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dimanche 12 mai 2019

Camélas le 18 juin 1815

Je poursuis avec la commune de Camélas mes retranscriptions concernant les archives de la période des Cent-Jours en 1815 dans le département des Pyrénées-Orientales. Nous allons voir qu'à l'instar de la plupart des communes déjà traitées, le maire de Camélas a dû, lui aussi, laisser sa place à un sujet sans doute plus fidèle à l'Empereur en ce 18 juin 1815.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Une rue de Camélas.


Note : le texte est retranscrit tel quel, sans modification de l'orthographe.

Camelas

L'an mille huit cent quinze et dix huitième jour du mois de juin, en vertu de l'arreté de Mr le Préfet du Département des Pyrennées Orientales en datte du trois juin presente année qui ordonne l'installation du maire et de l'adjoint de Camelas elus dans les assemblées primaires de ditte Commune le vingt cinq mai dernier.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
L'an mille huit cent quinze et dix huitième jour du mois de juin...


En vertu de la délégation qui m'a été faite par Mr. le Sous prefet de l'arrondissement de Perpignan en datte du cinq juin courant mois, j'aÿ à cet effet invité le Sr Brial Etienne Maire et Brial André adjoint de se rendre à la maison commune pour ÿ pretter le serment prescrit par l'article 56 du Senatus Consulte du 28 floreal an 12 dont la teneur suit.
Je jure obeissance aux Constitutions de l'empire, et fidelité à l'empereur.

Après que le Sr Brial Etienne, et Brial André se sont presentés par devant le Sr Massina delegué par Mr le Sous prefet, leur a fait pretter individuellement le serment de fidelité cÿ dessus. De tout quoi avons dressé acte qui ont signé avec nous Massina Antoine.

[signatures]
Brial Etienne maire
Brial André adjoint
Massina ex-maire

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Les signatures.


Le maire sortant, Antoine Massina, était en place depuis 1799. Il avait donc réussi à rester en fonction durant tout l'Empire, ce qui est assez rare pour être remarqué. Peut-être n'a-t-il pas assez montré sa fidélité à l'Empereur après la première installation de Louis XVIII, ni son enthousiasme lors du retour de Napoléon Ier durant les Cent-Jours ? Il est en tout cas remplacé par quelqu'un jugé plus apte à la situation. Je n'ai pas su trouver pour l'instant combien de temps exactement Étienne Brial est resté en poste mais, quoi qu'il en soit, Antoine Massina retrouve dans la même année son fauteuil de maire, sans doute après le retour de Louis XVIII et le conserve, tout de même, jusqu'en 1830.

A noter : Le maire qui prend sa suite s'appelle aussi Étienne Brial. Est-ce le même ? On peut le penser, d'autant que le maire suivant de 1838 à 1841 n'est autre qu'André Brial, peut-être aussi l'ancien adjoint éphémère de 1815. Cela serait une revanche pour tous les deux.

Sources :
* ADPO, 2M37
* Autres dates : Geneanet

Illustrations :
* Photo village : Jim Walton [cc-by] (via Wikimedia Commons)
* Photos texte : Fabricio Cardenas [cc-by-sa]


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lundi 13 novembre 2017

Boule d'Amont le 7 juin 1815

Je poursuis avec la commune de Boule-d'Amont mes retranscriptions concernant les archives de la période des Cent-Jours en 1815 dans le département des Pyrénées-Orientales. Nous allons voir qu'à l'instar de la plupart des communes déjà traitées, le maire de Boule-d'Amont a dû, lui aussi, laisser sa place à un sujet sans doute plus fidèle à l'Empereur en ce 7 juin 1815.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
La mairie de Boule-d'Amont.

Note : le texte est retranscrit tel quel, sans modification de l'orthographe et suivant le contenu de chaque ligne.

Ce jourdhui septieme jour du mois de juin de lan mil
huit cent quinze, nous Toubert Dominique maire en éxercice de la
commune de Boule d'amont du troisiéme arrondissement du departement
des Pyrenées Orientales d'après la lettre de monsieur le sous préfet en
date du trois du courant mois de juin à laquelle était joint un arreté
de monsieur le préfet sous la date du premier juin courant par lequel
il ordonne d'aprés avoir vu le procès verbal des operations de lassemblée
primaire de cette commune de Boule d'amont en date du vingt-un mai
dernier d'installer le sieur Damien Blanc pour occuper la place de maire
et le sieur Damien Ollet pour occuper celle d'adjoint élus par l'assemblée
primaire de cette commune le sus dit jour et en outre de leur faire preter
le serment préscrit par l'article cinquante six du Senatus consulte du
vingt huit floreal an douze incéré au premier article du decret
imperial du huit avril dernier Bulletin n°12 concu en ces termes -
« Je jure obeissance aux constitutions de l'empire et fidelité
« a l'empereur » -.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Un extrait du texte.


En consequence aÿant convoqué les sieurs designés au local
ou se tiennent ordinairement les seances municipales et nous nous sommes
aussi enjoint deux membres du conseil municipal ainsi que deux autres
particuliers de cette commune. Avant tout nous avons fait lecture
de la lettre et arreté ci dessus precités et ensuite nous avons fait metre
les sieurs Blanc et Ollet en notre presence et avons prononcé mot
à mot le serment ci contre lequel a été repeté 1° par le sieur Damien
Blanc 2° par le sieur Damien Ollet. Aÿant tous les deux la main
levée que d'après cette formalité remplie conformement a la loi avons
declaré et prononcé que le sieur Blanc Damien en éxecution des ordres
ci dessus precités était dès ce moment installé maire de cette commune
et le sieur Damien Ollet en execution des memes ordres était des ce moment
installé adjoint au maire de cette commune et que chacun d'eux
remplirait ces fonctions en leur dite qualité dans cette commune de Boule
d'Amont et que d'après cette installation par nous faite ils seront reconnus
par leurs administres respectifs tels que la loi le veut et avait ordonné
conformement à la lettre ci dessus prescrite de monsieur le sous prefet que
proces verbal serait redigé sur le registre de la mairie de cette installation
et que copie conforme serait éxpediée à monsieur le sous préfet pour lui
constater l'éxecution des ordres ci dessus énoncés que Damien Blanc a signé
ainsi que Damien Ollet avec nous maire en exercice, fait et dressé à
Boule damont le jour mois et an que ci dessus. - Toubert maire Blanc
maire installé et Ollet. - Pour copie conforme. -

[Signature de Toubert maire]

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Signature du maire sortant Dominique Toubert.


