio Cardenas (CC-BY-SA)



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jeudi 31 juillet 2014

Vent violent de Fitou à Millas en février 1892

Un train soufflé par le vent

En février 1892, le vent violent provoque des accidents en série dans le département, allant jusqu'à renverser un train au bord de l'étang de Salses-Leucate et une charrette à Millas. Ces faits sont relayés dans la presse nationale.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
L'étang de Salses-Leucate

Dépêche parue dans le Figaro du 14 février 1892.

- PERPIGNAN, 13 février. - La violence du vent qui souffle depuis quelques jours a redoublé ce matin. Sur plusieurs points des poteaux télégraphiques ont été renversés, des arbres déracinés, des cheminées abattues.

De nombreux accidents se sont certainement produits sur tous les points du département; on n'en signale encore que deux. A dix heures, sur la ligne de Perpignan à Narbonne, un train de marchandises a été culbuté près de Fitou ; la locomotive est restée debout, mais les wagons ont été précipités dans la tranchée qui borde la voie ; quelques-uns ont même roulé jusque dans l'étang de Leucate. Le mécanicien et le chauffeur n'eurent aucun mal, mais le serre-frein placé dans le dernier wagon a été fortement contusionné. La voie reste interceptée et la circulation est interrompue entre Narbonne et Perpignan et l'Espagne. Une machine de secours, emportant le matériel nécessaire au déblaiement, a quitté Perpignan à midi, emmenant une escouade sous la conduite de M. l'ingénieur Dupuy. La Compagnie du Midi espère que la circulation sera rétablie vers sept heures du soir, si la violence de la tempête ne contrarie pas trop les efforts des employés.

A Millas, un autre accident s'est produit. Deux charrettes, appartenant à M. Camille Gouzy, propriétaire, passaient sur le pont de la Têt, avec un chargement de fourrage, lorsqu'elles furent précipitées dans la rivière, d'une hauteur de 10 mètres. Les chevaux furent tués dans la chute. Les conducteurs, qui marchaient à côté de ces charrettes, n'eurent aucun mal.

Les numéros de la semaine suivante du Figaro ne mentionnent pas d'autres incidents.

Source : Gallica (cf. lien)
Photo : Fabricio Cardenas (CC-BY-SA)



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samedi 19 avril 2014

Un nouveau maire à Bompas, 26 mai 1815

Changement de maire à Bompas en 1815

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales

Retranscription pour la mairie de Bompas (orthographe et accentuation fidèles au document).

Bonpas

Procés verbal d'installation du maire & de l'adjoint de la commune de Bonpas élus par l'assemblee primaire le 21 mai 1815

L'an mille huits cents quinze & le vingt sixième jour du moi de mai a 6 heures du soir.
Nous Honoré Polit maire de la commune de Bonpas canton de Perpignan departement des Pyrénées Orientales ayant convoque le conseil municipal cejourd'huy en vertu de l'autorisation que j'ai reçu de M le sous prefet dattee du vingt et cinq courant a legard de l'installation de Mr Jacques Reyner élu maire par l'assemblee primaire ainsi que de Mr Michel Vidal elu adjoint par la même assemblee primaire tenue dans notre eglise le vingt et un courant tous etant reunis dans la sâle ordinaire de nos seances a ete present Mrs Louis Just, Pierre Henry, Joseph Saula Cantegril, Jean Reyner & Ramon Roger membres du conseil municipal. M le maire a fait l'ouverture de la seance. Se st presentés Mr Jacques Reyner & Mr Michel Vidal nouveaux élus savoir M Jacques Reyner élu maire & M Jacques [sic] Vidal adjoint. Mr Honoré Polit président a lu la lettre de M le sous prefet qui l'invite a installer les nouveaux titulaires chacun en leur qualité & il a fait ensuite lecture de l'arreté de M le prefet qui ordonne que les nouveaux éllus seront installés a la diligence de M le sous prefet lequel arrete datté du 25 mai mois courant ordonne la prestation du serment de fidelite prescrit par l'article 56 su senat consulte du 28 floreal an 12. Lecture etant faite M le president a appelle les nouveaux élus & leur a fait preter le serment chacun en particulier conçu en ces termes
Je jure obeissance aux constitutions de l'empire & fidelite a l'empereur
Chacun d'eux ayant repondu separement je le jure ils ont ete installes savoir M Jacques Reyner maire & M Michel Vidal adjoint chacun en leur qualite en foi de ce ai dresse le present procés verbal en double expedition pour etre envoyé a M le sous prefet & ont signe tous les membres du conseil exepte Ramon Roge [sic] qui a dit ne savoir apres que lecture a ete faite.
Fait a la mairie de Bonpas le jour & an que dessus
Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Signature du maire sortant Honoré Polit