N'ayant pas trouvé en ligne de liste des maires de Boule-d'Amont, je ne peux dire depuis quand Dominique Toubert était maire de la commune. Je n'ai pas trouvé d'informations sûre sur lui, bien qu'il existe un Dominique Joseph Tubert, né en 1763 et mort en 1818, fils d'un Joseph Tubert né à Boule-d'Amont. De Tubert à sa prononciation phonétique Toubert, il n'y a qu'un pas, d'autant plus qu'il existe encore un Mas Tubert à Boule-d'Amont. Quoi qu'il en soit, si c'est lui qui a rédigé le texte, c'est en tout cas quelqu'un de relativement éduqué, du fait de son écriture régulière et de la quasi absence de fautes (hormis les accents dont l'emploi est toujours un peu aléatoire à cette époque) et malgré le style très administratif du courrier qui correspond peut-être à un modèle envoyé par la préfecture.

Remplacé en ce 7 janvier 1815 par Damien Blanc, le nom de ce dernier apparaît dans le registre des mariages de Corsavy en 1829, étant le père d'Alexandre Blanc, « propriétaire à Boule-d'Amont » qui se marie alors avec une demoiselle originaire de Boule-d'Amont également mais vivant à Corsavy (à quelques kilomètres plus au sud). Je ne sais pas non plus jusqu'à quand Damien Blanc a exercé le mandat de maire.

Concernant le nouvel adjoint au maire, Damien Ollet, une personne de ce nom est bien née à Boule-d'Amont le 14 mars 1778 et exerçait le métier de chirurgien. Il aurait donc eu 37 ans au moment de sa nomination.

Avis aux lecteurs de cet article : n'hésitez pas à transmettre des informations sur ces personnes si vous en avez !

Sources :
* ADPO, 2M37
* Dominique Toubert  : Geneanet
* Damien Blanc : Cortsavi sempre
* Damien Ollet : Geneanet

Illustrations :
* Photo de la mairie : MartinD [cc-by-sa] via Wikimedia Commons
* Photos du texte : Fabricio Cardenas [cc-by-sa]


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samedi 27 mai 2017

Corbère le 10 juin 1815

Je poursuis avec la commune de Corbère mes retranscriptions concernant les archives de la période des Cent-Jours en 1815 dans le département des Pyrénées-Orientales. Nous allons voir qu'à l'instar de la plupart des communes déjà traitées, le maire de Corbère a dû, lui aussi, laisser sa place à un sujet sans doute plus fidèle à l'Empereur en ce 10 juin 1815.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
La nouvelle mairie de Corbère


Note : il me manque la fin du document, donc je n'ai pas pu constater si les maires ancien et nouveau savaient signer, les cas d'illettrisme  étant encore fréquents à cette époque, même parmi les élus.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Nous soussignés Membres du Conseil Municipal
de la Commune de Corbere...


Commune de Corbère

L'an Mille huit cens quinze et le dix du Mois de juin
Nous soussignés Membres du Conseil Municipal
de la Commune de Corbere assembles à la Maison
Commune d'après l'invitation de Monsieur Llech
Sébastien Maire pour nous assembler, [ci étant]
Mr le Maire nous a communiqué qu'il est
remplacé par Joseph Pons Tixador nommé Maire
par l'assemblee primaire, M Boniface Roig adjoint
nommé aussi par l'assemblée primaire
qui a eu lieu le vingt cinq mai dernier, [y ont]
obtenu plus que la moitié des votes, et que
d'après l'arrete de M le prefet en datte du
trois juin les dits Pons Tixador et Boniface Roig
doivent etre installes, et par consequent preter
le serment prescrit par l'article 56 du Senatus
Consulte du 28 floreal an douze, et tout de suite
ont aussi comparu les sudits Pons Tixador Joseph
et Roig Boniface qui ont preté le serment
qui suit je jure obeissance aux constitutions
de l'Empire et fidelité à l'Empereur...


Le secrétaire ayant enregistré les événements est inconnu, mais il écrit correctement et sans fautes (par rapport à l'orthographe de l'époque). Seuls les accents sont absents la plupart du temps, mais c'est souvent le cas dans les manuscrits de ce temps-là.

Le maire sortant, Sébastien Llech, était en place depuis 1808, donc durant toute la deuxième moitié du Ier Empire et également sous le début du règne de Louis XVIII. Peut-être a-t-il été trop favorable à la Restauration, ce qui expliquerait alors son évincement au profit de Joseph Pons Tixador. Ce dernier est lui-même révoqué dès le retour de Louis XVIII après la fin des Cent-Jours quelques semaines plus tard et remplacé par un certain Pierre Roig.

Notons que la famille Llech est à l'origine de plusieurs maires de Corbère jusqu'à la fin du 19e siècle, dont Sébastien est le premier représentant. On trouve 2 Sébastien, 2 Valentin et 1 Joseph.

Source : ADPO, 2M37
Liste des maires : MairesGenWeb
Photos : Fabricio Cardenas [cc-by-sa]



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samedi 30 avril 2016

Vingrau le 4 juin 1815

Changement de maire à Vingrau en 1815

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
L'école et la mairie à Vingrau

Je poursuis avec la commune de Vingrau mes retranscriptions concernant les archives de la période des Cent-Jours en 1815 dans le département des Pyrénées-Orientales. Nous allons voir qu'à l'instar de la plupart des communes déjà traitées, le maire de Vingrau a dû, lui aussi, laisser sa place à un sujet sans doute plus fidèle à l'Empereur.

Note : la retranscription suit l'orthographe et les lignes du document.

Vingrau

L'an mil huit cent quinze et le quatre
juin dans la commune de Vingrau departement
des Pirénées Orientales, canton de Rivesaltes.



Vieux papiers des Pyrénées-Orientales

Nous Parés maire, et Resungles adjoint,
assemblés dans le lieu ordinaire de nos séances.
En vertu de l'arreté de Monsieur le prefet, en
date du 27 mai dernier, et la lettre de Monsieur
le sous prefet du 27 mai dernier, qui nous ordonne
d'installer Monsieur Louis Resungles maire, et
Michel Chavanette adjoint de la susdite commune
de Vingrau, tout de suite j'ai procedé selon les
formes prescrites par le Decret impérial
du 30 avril dernier, a l'installation de
Louis Resungles, pour maire, et
de Michel Chavanette, pour adjoint, en presence de
nous Parés maire, et Resungles adjoint, sortants,
ont prêté le serment requis par la loi,
d'obeissance aux constitutions de l'empire, et de
fidelité à l'Empereur.
De tout ci dessus avons dressé le present
proces verbal le jour mois et an ci dessus,
et avons signé

[signatures]
Ls Resungles maire
Parés maire
Michel Chavanette adjoint
Resungles adjoint


Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Les signatures des maires et adjoints de Vingrau en 1815


Le document ci-dessus nous informe donc qu'en ce 4 juin 1815, le maire en place, Parés, est remplacé par Louis Resungles sur ordre du préfet des Pyrénées-Orientales daté du 27 mai 1815. L'adjoint sortant, Resungles, est lui aussi remplacé par un certain Michel Chavanette, sans que l'on sache vraiment si l'adjoint sortant et le nouveau maire sont la même personne ou non. Le fait d'avoir quatre signatures (les deux maires et les deux adjoints) et non trois pourrait inciter à penser qu'il ne s'agit pas des mêmes personnes, mais la similarité des deux « Resungles » me ferait plutôt pencher pour un même individu. Quoi qu'il en soit, ces signatures prouvent que tous savent au moins signer leur nom et même écrire, au contraire par exemple du maire de Cabestany à la même époque.

Le site Geneanet nous fournit une liste incomplète des maires de Vingrau. On y trouve mentionné un certain François Pares qui aurait été maire de 1806 à 1820. On y trouve aussi un Louis Resungles qui aurait été maire de 1830 à 1831 et quelques mois en 1846, sans que l'on puisse affirmer que ce soit le même que celui de 1815, le nom de Louis Resungles renvoyant notamment à plusieurs habitants différents de Vingrau nés dans les années 1780. On constate enfin que de nombreux Resungles et Chavanette ont été maires de Vingrau tout au long du 19ème siècle et jusqu'au début du 20ème siècle.

Il paraît manifeste que nous sommes encore ici en présence d'un maire oublié, ainsi que nous l'avons déjà vu pour Bouleternère, Laroque-des-Albères ou Catllar, du fait du sans doute très court mandat exercé par Louis Resungles, bref remplaçant de François Parés. Ce dernier a sans doute dû récupérer sa fonction sitôt la monarchie rétablie, courant juillet de la même année.


Source : ADPO, 2M37
Toutes photos : Fabricio Cardenas [cc-by-sa]


Pour rappel, cet autre article concernant l'incendie de la mairie de Vingrau, à relire ici.


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mercredi 19 août 2015

Naissance du premier journal des Pyrénées-Orientales en 1815

Vieux papiers des Pyrénées-OrientalesIl y a exactement 200 ans, le 19 août 1815, paraissait le premier numéro du Mémorial administratif
des Pyrénées-Orientales. Jusqu'à cette date, le département n'avait alors aucun journal, tout comme une dizaine d'autres départements en France. Ce vide est comblé par la préfecture des Pyrénées-Orientales elle-même qui en assure alors la publication et la vente par abonnement. Le titre est modifié plusieurs fois et devient en 1831 le Journal des Pyrénées-Orientales. Le contenu présente bien évidemment le point de vue du pouvoir en place, ce qui motivera la création de L'Indépendant des Pyrénées-Orientales en 1846 afin de contrer la propagande officielle et de permettre l'élection d'Arago comme député. Le Journal des Pyrénées-Orientales cesse de paraître en 1876, après plus de soixante ans d'existence.

Voyons à présent le contenu des huit pages de ce premier numéro.

En pages un et deux, on trouve le détail de l'arrêté préfectoral concernant la parution du journal  tous les samedis. L'article 2 de l'arrêté en définit l'objectif :
Ce Mémorial administratif sera destiné à comprendre les ordonnances du Roi, les actes du Gouvernement, les ordres ministériels, les arrêtés, circulaires et instructions de la préfecture, les avis essentiels et les nouvelles officielles qu'il convient de porter avec promptitude à la connaissance des administrés du département.
L'article 5 précise que l'abonnement, de un franc par mois, est obligatoire pour tous les maires des communes du département.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales

L'arrêté est signé par Paul Étienne de Villiers du Terrage (1774-1858), premier préfet des Pyrénées-Orientales depuis la Seconde Restauration et en poste depuis le 8 juillet. Il conserve cette fonction jusqu'en juillet 1818.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Le duc d'Angoulême
En pages deux et trois, on peut lire un hommage au duc d'Angoulême, Louis-Antoine d'Artois, neveu de Louis XVIII et fils du futur Charles X. Le texte rappelle l'épisode des Cent-Jours durant lequel le duc d'Angoulême leva une petite armée dans le Midi de la France afin de résister à Napoléon. On trouve donc logiquement en pages quatre et cinq la proclamation officielle du duc d'Angoulême concernant la cessation de ses fonctions militaires, l'ordre étant revenu. Il y remercie la plupart des anciennes provinces du sud de la France, parmi lesquelles le Roussillon, pour leur fidélité et leur dévouement envers le Roi durant cette période.