[signatures]
Jean Reÿnér
L Just
P Enric
Joseph Cantagrill
Joseph Sola
H Polit
délégués de M le sous prefet

Commentaires

Bompas compte 700 habitants en 1806 et 773 en 1821, le village est donc en expansion en 1815.
En ce 26 mai 1815, un nouveau maire, Jacques Reyner, remplace l'ancien, Honoré Polit.
L'orthographe Bonpas, correcte et conforme à l'étymologie, est encore utilisée. Bonpas apparaît au XIIIème siècle en remplacement de Malpas, qui désignait sans doute jusque là un passage à gué dangereux. Plus tard au XIXème siècle Bonpas deviendra de manière erronée Bompas.

Le procès-verbal est rédigé d'une belle écriture soignée et très lisible bien que soient absents toutefois la plupart des accents et apostrophes.
Comme souvent on note des différences entre la graphie des noms dans le procès-verbal et dans les signatures. Pierre Henry devient P Enric tandis que Joseph Saula Cantegril devient en fait deux personnes distinctes, Joseph Sola et Joseph Cantagrill. Les nouveaux maire et adjoint n'ont pas signé le document. 

Un doute est possible sur le nom du nouveau maire et de l'un des conseillers municipaux : Reyner ou Reynes ? Bien que ce ne soit pas toujours clair, certains passages montrent clairement Reyner pour l'un et l'autre, ainsi que la signature du conseiller. Pourtant, c'est Reynès et non Reyner qui est cité comme étant l'un des noms les plus courants à Bompas en 1841 avec Vidal, Polit et Roger notamment (en ce qui concerne les noms présents dans ce conseil municipal). En 26 ans, des erreurs de graphies successives ont pu imposer Reynès à la place de Reyner, d'autant plus que le r final de Reyner devait être muet.

Enfin, détail amusant, on trouve parmi les des dix maires de Bompas au XXème siècle : Reynès, Polit, Vidal et Sola, tous des patronymes déjà présents dans ce conseil municipal de 1815.

Source : ADPO, 2M37 Photos : Fabricio Cardenas, CC-BY-SA


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lundi 17 février 2014

Un agent trop zélé, Rivesaltes le 6 octobre 1877

Gendarme monarchiste contre républicains

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Lazare Escarguel
Brève parue dans Le Temps du 6 octobre 1877 via le relais de L'Indépendant.

Un agent trop zélé est certainement M. Ausseil, commissaire de police à Rivesaltes.
M. Ausseil avait eu cette singulière idée de vouloir empêcher l'affichage des placards du candidat républicain, M. Escarguel, sur les façades des cafés.
Et comme cet affichage était chose faite, il avait ordonné l'enlèvement des placards et s'était même permis de donner l'exemple en lacérant lui-même une de ces affiches dont la vue le blessait particulièrement.

Cet excès de zèle a attiré à M. Ausseil deux désagréments.
M. le maire lui a d'abord dressé procès-verbal.
Ensuite le comité républicain de Rivesaltes est venu chercher à Perpignan un nombre invraisemblable d'affiches.
De sorte que la commune de Rivesaltes est actuellement celle où la candidature de M. Escarguel est aujourd'hui le plus annoncée. On y voit des maisons tapissées de placards de haut en bas.

Commentaires
Les élections législatives d'octobre 1877 furent très agitées dans le département des Pyrénées-Orientales. Les candidats républicains subirent un intense harcèlement de la part des autorités en faveur des candidats monarchistes et il n'était pas rare de voir fermer les cafés favorables aux républicains. Malgré tout, Lazare Escarguel, en lice contre le colonel Falcon, fut largement réélu par 13 235 voix contre 8 276.

En ce qui concerne Rivesaltes, c'est à cette époque une ville farouchement républicaine, prompte à s'agiter et saisir la moindre occasion pour se rebeller contre l'autorité. Que le pauvre commissaire Ausseil n'ait pas été prévenu ou qu'il ait agi en pensant bien faire, il était quasiment certain qu'il obtiendrait le résultat contraire de celui espéré par son action.