Enfin, les pages cinq à huit nous donnent le détail concernant le Concours pour l'admission des élèves à l'École Royale Polytechnique en 1815, dont les examens régionaux se déroulent alors à Montpellier et Toulouse à la mi-septembre. Le programme des connaissances exigées comprend de l'arithmétique, de l'algèbre, de la géométrie, de la statistique, du français et du latin ainsi qu'une épreuve de dessin : 
[Les candidats] seront enfin tenus de copier une tête d'après l'un des dessins qui leur seront présentés par l'Examinateur.
Il faut être âgé de seize à vingt ans, mais une dérogation est possible jusqu'à vingt-six ans (et même trente ans pour les sous-officiers) pour tout français qui aura fait deux campagnes de guerre ou un service militaire pendant trois ans. Il faut également un certificat de bonne conduite, délivré par la mairie de son domicile.

Source :
Numéro 1 du Mémorial administratif des Pyrénées-Orientales : fonds numérisé de la Médiathèque de Perpignan (domaine public). Illustrations :
Bandeau journal et article 7 de la page 2 : Fabricio Cardenas [CC-BY-SA]
Portrait du duc d'Angoulême : Artiste inconnu (XIXème siècle) [domaine public]

Pour rappel, les articles de ce blog en rapport avec l'année 1815 sont à relire ici.



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dimanche 9 août 2015

Un maire oublié à Catllar en 1815

Changement de maire à Catllar en 1815

En-tête du document
C'est avec la commune de Catllar [prononcer : "Cailla"] en Conflent que je poursuis mes retranscriptions concernant la période des Cent Jours dans le département des Pyrénées-Orientales. On a pu voir avec la vingtaine de communes déjà traitées que pour un tiers d'entre elles le maire reste en place suite au retour de Napoléon Ier, tandis que dans les deux-tiers restants, soit la majorité, le maire laisse son siège à un nouveau venu plus en grâce au yeux du nouveau pouvoir en place. Nous allons voir ce qu'il en est pour Catllar.

Pour commencer, quel est le maire en place ? Le site MairesGenWeb nous donne un relevé complet de la liste des maires supposée affichée en mairie. On y trouve un certain Jean Pallarès, qui aurait siégé de 1805 à 1816, soit durant presque tout le Premier Empire, la Première Restauration, les Cent-Jours (mars-juillet 1815) et le début de la Seconde Restauration. Résister à tous les changements de régime de cette époque peut-être vu comme un exploit, mais cela n'est pas banal dans les petites communes où les gens capables d'assurer la fonction de maire n'étaient pas forcément très nombreux, quoi qu'à l'époque Catllar compte tout de même plus de 500 habitants (un peu plus de 700 de nos jours), ce qui n'est pas si petit. Mais Jean Pallarès est-il vraiment resté en place durant les Cent-Jours ? La délibération du 4 juin 1815 nous révèle une autre situation à Catllar.

Note : la retranscription suit l'orthographe et les lignes du document.

Commune de Catllar
Canton de Prades
Departement des Pyrenées Orientales

Extrait du registre des délibérations de la commune de Catllar


L'an mil huit cent quinze le quatrième du mois de juin
dans la commune de Catllar, nous Jean Pallarés maire
de ladite commune aurions appelés les sieurs Joseph
Pallarés, et Joseph Delseny Massia, pour installer les susdits
a la place de maire et adjoint ainsi qu'il ma été
ordonné par monsieur le prefet d'aprés le procés verbal
des operations de l'assemblée primaire de ladite commune
en datte du vingt un mai dernier duquel il resulte
que le sieur Joseph Pallarés a été elu maire, et le sieur
Joseph Delseny Massia adjoint, de ladite commune de Catllar.
Monsieur le prefet considerant que les elections ont été
faites dans les formes vouluës par le decret impérial
du trente avril dernier, et qu'il ne sait élevé contre elles
aucune reclamations, arrête que les dits individus aprés
avoir prété le serment prescrit par l'article cinquante
six du senatus consulte du vingt huit floréal an douze
sont installés en leur ditte qualité, dont le teneur du
serment suit, je jure obeissance aux constitutions de l'Empire
et fidélité a l'Empereur. De quoi nous avons dressé le présent
procés verbal les jours, mois et an susdits, J. Pallarés maire
Pallarés Joseph, Delsenny Massia, ainsi signés.



Certifié veritable par nous
[signature]
Pallarés maire

On comprend d'après ce document que le 4 juin 1815, le maire en place Jean Pallarés laisse sa place à un certain Joseph Pallarés (peut-être un parent ?) et à son adjoint Joseph Delseny Massia. Il semble que le document soit signé par l'ancien maire, Jean, et non Joseph Pallarés. Combien de temps Joseph Pallarés est-il resté en place ? On ne le sait pas pour l'instant mais Jean Pallarés a probablement récupéré son siège après l'épisode des Cent-Jours, soit à peine un mois ou deux plus tard, ce qui pourrait expliquer qu'il soit noté comme maire jusqu'en 1816.

En tout cas, Joseph Pallarés est un nouveau exemple de maire oublié, après ceux déjà vu de Bouleternère ou de Laroque-des-Albères dans le même contexte.

Sources : 
Texte : ADPO, 2M37
Liste des maires de Catllar : MairesGenWeb (cf. lien)
Photos : Fabricio Cardenas, CC-BY-SA

Pour rappel, les autres articles de ce blog en rapport avec le Conflent sont ici.


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dimanche 1 février 2015

Devenir maire à la place du maire à Caramany en 1815

Poursuivant mes retranscriptions concernant la période des Cent Jours dans le département des Pyrénées-Orientales, la situation que je découvre aujourd'hui en 1815 à Caramany, montre une certaine tension à la mairie. Contrairement aux cas vus précédemment pour les autres communes, dans lesquels le maire était soit maintenu en place par le préfet soit remplacé par une autre personne (souvent brièvement), nous sommes ici en présence d'un Carmagnol souhaitant être maire à la place du maire et qui tente une démarche en ce sens auprès du préfet des Pyrénées-Orientales. Le dénommé Jullien Pugeol prétend en effet avoir été élu à l'unanimité par une assemblée populaire souhaitant se débarrasser du maire en place.


Monseigneur le Préfet

Permettez que je mette sous les yeux de votre grandeur
la position de la commune de Caramaing canton de Latour
departement des Pirennees Orientales : j'ai été nommé maire
à l'unanimité des voix et consentement général de ladite commune. L'ancien
maire qu'on ne veut en aucune manière, continue de faire les fonc-
tions. Les habitants sont fachés que je ne réponde pas à leur entière
confiance. Que votre grandeur ordonne immédiatement après ma lettre
reçue, que je sois mis en activité des fonctions comme elle a deja fait
à Bellesta, Planezes et autres communes, j'attens cette grâce de votre
bonté et justice.

J'ai l'honneur d'être avec Respect
de votre grandeur
Monseigneur

Votre très humble et obeissant
serviteur
Jullien Pugeol maire nommé
par l'unanimité des voix de la commune
de Caramaing canton de Latour

au dit Caramaing, le 26 juin 1815


Le maire dont Jullien Pugeol voudrait prendre la place est Louis Chauvet, nommé depuis 1800 déjà et qui pouvait donc se vanter d'être resté en place durant tout le Premier Empire. Autant dire que notre prétendant n'avait aucune chance face à ce fidèle sujet de l'Empereur. Louis Chauvet restera donc en place jusqu'en 1816, date à  laquelle il est remplacé par Dominique Fourcade. Pugeol, quant à lui, ne deviendra jamais maire de Caramany. Quelques mois plus tard, Louis Chauvet manque de se faire assassiner par un mécontent. L'ambiance était tout sauf tranquille depuis plusieurs années à Caramany, les maires étant notoirement en conflit avec le curé. Pugeol était-il un partisan du curé ? Sans doute un spécialiste de l'histoire locale saura-t-il me répondre.

Jullien Pugeol invoque comme exemple les cas de Bélesta et Planèzes, communes proches géographiquement de Caramany. Le maire de Bélesta Baptiste Pugnaud est effectivement destitué en 1815 et remplacé par un certain Jacques Biles, mais il retrouve sa place dès le 21 juin de la même année ainsi que nous l'avons déjà vu, soit cinq jours avant ce courrier de Pugeol. Quant à Planèzes, il me semble au contraire que le maire Jean Baillette est resté en place durant les Cent-Jours, ainsi que nous le verrons plus tard.
Notons que Pugeol utilise dans ce courrier le nom de Caramaing, forme francisée de Caramany et nom officiel de la commune tel que déclaré dans le Bulletin des lois en 1801, où apparaît également la forme  Caramany, démontrant une certaine confusion à l'époque entre, sans doute, usage local et usage administratif.

Retrouvez ici tous les articles en rapport avec le Fenouillèdes.
A lire : l'excellent site de l'association Le Pari du lac sur l'histoire de Caramany
avec ses anecdotes et autres histoires

Sources :
Texte : ADPO, 2M37
Bulletin des lois : Notice Cassini de Caramany.
Dates et noms maires : MairesGenWebpour Caramany, transcriptions personnelles des documents d'époque pour Bélesta et Planèzes.




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lundi 23 juin 2014

Reconduction du maire de Fosse, 24 juin 1815

Le maire et son adjoint sont reconduits

Je reprends mes retranscriptions concernant la période des Cent Jours dans le département des Pyrénées-Orientales, après avoir déjà traité 19 communes, parmi lesquelles figurent deux communes disparues : Aytua, traité sur ce blog, et Palol dont la retranscription figure sur le blog qui lui est consacré.

Retranscription pour la mairie de Fosse (orthographe et accentuation fidèles au document).

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Mairie de Fosse

Copie du procès verbal de l'installation du maire et de l'adjoint de la commune de Fosse.

Le conseil municipal de la commune de Fosse assemblé aujourd'hui 24 juin 1815, à l'effet de reinstaller le maire et l'adjoint de la dite commune.
En consequence on a fait lecture de l'arrêté de Monsieur le Préfet en date du 9 du courant qui ordonne que d'après l'assemblée primaire de cette commune du 21 mai dernier convoquée par le decret imperial du 30 avril dernier ; les sieurs Germain Pellissier soit installé maire, et Jean François Pellissier adjoint, et après cette lecture, les sus-dits maire et adjoint ont réitéré en présence du conseil municipal de serment d'obeissence aux constitutions de l'Empire, et de fidélité à la personne de l'Empereur, et de suite on les a proclamés être réélus dans leurs fonctions, et réinstallés de nouveau dans leurs qualités de maire, et d'adjoint. De tout ce avons dressé le présent procès verbal que Baptiste Doutre, Jean Marsal, Baptiste Pellissier, Jean Cayre, Martin Pellissier, Benoît Pellissier, Jean Guillaume Rapidel, et Nicolas Pellissier ont signé, et non Louis Matthieu illitéré, tout présents à la séance, et membres du conseil municipal.
Signés au registre
Doutre, Pellissier, Marsal, Pellissier, Rapidel, Pellissier, Pellissier et Pellissier maire, et Pellissier adjoint.