Sources :
Jean Capeille, « Escarguel (Lazare-Henri) », dans Dictionnaire de biographies roussillonnaises, Perpignan,‎ 1914
+ Presse de l'époque.

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lundi 10 février 2014

Salses, le 31 mai 1815

Reconduction du maire de Salses en 1815

Retranscription pour la mairie de Salses-le-Château (orthographe et accentuation fidèles au document).

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales

Extrait des registres des délibérations du Conseil Municipal de la commune de Salces Canton de Rivesaltes département des Pyrénées Orientales

Salces

L'an mil huit cent quinze et le trente unieme may dans le lieu ordinaire des sceances de la mairie de la commune de Salçes ; s'est présenté Monsieur Marc Barthe maire de la commune susdite, délégué par Monsieur le Sous Préfét de l'arrondissement de Perpignan par sa lettre du vingt sept du courant à l'effet d'être installé les nouveaux maire et adjoint de la même commune savoir le dit Monsieur Barthes confirmé dans ses fonctions de maire, et Monsieur Antoine Ayrollés en remplacement de Monsieur Jean Vidal Vaquér lesquels ont été nommés à cet effet par l'assemblée primaire de la commune susdite le vingt quatre du courant.
Après avoir fait lecture de l'arrêté de Monsieur le Préfét de ce département en datte du vingt sept courant, avons installé les dits Messieurs Marc Barthe en qualité de maire et Antoine Ayrolles en qualité d'adjoint les quels ici présens ont déclaré accepter les fonctions qui leur sont ci dessus  délégué et ont de suite prété individuellement en présence des membres du conseilici présens extraordinairement assemblés le serment préscrit par l'article 56 du Senatus Consulte du 28 floreal an 12 conçu en ces termes.
"Je jure obeissance aux constitutions de l'Empire et fidelité à l'Empereur."
De tout quoi a été dressé le présent procés verbal qui a été signé des dits messieurs Barthe Maire, Ayrolles adjoint et des autres membres du conseil présens.
Les jour mois et an que dessus, Barthe, Ayrolles, Lanes, J Jordy, Bertrand, Deloupy, Jh Vidal, Castell, Clarét, Pams signés
Pour copie conforme délivrée par nous
Maire de la commune de Salçes, soussigné

[signature]
Barthe

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales

Commentaires

La population de Salses est de 749 habitants en 1806 (3155 en 2011).
Parmi le noms des élus cités, Vidal, Lanes, Jordy Bertrand, Claret et Pams font encore partie des noms les plus communs à Salses en 1841.

Le maire Marc Barthe était entré en fonction en 1814. Il est ici reconduit et gardera son échappe de maire jusqu'en 1830.
L'adjoint au maire Jean Vidal est remplacé par Antoine Ayrolles.

L'orthographe Salces est utilisée indifféremment en concurrence avec Salses du 18ème jusqu'au début du 20ème siècle.

Source: ADPO, 2M37
Photos : Fabricio Cardenas [cc-by-sa]



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samedi 25 janvier 2014

Saint-Hippolyte, le 31 mai 1815

Changement de maire à Saint-Hippolyte en 1815

Retranscription pour la mairie de Saint-Hippolyte (orthographe et accentuation fidèles au document).


Vieux papiers des Pyrénées-Orientales

St Hypolite

L'an Mil huit cent quinze et le trente un mai dans la maison commune de St Hypolite.

Nous Etienne Masnou maire de la dite commune, désigné par monsieur le sous-prefet de l'arrondissement de Perpignan avec la lettre du 27 mai courant, aux fins de proceder à l'installation du sieur Pierre Gari [Heyt] elu maire de la présente commune, et Cyr Balete Conill elu adjoint ; lesquels avons invité de se rendre à la présente séance, a quoi ayant été satisfait ; leur avons donné lecture de l'arreté de Monsieur le prefet de ce département daté du 27 courant.
Et aprés lecture faite du dit arreté le dit Pierre Gari Heyt elu maire à declaré accépter la dite fonction de maire de la présente commune, et a successivement preté le serment dont la teneur etait  je jure obéissance aux constitutions de l'Empire, et fidelité à l'Empereur.
Ensuite le dit Cyr Balete Conill elu adjoint au maire, à declaré aussi accepter la dite charge d'adjoint et à au même instant preté le serment d'obéissance aux constitutions de l'Empire et fidelité à l'Empereur, serment prescrit par l'article 56 du senatus consulte du 28 floréal an douze.
Aprés quoi nous Etienne Masnou susdit et soussigné aux qualités cy dessus les avons installé pour exercer les fonctions cy dessous , à çavoir,

Le dit Pierre Gari Heyt celle de Maire
et le dit Cyr Balete Conill celle d'adjoint au maire.