Pour copie conforme le maire de la commune
Pellissier

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
La signature du maire
Commentaires

La commune de Fosse compte 134 habitants en 1806 et 135 en 1821. La population de l'époque, même si elle reste faible, est stable et la commune ne commencera vraiment à se dépeupler qu'au début du XXème siècle. Il y a officiellement en 2011 seulement 39 habitants.

Il est amusant de constater la sur-représentation de la famille Pellissier qui, maire et adjoint inclus, occupe tout de même les deux tiers du conseil municipal. Le nom est déjà courant à Fosse au XVIIIème siècle et l'on sait par un bulletin municipal de Fosse que le maire de Fosse vers 1803 était un nommé Jean-Pierre Pellissier. Cela correspond sans doute à la représentation réelle de ce nom dans le village, que l'on peut encore constater, selon le site de Jean Tosti, en 1841 et même en 1937 ou le maire et adjoint sont encore un A. Pélissier et un F. Pélissier. Il semble qu'entre 1815 et la fin du XIXème siècle, les Pellissier ait perdu un l à leur nom. Erreur de retranscription de Jean Tosti ou processus classique de simplification des noms (on trouve aujourd'hui plus couramment des Pélissier que des Pellissier). On trouve toutefois encore un Pellissier de Fosse décoré de la légion d'honneur et né en 1869. Mais une recherche sur les pages blanches aujourd'hui ne montre plus aucune personne portant ce nom à Fosse, bien qu'il y ait encore deux Pellissier à Saint-Paul-de-Fenouillet (à 6 km) ainsi qu'une poignée de Pélissier.

Source : ADPO, 2M37
Photos : Fabricio Cardenas, CC-BY-SA




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samedi 19 avril 2014

Un nouveau maire à Bompas, 26 mai 1815

Changement de maire à Bompas en 1815

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales

Retranscription pour la mairie de Bompas (orthographe et accentuation fidèles au document).

Bonpas

Procés verbal d'installation du maire & de l'adjoint de la commune de Bonpas élus par l'assemblee primaire le 21 mai 1815

L'an mille huits cents quinze & le vingt sixième jour du moi de mai a 6 heures du soir.
Nous Honoré Polit maire de la commune de Bonpas canton de Perpignan departement des Pyrénées Orientales ayant convoque le conseil municipal cejourd'huy en vertu de l'autorisation que j'ai reçu de M le sous prefet dattee du vingt et cinq courant a legard de l'installation de Mr Jacques Reyner élu maire par l'assemblee primaire ainsi que de Mr Michel Vidal elu adjoint par la même assemblee primaire tenue dans notre eglise le vingt et un courant tous etant reunis dans la sâle ordinaire de nos seances a ete present Mrs Louis Just, Pierre Henry, Joseph Saula Cantegril, Jean Reyner & Ramon Roger membres du conseil municipal. M le maire a fait l'ouverture de la seance. Se st presentés Mr Jacques Reyner & Mr Michel Vidal nouveaux élus savoir M Jacques Reyner élu maire & M Jacques [sic] Vidal adjoint. Mr Honoré Polit président a lu la lettre de M le sous prefet qui l'invite a installer les nouveaux titulaires chacun en leur qualité & il a fait ensuite lecture de l'arreté de M le prefet qui ordonne que les nouveaux éllus seront installés a la diligence de M le sous prefet lequel arrete datté du 25 mai mois courant ordonne la prestation du serment de fidelite prescrit par l'article 56 su senat consulte du 28 floreal an 12. Lecture etant faite M le president a appelle les nouveaux élus & leur a fait preter le serment chacun en particulier conçu en ces termes
Je jure obeissance aux constitutions de l'empire & fidelite a l'empereur
Chacun d'eux ayant repondu separement je le jure ils ont ete installes savoir M Jacques Reyner maire & M Michel Vidal adjoint chacun en leur qualite en foi de ce ai dresse le present procés verbal en double expedition pour etre envoyé a M le sous prefet & ont signe tous les membres du conseil exepte Ramon Roge [sic] qui a dit ne savoir apres que lecture a ete faite.
Fait a la mairie de Bonpas le jour & an que dessus
Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Signature du maire sortant Honoré Polit

[signatures]
Jean Reÿnér
L Just
P Enric
Joseph Cantagrill
Joseph Sola
H Polit
délégués de M le sous prefet

Commentaires

Bompas compte 700 habitants en 1806 et 773 en 1821, le village est donc en expansion en 1815.
En ce 26 mai 1815, un nouveau maire, Jacques Reyner, remplace l'ancien, Honoré Polit.
L'orthographe Bonpas, correcte et conforme à l'étymologie, est encore utilisée. Bonpas apparaît au XIIIème siècle en remplacement de Malpas, qui désignait sans doute jusque là un passage à gué dangereux. Plus tard au XIXème siècle Bonpas deviendra de manière erronée Bompas.

Le procès-verbal est rédigé d'une belle écriture soignée et très lisible bien que soient absents toutefois la plupart des accents et apostrophes.
Comme souvent on note des différences entre la graphie des noms dans le procès-verbal et dans les signatures. Pierre Henry devient P Enric tandis que Joseph Saula Cantegril devient en fait deux personnes distinctes, Joseph Sola et Joseph Cantagrill. Les nouveaux maire et adjoint n'ont pas signé le document. 

Un doute est possible sur le nom du nouveau maire et de l'un des conseillers municipaux : Reyner ou Reynes ? Bien que ce ne soit pas toujours clair, certains passages montrent clairement Reyner pour l'un et l'autre, ainsi que la signature du conseiller. Pourtant, c'est Reynès et non Reyner qui est cité comme étant l'un des noms les plus courants à Bompas en 1841 avec Vidal, Polit et Roger notamment (en ce qui concerne les noms présents dans ce conseil municipal). En 26 ans, des erreurs de graphies successives ont pu imposer Reynès à la place de Reyner, d'autant plus que le r final de Reyner devait être muet.

Enfin, détail amusant, on trouve parmi les des dix maires de Bompas au XXème siècle : Reynès, Polit, Vidal et Sola, tous des patronymes déjà présents dans ce conseil municipal de 1815.

Source : ADPO, 2M37 Photos : Fabricio Cardenas, CC-BY-SA


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lundi 10 mars 2014

Bolquère, le 24 juin 1815

Changement de maire à Bolquère en 1815

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales

Retranscription pour la mairie de Bolquère (orthographe et accentuation fidèles au document).

Mairie de Bolquera

L'an mille huit cents quinze et le vinquatriéme jour du mois de juin, dans la Maison Commune de Bolquera, en conformitté de l'arreté de Monsieur le Prefet du Depmt des Pirénées Orientales, en date du 17 juin dernier, à l'effet de l'installation des Mrs le maire et adjoint de la ditte commune de Bolquera, conformement a la loi.
Nous Patau Pierre, maire de la sus ditte Comne de Bolquera avons convoqué le Conseil general et municipal de la commune de Bolquera, et en présence desquels avons procédé a la installation, a la sermentation, de Mrs le maire et adjoint, les sieurs Inbern Jean dit Ramonet, maire, et Nohet Pierre dit Paulet adjoint, lesquels ont preté le serment, comme suit, je jure obeissance aux constitutions de l'empire et fidelité à l'empereur, d ou les dits Inbern et Nohet excercerons les fonctions, et reconnus par les individus de Bolquera, en sa dite qualité de maire et adjoint, de la commune de Bolquera, et ont signé.
Fait a la Maison commune de Bolquera, le jour mois et an que dessus.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales

[signatures]
Inbern mere
Nuet [adjuem]

Commentaires

De 1806 à 1821, la commune de Bolquère passe de 288  à 318 habitants.

Bolquera est le nom catalan et c'est bien celui-ci qui est employé constamment par le maire sortant, Pierre Patau.

Le style d'écriture et l'orthographe parfois approximative, ainsi que les signatures, laborieuses, montrent que le maire sortant, le nouveau maire et son adjoint, sont tous un peu hésitants avec l'écriture.

Les surnoms sont précisés pour les nouveaux élus. Ceux-ci sont encore très courants dans les campagnes à cette époque et souvent même plus utilisés que le nom de baptême. Il est donc important de préciser que l'on a affaire à Ramonet et Paulet, nés respectivement Jean Inbern et Pierre Nohet.

Concernant les signatures du nouveau maire et de son adjoint : je pense qu'on peut lire mere à droite du nom d'Inbern. C'est un gallicisme courant, jadis utilisé en remplacement du catalan battle. Je ne suis pas tout à fait sûr par contre de lire adjuem, qui ressemble à une retranscription intuitive de la part de l'adjoint à propos d'un mot qu'il ne sait peut-être pas écrire en français. On remarque également qu'il écrit son propre nom Nuet, orthographié Nohet par le maire sortant. Les deux sont équivalents.

Source : ADPO, 2M37
Photos : Fabricio Cardenas (CC-BY-SA)



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vendredi 21 février 2014

Laroque-des-Albères, 8 juin 1815

Un maire oublié à Laroque-des-Albères en 1815


Retranscription pour la mairie de  Laroque-des-Albères (orthographe et accentuation fidèles au document).


 La Roque

L'an mil huit cent quinze, et le huitième jour du mois de juin, par devant nous Joseph Pujas maire de la commune de La Roque, d'après l'arrétté de monsieur le préffet du département des Pirenées Orientales en date du 6 juin, expiré, par lequel, il nous prescrit de faire preter en presence du Conseil municipal le serment de fidélité conçu en ces termes, Je jure obeissance aux constitutions de l'Empire et fidelité a l'Empereur, aux sieurs Vilar François maire et Soler Gauderic adjoint, ce qu'ils ont executé, après avoir convoqué notre Conseil municipal d'après les ordres que j'en ai reçu de Monsieur le sous-preffet en date du 8 juin, expiré. Cette opperation terminée j'ai estallé les sieurs Vilar François maire et Soler Gauderic adjoint.
De tout ce que dessus nous avons dressé le present procés verbal que nous avons signé avec le Conseil municipal de notre commune.
Fait a La Roque les jour mois et an que dessus.

[Signatures]
Pujas
Carboneill
Chaubet
Solé
J. Pujas ex maire
F. Vilar
Montariol
Casademont
[Corsano]
Malzach

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Signature de Joseph Pujas, maire sortant
Commentaires

La population de Laroque-des-Albères en 1906 est de 1167 habitants (2128 en 2011).
La Roque ou Laroque devient Laroque-des-Albères en 1953.

Parmi le noms des élus cités, Casadamont, Carboneill et Solé font encore partie des noms les plus communs à Laroque-des-Albères en 1841.

A l'instar du cas de Bouleternère, nous sommes ici encore en présence d'un maire oublié. Le site MaireGenWeb qui fournit la liste complète des maires de Laroque-des-Albères, tout en se basant sur un tableau affiché en mairie, ne fait aucune mention de François Vilar, devenu maire ce 8 juin 1815. Officiellement, Joseph Pujas est resté maire de 1802 à 1816. On voit qu'il n'en est rien. Il est par contre probable que François Vilar ait été destitué dès la fin des Cent-Jours, ce qui ne lui aurait fait qu'un mandat de deux mois. Mais je n'en ai pas confirmation pour l'instant.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Signature de François Vilar, maire entrant

On trouve parmi les conseillers municipaux un Malzach et un Carboneill. Ceux-ci sont peut-être les futurs maires Joseph Malzach (1816-1827) et Hyacinthe Carboneill (1827-1830).