De tout quoi avons dressé le présent Procés verbal lequel aprés lecture faite l'avons clos et signé ;
à St Hypolite le jour mois et an que dessus.

Pierre Gari, Cyr Balete, Masnou

[Signature]
Masnou

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales

Commentaires

En 1806, la population de Saint-Hippolyte est de 445 habitants.
En ce 31 mai 1815, Étienne Masnou, maire, passe le relais à Pierre Gari.

On trouve de nombreux patronymes dans ce texte, parmi lesquels Conill, Masnou  et Balette sont cités parmi les plus communs  en 1841 à Saint-Hippolyte.

En lisant la retranscription de ce document, on ne peut s'empêcher de penser à première vue que le maire ne sait pas écrire correctement le nom de sa propre commune.  Mais bien sûr, il n'en est rien et heureusement Lluís Basseda, dans sa Toponymie historique de Catalunya nord, est là pour nous fournir une explication.
Le nom actuel et officiel de la commune est Saint-Hippolyte, forme savante en français conforme au Sanctus Hippolytus d'origine (martyr du 3ème siècle). Les formes anciennes du village de Saint-Hippolyte qui nous intéresse dévient très vite de la graphie savante, puisque le lieu est mentionné sous le nom de Sanctus Ypolitus dès 963, et que l'on trouve S. Hypolitus au 11ème siècle, puis plus tard Sant Ypolit et Sent Ipolit et enfin Sant Hipolit au 17ème siècle. Il n'y a donc bien, dans la forme catalane, qu'un seul "p" et un "y" fluctuant.  Au vu de ces éléments, la graphie utilisée par le maire paraît conforme à l'usage local, indépendamment de la graphie savante choisie par la République.

Source : ADPO, 2M37
Photos : Fabricio Cardenas (cc-by-sa)


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jeudi 23 janvier 2014

Baixas, le 20 juin 1815

Changement de maire à Baixas en 1815

Retranscription pour la mairie de Baixas (orthographe et accentuation fidèles au document).

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales

Baixas

Procés verbal d'installation

Seance du vingt juin mil huit cent quinze

Vu l'arreté de Monsieur le préfet et la lettre d'accompagnement de Monsieur le sous préfet de l'arrondissement de Perpignan qui nous invite a proceder de suite a l'installation du sieur Honoré Tarriux Montagne Maire et Joseph Farines Guiter adjoint de la commune de Baixas, avons en consequance fait prevenir les dits maire et adjoint lesquels s'etant rendu a la seance nous leur avons donné lecture du dit arrêté aprés quoi ils ont prêté le serment prescrit par l'article 56 du Senatus Consulte de 28 floréal an 12 et les avons installés dans leur ditte qualité aprés avoir dressé le present procés verbal que nous avons signés aprés lecture faite

Baixas le jour mois et an que dessus

Vaquer, Tarriux Maire, Farines adjoint

Pour copie conforme
L'ex maire
[Signature]
Vaquer

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Signature de Vaquer, maire sortant

Commentaires

La population à Baixas en 1806 est de 1534 habitants.
Le document donne Tarriux comme nom du nouveau maire. Pourtant, Tarrieux, ainsi que Farines figurent parmi les noms les plus communs à Baixas en 1841. Il semble y avoir un Tarrius dans l'histoire de la commune, lors de la révolte des vignerons en 1907. Quel est le nom véritable du maire ? Tarrieux ou Tarrius ? Il s'agit sans doute d'une erreur du secrétaire et je pencherai plutôt pour Tarrieux (le x est clairement visible). Peut-être un connaisseur de l'histoire de cette commune pourra-t-il m'éclairer ?
Le nom du maire sortant, Vaquer, est quant à lui cité dans une liste de noms de 1497 ! Il est le seul à signer le document mais je ne pense pas qu'il en soit le rédacteur. Le texte est régulier dans son écriture, la signature de Vaquer au contraire me semble plus hésitante.

Source : ADPO, 2M37
Photos : Fabricio Cardenas


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