Source : ADPO, 2M37 [domaine public]
Photos : Fabricio Cardenas [cc-by-sa]



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lundi 10 février 2014

Salses, le 31 mai 1815

Reconduction du maire de Salses en 1815

Retranscription pour la mairie de Salses-le-Château (orthographe et accentuation fidèles au document).

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales

Extrait des registres des délibérations du Conseil Municipal de la commune de Salces Canton de Rivesaltes département des Pyrénées Orientales

Salces

L'an mil huit cent quinze et le trente unieme may dans le lieu ordinaire des sceances de la mairie de la commune de Salçes ; s'est présenté Monsieur Marc Barthe maire de la commune susdite, délégué par Monsieur le Sous Préfét de l'arrondissement de Perpignan par sa lettre du vingt sept du courant à l'effet d'être installé les nouveaux maire et adjoint de la même commune savoir le dit Monsieur Barthes confirmé dans ses fonctions de maire, et Monsieur Antoine Ayrollés en remplacement de Monsieur Jean Vidal Vaquér lesquels ont été nommés à cet effet par l'assemblée primaire de la commune susdite le vingt quatre du courant.
Après avoir fait lecture de l'arrêté de Monsieur le Préfét de ce département en datte du vingt sept courant, avons installé les dits Messieurs Marc Barthe en qualité de maire et Antoine Ayrolles en qualité d'adjoint les quels ici présens ont déclaré accepter les fonctions qui leur sont ci dessus  délégué et ont de suite prété individuellement en présence des membres du conseilici présens extraordinairement assemblés le serment préscrit par l'article 56 du Senatus Consulte du 28 floreal an 12 conçu en ces termes.
"Je jure obeissance aux constitutions de l'Empire et fidelité à l'Empereur."
De tout quoi a été dressé le présent procés verbal qui a été signé des dits messieurs Barthe Maire, Ayrolles adjoint et des autres membres du conseil présens.
Les jour mois et an que dessus, Barthe, Ayrolles, Lanes, J Jordy, Bertrand, Deloupy, Jh Vidal, Castell, Clarét, Pams signés
Pour copie conforme délivrée par nous
Maire de la commune de Salçes, soussigné

[signature]
Barthe

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales

Commentaires

La population de Salses est de 749 habitants en 1806 (3155 en 2011).
Parmi le noms des élus cités, Vidal, Lanes, Jordy Bertrand, Claret et Pams font encore partie des noms les plus communs à Salses en 1841.

Le maire Marc Barthe était entré en fonction en 1814. Il est ici reconduit et gardera son échappe de maire jusqu'en 1830.
L'adjoint au maire Jean Vidal est remplacé par Antoine Ayrolles.

L'orthographe Salces est utilisée indifféremment en concurrence avec Salses du 18ème jusqu'au début du 20ème siècle.

Source: ADPO, 2M37
Photos : Fabricio Cardenas [cc-by-sa]



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dimanche 9 février 2014

Bouleternère, le 1er juin 1815

Changement de maire à Bouleternère en 1815

Retranscription pour la mairie de Bouleternère (orthographe et accentuation fidèles au document).

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales


Commune de Bouleternere

Extrait du registre  des délibérations de la commune de Bouleternere.

Cejourd'huÿ Premier juin de l'an mil huit cent quinze nous soussigné maire de la commune de Bouleternere, 3e arrondissement du département des Pÿrennées Orientales d'après l'arrêté de Mr le Prefet de ce departement en date du 27 dernier et les ordres de Mr le sous-prefet dans sa lettre du 29 du même mois qui nomme Mrs Jean Marmer Pere et Joseph Coste maire et adjoint de la commune de Bouleternere élus par l'assemblée primaire de la dite commune le 21 mai dernier, se sont presentés devant nous les dits sieurs Marmer Pere et Joseph Coste afin d'être installés dans leur dite place ; lesquels pour satisfaire a l'article 56 du Senatus Consulte du 28 floreal an 12 ont porté le serment suivant "Je jure obeissance aux constitutions de l'empire et fidelité a l'empereur" après le dit serment Mr le maire leur leur a remis l'écharpe et autres objets relatifs a leur place et les a installés dans leur fonctions de tout quoi a été dressé le présent que nous avons signé avec les dits sieurs Jean Marmer maire et Joseph Coste adjoint. Signé Marmer, Jh Coste, Guirÿ maire.

Pour copie conforme

[Signature]
Marmer maire

[Texte barré]
Vü la délibération ci dessus
Le sous-prefet de l'arrondt de Prades
Estime qu'il y a lieu d'approuver la nomination

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales


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En 1806, Bouleternère compte 730 habitants (859 en 2011).

Le maire, Guiry, est remplacé par Jean Marmer en 1815.
L'acte est une copie, donc nous ne disposons que de la belle signature du nouveau maire, ce qui prouve qu'il sait écrire.
Guiry (ou Guyri) et Coste sont cités parmi les noms les plus communs à Bouleternère en 1841.
La liste des maires fournie par le site MaireGenWeb se révèle, au vu de ce document, comme étant incomplete, bien que la source affichée semble être la mairie de Bouleternère elle-même. Cela nous permet tout de même d'avoir le nom complet du maire sortant, Athanase Guiry, maire de 1799 à 1821 d'après cette source. On ne peut savoir pour l'instant si le mandat de Jean Marmer n'a duré que le temps des Cent-jours. En tout cas cela montre une disgrâce momentanée de Guiry qui s'était peut-être montré trop favorable à la restauration de la monarchie en avril 1814. Il est donc possible que Guiry ait retrouvé sa fonction dès la fin des Cent-Jours, en juillet 1815, auquel cas Marmer ne serait resté maire que deux mois, ce qui peut expliquer l'oubli de ce maire éphémère par la mairie de Bouleternère elle-même dans son récapitulatif.


Source : ADPO, 2M37
Photos : Fabricio Cardenas



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